Nationaliste Social et Ethniciste

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2014: actualité et perspectives

Cet article un peu fourre-tout sera l’occasion d’un bilan de l’activité du blog. Je n’ai pas été très productif durant l’année 2013. Je n’ai que peu commenté l’actualité, qui m’a paru plutôt médiocre il est vrai, ou bien j’ai laissé mes commentaires sur d’autres blogs dont les auteurs se sont montrés moins paresseux que moi pour aborder les événements marquants. Il faut dire aussi que 2013 succédait à une année électoralement riche. La situation du pays étant globalement morose, j’avoue n’avoir pas eu le courage de m’indigner par écrit chaque fois que j’aurais pu. On finit également par radoter. En outre, mes impératifs professionnels m’ont fourni une ample occupation tout au long de l’année écoulée. 2014 s’annonce politiquement intéressante puisque les élections municipales et européennes vont s’y dérouler, et nous allons entamer les commémorations du centenaire de la Grande Guerre. Mais commençons par l’affaire qui passionne la France et excite la police de la pensée des salons de la gauche caviar parisienne.

 

L’affaire Dieudonné

Le manque de liberté d’expression en France me préoccupe. Je l’avais évoqué déjà à l’époque de la condamnation d’Eric Zemmour [1]. Il y a peu, je soulignais que la gauche, qui enregistre échec sur échec, serait tentée de passer « en mode traque-facho » [2]. Je ne m’étais pas trompé. La réalité dépasse même tout ce que j’imaginais. Le Ministre de l’Intérieur de la République française a engagé un authentique duel politico-judiciaire avec Dieudonné M’bala M’bala. Manuel Valls n’a-t-il rien de mieux à faire ? Je dois dire que les coups de menton du ministre commencent à m’agacer sérieusement. S’imagine-t-il rejouer le Guerre d’Espagne ? Les méthodes fascisantes qu’il utilise, et je pèse mes mots, me semblent outrepasser les principes de liberté qui sont au fondement de notre République. Et pas seulement la liberté, mais aussi l’égalité, car aucun rappeur à ma connaissance n’a été condamné pour des textes parfois autrement plus haineux et racistes que ceux de Dieudonné [3]. Mais il est vrai que Valls est un Catalan « éternellement lié à Israël et au peuple juif » selon ses propres mots. De sa Catalogne natale, il a conservé cette détestable arrogance et cette conviction d’être meilleur que les autres. J’entendais encore cet arriviste présomptueux déclarer en substance l’autre jour, en toute modestie : « Moi, je sais faire la différence entre un génie de l’humour comme Desproges, et un discours de haine antisémite comme celui de Dieudonné ». Vraiment ? D’abord, on aimerait peut-être que M. Valls sache faire autre chose, comme lutter contre la petite délinquance qui empoisonne le quotidien de nos compatriotes. Ensuite, combien voulez-vous parier que Desproges, de nos jours, aurait maille à partir avec les petits inquisiteurs de la gauche bienpensante comme Valls ? Que Monsieur le Ministre ait ses goûts, soit. Mais il n’a pas à les imposer à la France entière. Le maire de Tours, Jean Germain, a tout de même déclaré que « c’était un problème moral, et pas seulement politique ». Mais qu’est-ce que la morale vient faire ici ? La morale, c’est très subjectif. Certains considèrent que la « morale » impose de lapider les femmes infidèles ou de brûler les homosexuels. Pourquoi cette morale-là serait inférieure à celle des socialos ? On est là au cœur du problème, et c’est la raison de mon hostilité viscérale à l’égard de la gauche en général : cette propension à mépriser la loi et les droits de ses adversaires au nom de la morale. Un blogueur de gauche écrit ainsi que « Dieudonné devrait être en taule ». Que les dealers, les violeurs ou les cambrioleurs gambadent en liberté, cela en revanche gêne moins le bon peuple de gauche. Pour ces délinquants, bien sûr, il faut prendre en compte le contexte socio-économique, les discriminations, la détresse affective, et puis, vous savez, « la prison n’est pas une solution » selon la formule consacrée. Mais pour Dieudonné, si. Il faut quand même rappeler que Dieudonné n’a tué personne. Etrange pays où l’on hésite à emprisonner d’authentiques criminels mais où l’on est prêt à enfermer des gens dont le discours déplaît.

 

Je sais bien que la liberté d’expression ne peut pas être totale, dans la mesure où nous vivons une époque profondément vulgaire et irrespectueuse, où la bienséance et la courtoisie n’ont hélas plus cours, et où seule la provocation permet d’exister. Je me résigne donc à ce qu’on prive mes concitoyens et moi-même d’un peu de liberté d’expression au nom de la paix publique. Mais j’insiste sur le « un peu ». Je ne conteste pas la législation en vigueur (encore qu’elle a été aggravée par des gens comme le député Pierre Lellouche, pourtant un atlantiste notoire, mais qui ne semble pas séduit par la grande liberté d’expression qui règne aux Etats-Unis), mais je m’élève contre l’utilisation, à mon sens excessive, qui en est faite. La gauche et ses officines antiracistes, mais également des sionistes de tout bord, usent et abusent de la loi pour faire taire leurs contradicteurs. De plus, seules les manifestations de haine à l’égard des minorités ethniques et confessionnelles sont vraiment réprimées. Les juifs, les musulmans, les Arabes, les noirs, tous ceux-là, il est interdit de les critiquer. Mais les blancs et les catholiques, eux, peuvent s’en prendre plein la figure. Tout le monde s’indigne quand une tête de cochon est placée sur le chantier d’une mosquée, mais personne ne dit rien lorsqu’une église est profanée. Les islamophobes sont pointés du doigt, traités de fachos pour un rien, mais la gauche ne dit pas grand-chose lorsque les Femen se livrent à leurs exécrables pantalonnades. Il se trouve que je suis blanc et catholique et que je commence à en avoir assez du deux poids, deux mesures. Vous me direz : Dieudonné est noir (enfin, mulâtre). Mais il est vrai que l’accusation d’antisémitisme fait perdre toute accréditation, même si vous êtes membre d’une « minorité opprimée ». Il faut reconnaître que la communauté juive est surprotégée et son exploitation éhontée et permanente de la Shoah est assez méprisable. Être « fils ou fille » de déporté, ce n’est pas être déporté soi-même. Et cela ne devrait en aucun cas donner le droit de s’ériger en « voix morale » de la France. Il ne suffit pas d’avoir des parents ou des grands-parents qui ont souffert sous Hitler pour être un saint…

 

Et mon opinion sur Dieudonné dans tout cela ? Je connais mal ce comique. Je ne me suis jamais déplacé pour voir un de ses spectacles. Il y a quelques mois, une personne qui l’apprécie m’a montré un de ses spectacles dont j’ai oublié le titre. Très honnêtement, j’ai trouvé cela moyen. Il y avait quelques trouvailles, mais je dois dire que je n’ai pas hurlé de rire. Toutefois, si ce que j’ai entendu sur les juifs était assez méchant, il n’y avait rien à mon sens de répréhensible. Dieudonné s’en prenait essentiellement à la surexploitation de la mémoire de la Shoah par la communauté juive, et je ne lui donne pas tort sur ce point. Beaucoup ont la certitude que Dieudonné est véritablement antisémite, je n’en suis pas convaincu pour ma part. J’aurais même tendance à penser que certains juifs sont bien plus anti-Dieudonné que Dieudonné n’est antisémite… Avant les dérapages, comme l’invitation sur scène du négationniste Robert Faurisson, il faut rappeler que Dieudonné a fait l’objet de violentes campagnes de dénigrement, à coup d’insultes et de menaces, orchestrées par des associations qui prétendent représenter la communauté juive. Certains juifs en France cèdent trop facilement, je trouve, à un réflexe tribal, et pour tout dire communautariste. Le clan Klarsfeld ne manque pas d’air d’appeler à provoquer des « troubles à l’ordre public ». Quand on a un fils qui choisit de faire son service militaire dans un pays étranger, Israël, lequel viole régulièrement des résolutions internationales, on n’a pas de leçon à donner. Et je n’ai pas plus d’affection pour le communautarisme juif que pour le communautarisme musulman ou noir. Mon problème avec Dieudonné est qu’il est lui-même un communautariste noir (alors qu’il est métis, il se présente comme « nègre »). Il a toujours défendu la « mémoire » des victimes de la traite négrière. Seulement Dieudonné est un imposteur : franco-camerounais, il est né d’un père subsaharien et d’une mère bretonne ! Par conséquent, Dieudonné M’bala M’bala n’a rien d’un « descendant d’esclave », puisqu’il n’est ni Afro-américain, ni Antillais. En revanche, il faudrait voir si l’ethnie de son père n’est pas issue d’une tribu esclavagiste. Alors pourquoi Dieudonné se présente-t-il comme un « nègre » ? Tout simplement parce que c’est plus porteur pour faire carrière à l’heure de la surenchère victimaire. Mais je suis convaincu que si le discours victimaire breton (car la Bretagne, vous le savez, est colonisée et opprimée par l’odieuse France depuis cinq siècles) avait la cote, un opportuniste comme Dieudonné se présenterait volontiers comme Breton… Dans une de ses dernières vidéos, Dieudonné appelle à combattre « les békés et les banquiers, car ce sont les mêmes », ce qui est grotesque. Je ne comprends pas que cet homme soit pris au sérieux par le gouvernement. Il est vrai cependant que Dieudonné entretient, dans ses vidéos, une certaine ambiguïté : est-ce l’humoriste ou le citoyen, le politique (car Dieudonné s’est déjà porté candidat lors de certaines élections) qui parle ? De ce point de vue, je pense que Dieudonné donne du grain à moudre à ses détracteurs, car on ne sait plus très bien quand il plaisante, et quand il dit le fond de sa pensée. Pour moi, Dieudonné n’a donc pas tort de critiquer l’usage abusif de la Shoah par certains juifs, le problème est qu’il voudrait substituer à la Shoah le culte du « martyr » des esclaves noirs de la traite transatlantique. Et devinez qui est le coupable ? L’homme blanc européen, comme toujours…

 

Revenons maintenant sur les propos de Dieudonné concernant le journaliste Patrick Cohen. L’humoriste aurait déclaré qu’entendant cet homme d’origine juive l’insulter, il regrettait que les chambres à gaz ne soient plus en service. Ces propos tombent certainement sous le coup de la loi. Que Dieudonné soit jugé et puni pour ces paroles, soit. Mais la censure de son spectacle se justifie-t-elle ? Je ne sais rien du dernier spectacle de Dieudonné, mais ayant vu l’ancien, je puis affirmer que l’humoriste n’est pas tendre avec les juifs (enfin plutôt les militants de la cause juive), et que certaines parties peuvent sembler de mauvais goût. Mais très franchement, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Patrick Cohen avait auparavant qualifié Dieudonné de « cerveau malade » publiquement, dans une émission télévisée. Dieudonné aurait peut-être été plus inspiré de porter plainte pour injure publique au lieu de s’abaisser à proférer des propos orduriers. En revanche, je ne crois pas que la quenelle soit un geste antisémite, elle n’est à mon sens qu’une variante du bras d’honneur. J’entendais à la radio que deux lycéens ont été exclus après avoir effectué une quenelle dans leur établissement. Bon, ces trublions s’étaient apparemment déjà faits remarqués. Mais j’apprends qu’une collègue a porté plainte pour « apologie de crimes contre l’humanité ». Je pense qu’il n’y a pas que parmi les fans de Dieudonné qu’on trouve des « cerveaux malades » à tendance paranoïaque… En tout cas, je peux affirmer avoir été témoin de faits autrement plus graves qu’une quenelle, et qui ne donnaient pas lieu à de telles sanctions. Cet emballement est parfaitement ridicule. Ridicule et contre-productif : Valls et le gouvernement font une publicité inespérée à Dieudonné, tout en validant son discours paranoïaque de victime persécutée, « vous voyez, ils me bâillonnent, voilà bien la preuve qu’ils craignent les vérités que j’énonce… ». Comme à l’époque de la Manif’ pour tous, les socialistes cherchent délibérément à provoquer des tensions et rejettent sur les autres la responsabilité de l’affrontement. Pour ma part, je ne peux que me rallier à la sage position de Nicolas Dupont-Aignan qui a déclaré (et sur la Radio de la Communauté Juive qui plus est) que cette interdiction n’avait aucun sens et constituait une grave entorse au principe républicain de respect de la liberté d’expression [4]. Si les autorités veulent réellement affaiblir Dieudonné, il faut frapper là où ça fait mal, c’est-à-dire au porte-monnaie. Il faut le condamner à payer des amendes lorsqu’il enfreint la loi, et surtout l’obliger à s’acquitter des sommes demandées. S’il est établi que Dieudonné « organise son insolvabilité » et blanchit de l’argent au Cameroun comme je l’ai entendu, qu’il soit poursuivi et puni comme il se doit. En revanche, il est dangereux de créer un précédent juridique pour le cas particulier de Dieudonné, car qui sait comment, et contre qui, sera utilisée la « jurisprudence Dieudonné » à l’avenir ? 

 

La Grande Guerre sous les projecteurs

Cet été, nous commémorerons le centenaire du début de la Grande Guerre. Je préfère cette dernière expression à celle de « Première Guerre Mondiale », car la guerre de 14 n’est pas un simple prélude à la Seconde Guerre Mondiale. Elle est, à bien des égards, la matrice du XX° siècle, beaucoup de bouleversements majeurs découlent de ce premier choc militaire des nations : la Révolution d’Octobre et la naissance de l’URSS, la prise en main de la mondialisation par l’hégémonie américaine, l’affaiblissement des nations européennes (qui conduira d’abord à la perte des empires coloniaux après 1945 puis à l’actuelle crise identitaire), l’essor du projet européen. Naturellement, la Seconde Guerre Mondiale et les totalitarismes puisent également une partie de leurs sources dans la boue des tranchées et le terreau des souffrances endurées. Pour la France, la Grande Guerre revêt une importance particulière puisque la III° République, régime né de la défaite de 1870, subit là sa grande épreuve, son baptême du feu. Rappelons que depuis 1792, la guerre n’avait guère réussi à nos Républiques : la première s’était effondrée au profit d’un général ambitieux, la troisième naissante n’avait pas réussi à renverser la vapeur après les défaites de Napoléon III. Les dirigeants républicains de 1914 se souviennent que le précédent régime avait été emporté dans la tourmente des échecs militaires. La France dans cette affaire joue sa place dans le concert des nations et la République sa survie. Le pays n’est pas sans ressources : son empire colonial est le deuxième plus vaste du monde ; son industrialisation, moins précoce que celle de la Grande-Bretagne, moins spectaculaire que celle du rival allemand, n’en enregistre pas moins des progrès notables ; des efforts considérables ont été accomplis pour moderniser et améliorer notre outil militaire (le canon de 75 mm est l’un des meilleurs) ; les investissements français sont colossaux en Russie (15 milliards de francs or), en Chine, dans l’Empire ottoman, en Amérique latine ; pays encore très rural et agricole, la France se développe pourtant, mais à son rythme et à sa manière : chez nous, l’exode rural reste modeste, alors ce sont les industries qui s’installent à la campagne. Mais cette puissance a ses limites, car la démographie est en berne, l’empire sous-exploité et coûteux, les tensions politiques vives (répression des grèves, des vignerons). L’immigration est déjà en marche, même si l’assimilation fonctionne à l’époque, non sans heurt et manifestation de xénophobie.

 

Je n’attends pas grand-chose des commémorations officielles. Je pense qu’elles seront dictées par deux impératifs actuels : encenser la construction européenne et la société multiculturelle. On va sans doute nous répéter que la Grande Guerre fut une boucherie absurde, un crime épouvantable, un suicide pour l’Europe et sa civilisation. De ce désastre, les nations sont coupables, elles doivent donc disparaître, se fondre dans l’Europe unie et apaisée que nous proposent les européistes patentés. On va nous dire que si nous ne sommes pas en guerre en 2014, c’est à l’Union européenne que nous le devons. Et peu importe que la crise économique, aggravée par une union monétaire mal pensée, fasse renaître les tensions et les inimitiés. Plus subrepticement, certains vont suggérer une « réévaluation » du rôle de chacun dans le déclenchement de l’apocalypse, afin d’atténuer la responsabilité des empires centraux, pour rejeter la faute sur les autres, qui sont comme par hasard des états en froid avec l’UE : la Serbie, la Russie et dans une moindre mesure la France, mauvais élève de l’Union. Il faut comprendre que l’Allemagne est aujourd’hui le premier de la classe, le modèle indépassable, la puissance économique dominante du continent. L’Allemagne est exemplaire à tout point de vue. Il n’y a pas de Dieudonné ou de Le Pen chez elle. Elle a renoncé au nucléaire. Qui peut croire que ce pays admirable a déclenché une guerre ? La France, au contraire, est empêtrée dans ses déficits et ses divisions politiques, sans parler du racisme et de l’antisémitisme qui sévissent à tous les coins de rue. La Serbie ? Le modèle de la nation criminelle et haineuse, peuplée de tortionnaires nationalistes aux pulsions génocidaires comme on a pu le constater en Bosnie puis au Kosovo. La Russie ? Un pays inquiétant, pas très démocratique, dont l’actuel président fut un serviteur zélé de la dictature communiste, et qui accessoirement s’efforce d’endiguer l’influence européiste en Ukraine. Certains désirent donc réécrire l’histoire à la lumière de notre époque, en dédouanant l’Allemagne de sa responsabilité, et en accablant des pays qui ont aujourd’hui mauvaise presse auprès des europhiles et des bienpensants, la Russie, la Serbie ou la France (qui a rejeté le TCE en 2005 et est toujours suspecte de céder aux sirènes de la bête immonde). Cette réécriture pro-germanique de l’histoire a déjà commencé, comme le prouve ce que j’ai pu lire sur l’ouvrage de l’historien australien Christopher Clark intitulé Les Somnambules : Eté 14, comment l’Europe a marché vers la guerre.

 

En outre, il faut se préparer, en France même, à une réécriture de l’épisode des tranchées dans une veine multiculturelle. Je m’attends à pléthore de colloques, expositions, ouvrages, pamphlets divers et variés sur les « soldats injustement oubliés » (dont on parle tout le temps, mais passons), ces courageux Maghrébins et Subsahariens venus patauger dans les tranchées du nord-est, pour le salut d’un pays qui, un siècle plus tard, méprise et discrimine encore leurs descendants. L’ingratitude de la France est incommensurable. Les thuriféraires de la diversité vont nous expliquer doctement que, comme d’habitude, la France aurait sombré sans les étrangers, les basanés et les colonisés, parce que, de toute éternité, ce sont les « Autres » qui construisent, développent et défendent la France. Le Français natif, lui, se contente au mieux de les regarder les bras croisés non sans une pointe d’hostilité, au pire il collabore avec les ennemis de son pays. J’ai entendu un Inspecteur Général de l’Education Nationale déclarer : « il y aura place pour toutes les mémoires ». Quelles mémoires ? Les mémoires des différentes communautés qui constituent la « nouvelle » France ? Je ne suis pas sûr que l’unité nationale en sortira renforcée…

 

Je voudrais exprimer ici ma gratitude envers le sénateur de Belfort, Jean-Pierre Chevènement, qui vient d’écrire un livre sur la Grande Guerre, ouvrage qu’il tâche de promouvoir dans différents médias, et qui s’intitule : 1914-2014 : l’Europe sortie de l’Histoire ?. A rebours de l’idéologie victimaire qui prédomine dans notre société malade, Chevènement propose d’honorer l’esprit de sacrifice des Poilus, et de ne pas se laisser aller à un hommage larmoyant fondé sur l’idée que les soldats français n’auraient été que de pauvres hères aliénés, transformés en chair à canon par une République indigne et inhumaine dont les sphères dirigeantes auraient été gangrenées par le nationalisme, ce péché capital dont la France a tant de mal à se défaire. Je partage le point de vue du sénateur de Belfort. Comme lui, je pense que la Grande Guerre n’est pas une absurdité. Elle a des causes rationnelles et multiples, sur lesquelles les historiens travaillent depuis longtemps, elle n’est en aucun cas le fruit de la folie des hommes. Chevènement privilégie une cause : la mondialisation, qui aurait provoqué des tensions en bouleversant la hiérarchie des nations. Dans ce contexte, la Grande-Bretagne, première puissance mondiale, se serait inquiétée des progrès de l’Allemagne, en plein essor politique, naval et industriel depuis son unification. A cela s’ajoutent bien évidemment les griefs particuliers des nations, et pour la France, l’Alsace-Moselle perdue en 1871 restait une plaie béante. Pas plus que Chevènement, je ne fais porter à l’Allemagne l’entière responsabilité du déclenchement de la guerre. Ni même à l’Autriche-Hongrie. Mais exonérer ces deux états de toute culpabilité me paraît être une erreur. Je pense que l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie ont été prises dans l’engrenage des alliances, comme les autres pays d’Europe. Et comme les autres, elles ont alimenté ce fatal engrenage. J’essaierai de consacrer un article aux causes de la guerre, et ce sera de surcroît l’occasion d’évoquer les guerres balkaniques de 1912 et 1913, qui concernent au premier chef la Serbie et la Bulgarie, deux pays pour lesquels j’éprouve un vif intérêt. Chevènement fait aussi un lien intéressant entre les deux guerres mondiales, et défend l’idée que c’est le sacrifice des Poilus de 14-18 qui a permis à la France de s’asseoir à la table des vainqueurs en 1945, malgré la débâcle de 1940. Je ne sais pas si j’aurais le courage de lire l’ouvrage du sénateur de Belfort, la Grande Guerre n’étant pas mon sujet de prédilection d’une part, et d’autre part, je ne manque pas de bouquins sur ce thème. 

 

Qu’espérer pour 2014 ?

Passons maintenant au bilan et aux perspectives du blog et de ma modeste « activité » politique. Evoquons d’abord la fréquentation du blog. En 2013, il y a eu en moyenne entre 200 et 250 visites mensuelles. Deux mois ont amené plus de 300 visiteurs mensuels, juillet et août. Le printemps et l’été sont les périodes durant lesquelles le blog est le plus fréquenté, ce qui me surprend car j’imaginais plutôt les gens naviguer sur internet durant les mauvais jours. Il est certainement possible de faire mieux, mais j’avoue que depuis un an et demi, je trouve moins d’inspiration dans l’actualité. Du coup, j’ai privilégié des articles d’histoire ou de géopolitique qui demandent nettement plus de préparation et de temps d’écriture (« c’est chronophage » dirait un prof de pédagogie). Ces articles sont donc plus rares. Et ils ne connaissent pas forcément un grand succès, ce qui est un peu décevant. Comme certains l’auront sans doute remarqué, la publicité a disparu du blog. Je trouve que c’est plus confortable ainsi, les pages ne sont plus « polluées » par des annonces souvent cocasses (celle d’un site de rencontre communautaire sous un article dénonçant le communautarisme…). En revanche, les commentaires se font plutôt rares. Je n’ai pas réussi à faire de ce blog un véritable espace de débat, même si, sporadiquement, des échanges féconds peuvent avoir lieu. Que mes lecteurs et commentateurs trouvent ici mes remerciements les plus sincères, accompagnés de mes vœux pour cette nouvelle année.

 

Tenir ce blog me paraît être une saine activité. Mais ce n’est sans doute pas très efficace pour peser réellement sur le débat politique. Soyons lucide : ce blog risque fort de rester confidentiel. Se pose donc la question d’un véritable engagement politique, sur le terrain, et non plus derrière son écran. Jusqu’à maintenant, j’apporte mon soutien à Debout la République (DLR). J’ai appelé à voter pour Nicolas Dupont-Aignan en 2012 et, ponctuellement, il m’arrive de soutenir financièrement les campagnes électorales de DLR. Mais je n’ai pas adhéré au parti, je ne suis que sympathisant. Il est clair que si j’adhère à un parti, ce sera certainement à DLR. Je n’exclus pas de le faire, mais je me donne le temps de la réflexion. Je pense que la formation du député de l’Essonne peut raisonnablement gagner en audience dans les prochaines années. Les élections européennes qui approchent seront un test. J’espère que des listes DLR seront présentes dans toutes les circonscriptions, et que, dans certaines d’entre elles, le parti approchera les 5 %. Il faut évidemment souhaiter que DLR fasse plus, mais le mouvement est encore jeune et peu connu. Ne soyons donc pas trop gourmands. Si je m’interroge sur l’opportunité d’une adhésion, c’est que je me pose la question suivante : que pourrais-je apporter au parti ? Je ne suis pas forcément quelqu’un de sociable, j’aime assez la solitude, et je suis d’un naturel contemplatif. L’action me coûte toujours. Ce n’est pas le profil idéal pour aller serrer des mains et distribuer des tracts…

 

Mais surtout, est-ce que cet engagement a encore un sens ? Je connais toute la rhétorique romantique sur le fait que les combats les plus beaux sont ceux qui sont perdus, seulement… comme je l’ai dit, agir me coûte. Et l’idée de m’investir sans espoir de résultat ne me séduit guère. Par ailleurs, quel objectif précis défendre ? Bien sûr, je partage les buts généraux de DLR : retour à la souveraineté nationale, intervention de l’Etat dans l’économie, ré-industrialisation, politique étrangère indépendante, restauration de l’école républicaine, régulation de l’immigration. Mais est-ce que la société française a vraiment envie de cela ? Je dois avouer que je déteste la société dans laquelle je vis. La France bariolée et babélisée, ce n’est décidément pas mon truc. Or, nous y sommes, je le constate jusque dans ma petite ville de province. Je demeure pourtant un irréductible contempteur de la société multicolore et multiconfessionnelle. Oui, je l’admets, je suis nostalgique d’une époque où la population française était plus homogène. Racisme ? Peut-être, après tout. La France ressemble aujourd’hui aux Etats-Unis. A force de juxtaposer et de mêler les cultures, on ne sait plus trop ce qu’est l’identité française. Certains déclarent même qu’elle n’a jamais existé. Les adeptes du multiculturalisme ont gagné. Même Dupont-Aignan, que je tiens en grande estime, tresse des lauriers à la France « métissée ». Sauver la France « métissée » ne m’intéresse pas, parce que, pour moi, ce n’est pas la France. Mais il n’y a pas que la question de la diversité qui me dérange. Je perçois également une inquiétante déliquescence de la société. L’hyper-individualisme ronge ce pays. Etant enseignant depuis quelques années maintenant, j’ai pu observer, à travers mes élèves, la société française, et le fait est que ça n’est pas très joli. Beaucoup de gens aujourd’hui se moquent de leurs proches comme de leurs devoirs envers leur famille. Je ne compte plus les adolescents brisés par des divorces dans lesquels les parents s’affrontent avec une haine parfois terrible, au mépris de l’intérêt des enfants. Plus grave encore, je constate également que les enfants sont de plus en plus considérés comme des obstacles au bonheur des parents, qui n’hésitent pas alors à les sacrifier. Ainsi, j’ai eu connaissance récemment du cas du père d’un adolescent scolarisé dans mon établissement qui, ayant refait sa vie, cherche à se débarrasser de son enfant. Le cas extrême fut celui de cette enfant de 11 ans abandonnée par sa mère avec ses bagages devant le domicile du père qui, au lieu d’ouvrir sa porte à son enfant, la chair de sa chair, appela la maréchaussée qui vint récupérer la fillette tremblante. Ce fait divers m’a écœuré. Les parents ont des devoir envers leurs enfants, devoir de les élever, les protéger, les éduquer. Les enfants ne demandent pas à naître. Autrefois, les gens se sacrifiaient pour leur famille, économisaient pour financer les études de leurs enfants. Aujourd’hui nombre de parents sacrifient volontiers leurs enfants sur l’autel de leur bonheur personnel. On ne pense qu’à sa jouissance et on oublie qu’une société n’existe que parce que nous avons des devoirs les uns envers les autres. Il ne faut certes pas généraliser à outrance, mais le phénomène se répand. Une telle société mérite-t-elle qu’on se batte pour elle ?

 

Je me trouve confronté à un paradoxe : en tant qu’individu, j’ai une vie heureuse. Je vis confortablement, je suis peu mais bien entouré, j’ai un métier qui n’est pas toujours facile, mais qui malgré tout est stimulant intellectuellement et qui me plaît. Seulement, j’aime passionnément mon pays, la France, son histoire, sa civilisation. Et quand je regarde ce qu’est devenu la France, cela me rend malheureux. Et j’ai un terrible sentiment d’impuissance en voyant se déliter le magnifique héritage de mes pères. Sans doute mon caractère m’a-t-il toujours porté à la mélancolie. Aujourd’hui, je suis  pris entre deux tentations contradictoires : me replier sur ma sphère privée ou entamer une action pour tenter de peser sur le cours de l’histoire. La deuxième solution suppose des efforts et des sacrifices auxquels j’hésite à consentir, qui plus est pour des résultats hasardeux. La première solution me laisse un goût amer, car elle me donne l’impression de trahir la France, ce pays que tant d’hommes ont aimé et servi, ce pays pour lequel un million et demi de soldats sont morts durant la Grande Guerre. Il n’est pas toujours facile d’être un citoyen…

 

[1] //blog-nationaliste.blog4ever.com/defendons-zemmour-la-liberte-d-expression

 

[2] //blog-nationaliste.blog4ever.com/la-gauche-en-mode-traque-facho

 

[3] Florilège de propos racistes et haineux jamais condamnés à la fin de cet article :

//blog-nationaliste.blog4ever.com/la-liberte-et-l-egalite-enterrees-dans-l-indifference

 

[4] //www.debout-la-republique.fr/video/contre-l-interdiction-des-spectacles-de-dieudonne-radio-rcj



12/01/2014
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