Nationaliste Social et Ethniciste

Nationaliste Social et Ethniciste

Bilan des élections régionales 2010

Quelles leçons tirer des élections régionales, une fois la fièvre retombée ? Au-delà de la victoire du PS et de la défaite de l'UMP, quelques faits sont dignes d'être relevés.

 

Un dramatique manque de civisme

La République française n'est pas seulement affaiblie pour des raisons externes (construction européenne, immigration, hégémonie anglo-saxonne), mais aussi pour des raisons internes, comme le désintérêt et le fatalisme qui s'emparent de trop de nos concitoyens. Que peut signifier la souveraineté du peuple si le peuple en question reste chez lui les jours d'élection ? C'est là un problème. Bien sûr, ce désintérêt est savamment entretenu par nos dirigeants, adeptes de la « démocratie apaisée », du bipartisme tranquille et du consensus mou. Pas de quoi enflammer les foules… Mais il est vrai que de nombreux politiques craignent le peuple, souvent indocile, plus qu'ils ne l'aiment, et se garderont bien de tenter de ramener cette inquiétante populace aux urnes. Ils emploient le terme « populisme » d'un ton méprisant pour fustiger tel ou tel qui s'aviserait d'épouser une opinion commune (qui ne peut-être que « vulgaire » ou fondée sur des préjugés intolérables). Notre République est-elle en passe de devenir une oligarchie habilement cachée derrière une vitrine démocratique ? D'ailleurs, je suis persuadé que chez certains militants socialistes, on n'est pas loin de préférer un abstentionniste à un électeur du FN. Eh bien moi, j'aime mieux encore qu'un compatriote vote FN plutôt que de rester chez lui ou d'aller se promener. Il n'y a pas de civisme sélectif. Nos dirigeants et chefs de parti glosent depuis plusieurs jours sur le « message » qu'ont voulu faire passer les abstentionnistes : manque de lisibilité des compétences régionales (oui, le citoyen lambda n'est pas très malin…), hostilité au Président de la République, hostilité aux présidents socialistes de région (!), ras l'bol généralisé (avec une remarque comme celle-ci, on atteint le summum de l'analyse politique), haine de la « classe » politique, désespoir, fureur, indifférence… Sans doute y a-t-il un peu de tout cela, mais dans quelles proportions ? Bien malin qui peut le dire ! Il y a également le sentiment croissant que le vote ne sert plus à rien : un ami me disait qu'il ne s'était pas déplacé, dégoûté que son vote rejetant le Traité Constitutionnel Européen (TCE) n'ait pas été pris en compte puisque l'inique Traité de Lisbonne est la copie conforme du TCE, avec les mêmes transferts de souveraineté qui démantèlent notre Etat national.

 

Une partie de ces raisons sont valables, et moi-même je l'admets, au seuil du second tour, le cœur m'a manqué et l'envie de ne point me déplacer (car les mêmes étaient qualifiés, les mêmes qui plongent la France dans le marasme depuis tant d'années) m'a envahi. Mais au final, instruit d'un exemple proche de civisme, j'ai glissé mon bulletin dans l'urne… ce qui n'a pas été inutile eu égard aux résultats. Mais je veux dire à mes concitoyens qu'il ne faut en aucun cas se laisser tenter par la démobilisation et l'abstention. Voter est un droit chèrement acquis… et pas si répandu sur Terre ! En ne votant pas, on se met hors jeu. Au contraire, en faisant son devoir de citoyen, nous serons en état d'exiger que notre vote soit pris en compte le moment venu. Et s'il ne l'est pas, alors les dirigeants auront montré leur illégitimité et leur mépris de la volonté du peuple. Les citoyens seront fondés, si nécessaire, à prendre les armes pour balayer une bonne fois pour toutes les traîtres et les oligarques qui ont confisqué à leur profit le pouvoir, à tous les niveaux (local, national et européen).

 

J'ajoute que les Français ont tort de négliger les élections européennes et régionales : l'Union européenne et la région sont les deux structures politiques qui ont le vent en poupe en ce moment, ce sont les nouveaux cadres que se verraient bien nous imposer les partisans de l'Europe des régions, autonomistes, « nationalistes », fédéralistes et autres factieux du même acabit. Aujourd'hui, l'Etat national est progressivement privé de ses prérogatives, que se partagent de plus en plus l'Europe et les régions. Certes, l'abstention montre que les Français ne se sentent guère européens et que leur attachement à leur région demeure très relatif. Malgré tout, il ne faut pas laisser le contrôle de ces structures à des mouvements européistes et régionalistes qui rêvent de les développer et d'abattre enfin la France et son odieux jacobinisme. C'est toute notre histoire, tout notre héritage politique, dont nous n'avons point à rougir, que ces ennemis de la nation veulent jeter à bas. Attention ! En s'abstenant, les Français donnent involontairement leur caution à des groupes politiques dont les menées sont éminemment anti-françaises et anti-républicaines. Ce faisant, ils se rendent complices passifs d'un crime contre la patrie.

 

Percée des régionalistes

L'avertissement vaut d'autant que les régionalistes ont réussi à atteindre des scores assez important dans plusieurs régions. Il est vrai qu'ils avancent masqués, associés aux Verts au sein de cette organisation anti-nationale et anti-française qu'est Europe Ecologie. On le sait moins, mais les Verts ne sont pas la seule composante du mouvement de Daniel Cohn-Bendit : la Fédération « Régions et Peuples Solidaires » (RPS) leur est associée. Ce mouvement est l'exemple même du régionalisme ethnique le plus abject, dans la droite lignée de l'UFCE. Son projet politique est résumé par la carte placée à droite de la page d'accueil du site(1) : balkanisation totale de la France avec une Bretagne (Nantes comprise), une Occitanie, une Savoie et une Corse indépendantes, sans oublier les territoires récupérés par la Catalogne, le Pays basque et un vaste Etat flamingant regroupant les Pays-Bas (moins la Frise), les Flandres belges et françaises. La Wallonie (sans Bruxelles, comme par hasard) se retrouve attribuée à la France (enfin ce qu'il en reste) qui ramasse également une minuscule portion de territoire suisse jurassien. L'Alsace et la Moselle retombent évidemment sous une domination allemande qu'elles n'auraient jamais dû quitter, eu égard à leur appartenance culturelle et ethnique à la nation allemande (toute similitude avec des idéologies condamnables existant ou ayant existé est le fruit d'une imagination dérangée). Si de plus on souligne qu'étrangement trois des quatre couleurs du logo de RPS ne sont pas sans rappeler le drapeau allemand, et que Daniel Cohn-Bendit (pourtant d'origine juive) est citoyen de la République fédérale, on serait tenter de dire qu'il y a la un faisceau (mot de la famille de « fascisme ») d'indices troublants. Mais pas de mauvais procès : l'Alsace est d'un vert très légèrement différent de celui utilisé pour l'Allemagne, qui en revanche se voit clairement attribuer la Suisse alémanique, le Luxembourg et la Moselle. J'ai une question pour M. Cohn-Bendit : vous, qui vous présentez comme un « juif allemand » (ce sont les termes que vous avez employés sur un plateau télé), n'éprouvez-vous aucune gêne à vous allier aux tenants d'un projet teinté de pangermanisme, héritiers des ambitions nationales-socialistes ? Apparemment non. Détruire la France vous semble plus utile, alors que l'Allemagne pourrait être la matrice du IV° Reich que vous appelez de vos vœux.

 

J'ai déjà attaqué cette conception régionaliste des découpages frontaliers (voir l'article « Europe des régions : les dessous d'un projet anti-français »). Cette idéologie ne prend en compte qu'un seul paramètre : la langue. Mais pourquoi la langue l'emporterait-elle sur l'histoire ? Ce déterminisme culturel est doublé comme souvent d'une réécriture de l'histoire, d'une véritable manipulation qui relève du négationnisme pur et dur. Qu'on observe cette carte de RPS : l'Occitanie présentée n'a jamais existé en tant qu'Etat. Les ducs d'Aquitaine, comtes de Poitiers à l'origine, étaient de langue d'oïl. Quant aux comtes de Toulouse, puissants féodaux, ils n'ont contrôlé qu'une partie de l'espace dit « occitan » et très imparfaitement le plus souvent. De la même façon, la Savoie (qui semble ici associée à une région rhodanienne englobant le Lyonnais et une partie de l'Auvergne, on ne sait pourquoi) présentée sur la carte fait l'impasse sur les autres possessions de la maison de Savoie dans le Piémont italien. Pourquoi le facteur linguistique devrait-il seul être pris en compte ? La construction des Etats n'obéit nullement à quelque déterminisme que ce soit (culturel, géographique ou biologique), mais est pur produit de l'histoire. Les nations résultent d'une alchimie complexe, association de plusieurs régions et de plusieurs traditions culturelles, même si en effet une langue l'emporte nécessairement sur les autres afin que les citoyens puissent communiquer entre eux, sans quoi il n'est point de peuple.

 

Quoi qu'il en soit, le danger est bien réel : RPS se réjouit que, grâce aux alliances Europe Ecologie-PS, 22 élus autonomistes bretons, occitans, corses, savoyards et amazighs siègent dans les conseils régionaux, dont 15 membres de mouvements appartenant à RPS(2) : 4 membres de l'Union Démocratique Bretonne (UDB), 5 membres du Parti Occitan (PO) dans différentes régions du sud, 1 membre du mouvement Région Savoie, 4 membres du Parti de la Nation Corse et 1 membre du Congrès Mondial Amazigh (oui, vous ne rêvez pas, un représentant de la culture berbère maghrébine, vieille culture autochtone bien connue…). Evidemment, ces communautaristes régionaux se sentent pousser des ailes : ils réclament déjà un « renforcement du pouvoir régional » avec un « pouvoir normatif (pouvoir législatif et réglementaire) » et une « politique de promotion des langues et cultures minorisées ». Par conséquent, les socialistes feraient bien de tempérer leur enthousiasme : sous couvert de rassemblement de la gauche, ils font entrer le loup dans la bergerie, l'air de rien. Et qu'on ne vienne pas me dire qu'ils ne savent pas. Si moi, simple citoyen, je le sais, ils le savent aussi. Je tiens donc à rappeler à tous les électeurs de gauche (dont nombre de mes collègues) qui ont voté Europe Ecologie au premier tour et PS au deuxième, qu'ils ont participé à l'élection de régionalistes de la pire espèce dont l'objectif est clairement de démembrer la France (au moins, pas d'hypocrisie de leur part de ce point de vue). Je suis très étonné qu'il ne reste pas quelques républicains pour s'en indigner au Parti socialiste. Je note que le très jacobin Jean-Luc Mélenchon et son Front de Gauche ont contracté alliance avec le PS et Europe Ecologie sans poser de question. Je note que Jean-Pierre Chevènement ne dit mot. Alors ? On sacrifie ses convictions pour avoir deux ou trois élus, messieurs ? Cela m'en a tout l'air.

 

Nous devons exiger des exécutifs socialistes qu'ils dénoncent les menées de ces groupes anti-républicains, et qu'ils excluent de leurs majorités les militants de RPS et mouvements affiliés. Après tout, les dirigeants socialistes ne se privent pas de nous jouer le petit couplet de défense des valeurs républicaines lorsqu'il s'agit de combattre le FN. Mais Jean-Marie Le Pen n'est pas plus anti-républicain que RPS. Alors, un peu de courage, messieurs les présidents socialistes, soyez cohérents et combattez tous les ennemis de la République ! Mais est-ce réaliste ? On peut en douter lorsqu'on sait que le poison du régionalisme contamine aujourd'hui des partis dits « républicains », de Jean-Paul Huchon (ancien énarque, merci l'ENA) déclarant qu'il se fiche de l'identité nationale et qu'il imaginerait bien une UE « directement branchée » sur les régions, à Yann Wehrling, Modem (ex-dirigeant Vert), prenant position pour l'immersion totale dans le dialecte alsacien dès la crèche ! On peut aussi évoquer Philippe Meirieu, le pédagogue à la mode, la coqueluche des « rénovateurs » de l'école républicaine, qui était tête de liste Europe-Ecologie, mouvement anti-républicain, en Rhône-Alpes !

 

J'appelle tous les Français qui refusent la balkanisation de notre pays à se mobiliser pour que ces ennemis de la nation ne parviennent pas à leurs fins criminelles. Nous aimons la France et ne voulons pas la voir disparaître dans le magma infâme d'une Europe des régions sous domination allemande. Le régionalisme ne passera pas !

 

Et les « souverainistes » ?

Comme d'habitude, les quelques défenseurs de la République et de l'unité nationale sont partis au combat dans la division. Les chevènementistes ont été parfaitement inaudibles durant la campagne et leur ralliement aux socialistes ne leur a apparemment pas procuré une influence suffisante pour imposer une ligne véritablement républicaine qui aurait naturellement exclu toute entente avec Europe Ecologie et des mouvements membres de RPS. Le souverainisme « de gauche » est en train de s'épuiser dans de vaines tentatives de refondation d'une gauche qui a abandonné les références à la République, à la nation et à la patrie. De fait, on peut reprocher à M. Chevènement de sacrifier de bonnes volontés qui seraient utiles à la France au profit d'une chimère. C'est dommage.

A droite, Philippe de Villiers et son MPF, sans doute pour exister encore quelques années, se sont ralliés à l'UMP sans vergogne. Le bénéfice pour l'UMP comme pour M. de Villiers ne m'apparaît pas clairement, mais je suppose que le Vendéen sait ce qu'il fait. Je remarque d'ailleurs qu'en ces temps de débat sur l'identité nationale et de réflexion autour de la burqa et de l'islam intégriste, Philippe de Villiers est resté étrangement silencieux, lui qui porta sur la place publique ces sujets il n'y a pas si longtemps. Le vicomte céderait-il à la lassitude ? On l'a connu assurément plus combatif et plus médiatique.

 

Le Front National a, je dois dire, réalisé un score qui m'a étonné. Je m'attendais à un FN affaibli, laminé par la concurrence du Parti de la France de l'ex-frontiste Carl Lang allié au MNR. Bref, un FN à 7-8 % au niveau national et un Parti de la France avoisinant les 2 %. Eh bien non ! La « bête immonde », comme disent certains, est encore vivace ! Le FN au-dessus de 10 % au niveau national avec Jean-Marie Le Pen à plus de 20 % en PACA et sa fille Marine près des 20 % et sur les talons de l'UMP dans le Nord-Pas-de-Calais, c'est assurément une réussite pour ce parti. Je croyais qu'il n'y aurait que trois ou quatre triangulaires avec le FN, il y en eut 12. Et là, exploit notable d'autant que la participation a légèrement progressé entre les deux tours, le FN a progressé dans de nombreuses régions où il s'est maintenu au deuxième tour. Les autres formations d'extrême droite (ou de « droite nationale » comme ils se nomment eux-mêmes) ont été balayées dès le premier tour. Deux enseignements sont à tirer de ces élections concernant le rapport de force au sein de l'extrême droite : le FN confirme son hégémonie écrasante sur cette partie de l'échiquier politique en reléguant les partis concurrents au rang de groupuscules insignifiants ; d'autre part, cette victoire (très relative au vu de l'abstention) est un succès personnel pour Marine Le Pen qui, à mon avis, entame sa mise sur orbite pour la présidentielle. Concernant le souverainisme qui nous importe ici, les raisons du vote FN restent pour une part difficiles à cerner. Mais il est clair que ce vote a une dimension « nationaliste » (au sens strict d'attachement à l'unité de la nation française) dans des proportions que je ne me crois pas la compétence de définir. La République laïque et sociale ne fait cependant pas l'unanimité au FN, et ici ou là le FN local ne rechigne pas à s'allier à des régionalistes (rarement indépendantistes tout de même). De plus, il règne, au sein de plusieurs sensibilités du FN, une haine farouche du jacobinisme et des principes républicains, vus comme une cause de décadence. La petite victoire du FN ne peut donc être considérée comme une victoire des nationalistes républicains dont je suis.

 

Reste Nicolas Dupont-Aignan, fidèle au gaullisme, qui s'est lancé dans la bataille avec son mouvement Debout La République (DLR), soutenu par Paul-Marie Coûteaux et le Rassemblement pour l'Indépendance et la souveraineté de la France (RIF). Avec des moyens assez faibles, DLR n'a pu être présent dans toutes les régions, le score national offre donc peu d'intérêt. En revanche, la région Île-de-France retient l'attention : M. Dupont-Aignan menait personnellement la liste DLR et il obtient un score honorable avec 4,15 % des suffrages exprimés. Ce n'est évidemment pas un grand succès. Il faut tout de même noter que DLR et son président battent de peu le Modem (3,98 %) mais surtout écrasent le NPA et sa tête de liste, coqueluche des médias depuis quelques années, Olivier Besancenot, le postier post-révolutionnaire qui, avec 3,13 %, reçoit une claque bien méritée. Qu'il retourne pédaler à Neuilly ! La performance de Nicolas Dupont-Aignan doit d'autant plus être saluée qu'il n'a pas bénéficié de la couverture médiatique auquel a droit le facteur trotskyste. Souhaitons que ces résultats soient un bon présage pour DLR.

 

(1) http://www.r-p-s.info/

 

(2) http://www.r-p-s.info/Le-Printemps-aussi-pour-les



27/03/2010
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