Nationaliste Social et Ethniciste

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Capitalisme libéral et démocratie

Le capitalisme libéral est-il compatible avec la démocratie? On va tâcher de montrer qu'il n'en est rien et que, loin de favoriser la citoyenneté, le libéralisme économique tend plutôt à l'amoindrir.

 

Les actuels "libéraux" profitent en réalité d'une confusion des termes, et il faut distinguer soigneusement libéralisme politique et libéralisme économique. Le premier concerne surtout le XIX° siècle: il s'agit d'un mouvement politique qui, dans le cadre d'Etats souvent marqués par la tradition d'un pouvoir monarchique et/ou aristocratique fort, cherche à faire acquérir plus de droits politiques à l'ensemble de la population. Ces libéraux veulent l'instauration de la démocratie: on parle d'ailleurs de "démocratie libérale" pour désigner le système qui allie souveraineté du peuple et respect des libertés individuelles. En France, et dans les pays voisins, il n'y a plus guère de libéraux de ce type, car la démocratie semble acquise dans ces Etats (en apparence du moins) et n'est plus vraiment remise en cause. En revanche, les tenants du libéralisme politique se rencontrent éventuellement dans les pays autoritaires où sévit une dictature, souvent de type militaire. Lorsqu'ils ne sont pas exilés, ces libéraux croupissent bien souvent dans une geôle. Le libéralisme économique est bien différent. Il a pris son essor surtout à partir des années 1980. Ce courant d'idée prône l'absence totale de régulation dans le domaine économique et refuse l'intervention de l'Etat. Aujourd'hui, on peut parler d' "ultra-libéralisme" du fait que ses promoteurs ne cessent de pousser l'Etat à abandonner des secteurs d'activité pour les faire entrer dans l'économie marchande alors même qu'ils ne devraient pas y avoir leur place. On peut citer les domaines de la santé, de l'éducation, et même de la police, puisqu'il est question de reconnaître certaines prérogatives aux fameux "détectives privés". Les plus extrémistes de ces ultra-libéraux sont même appelés "anarcho-capitalistes" et visent la disparition de l'Etat... et le retour à une loi de la jungle impitoyable. Ces libéraux-là sont très différents des précédents. La démocratie n'est pas en soi un idéal pour eux. Mieux vaut la dictature militaire que le dirigisme économique! D'ailleurs, et ce n'est pas un hasard, les libéraux français, les Madelin, les Novelli, sont issus des mouvements d'extrême-droite comme Occident ou Ordre nouveau. Ils seraient d'ailleurs bien inspirés de ne pas s'offusquer qu'on leur rappelle parfois leur "origine" politique. Leur parcours s'explique par les rapports ambigus entretenus par le grand patronat avec l'extrême-droite, longtemps considérée comme possible barage au communisme (l'ennemi jadis le plus dangereux du libéralisme économique). Aujourd'hui, la confusion libéralisme économique/libéralisme politique est habilement cultivée par les Etats-Unis qui, sous couvert de promouvoir la démocratie, oeuvrent surtout pour étendre le libéralisme économique. Pour les Américains, les deux sont indissociables, et dans leur propre histoire, ce n'est pas totalement faux. Mais au Chili dans les années 1970, les Américains ont aidé à renverser un partisan du libéralisme politique pour sauvegarder le libéralisme économique...

 

Le libéralisme économique entraîne la dislocation du corps civique. Comment? D'abord par les valeurs qu'il défend: individualisme forcené et consumérisme effréné. Il ne s'agit pas de remettre en cause l'émancipation de l'individu au nom de je ne sais quelle chimère totalitaire. Mais le fait est que l'individualisme excessif entraîne chacun à délaisser le bien commun et la république (au sens premier de "chose publique"). L'individu est encouragé à vivre égoïstement et à ne se préoccuper que de sa propre personne. Au premier abord, c'est séduisant. Mais l'individu est en réalité isolé, et lorsque sa situation se dégrade, il se retrouve bien souvent seul dans l'adversité. La société est ainsi éclatée, et des mécontents isolés seront toujours moins dangereux que des mécontents structurés et organisés. C'est la raison pour laquelle le vote FN ne met guère en péril l'état des choses: il est une somme de colères individuelles, et non un puissant mouvement collectif de contestation. Au demeurant, Jean-Marie Le Pen, lui-même patron fortuné, est tout acquis au credo libéral. La percée électorale du FN est le symptôme, et non la cause, du délitement de la démocratie. Or la nation, la république, la démocratie n'ont de sens que dans le collectif. C'est pourquoi il faut s'attacher à rechercher un subtil équilibre entre une aspiration à l'épanouissement individuel (bien légitime) et le souci pour l'intérêt commun, national. De plus, le libéralisme économique tend à considérer qu'en chacun d'entre nous, le consommateur doit l'emporter sur le citoyen. Et de nous pousser à cet état insupportable de prédation perpétuelle qui fait de l'individu un esclave de ses désirs, désirs sans cesse activés par une publicité omniprésente (y compris sur ce blog). Ainsi, cette envie permanente de posséder est entretenue aux dépens de la réflexion nécessaire à la pensée politique. La réflexion porte en elle, étymologiquement, l'idée d'un retour sur soi-même, retour impossible pour un individu sans cesse projeté hors de lui-même par le désir d'acquérir ces milliers de choses, superflues pour la plupart, qu'on lui vante du matin au soir.

 

A ces valeurs dévastatrices pour une réelle activité civique dictée par la tempérance et la réflexion s'ajoute la précarisation économique qui touche une part croissante de la population. Mais quel rapport? Qu'on juge plutôt: une personne qui rentre chez elle après une journée stressante de travail, angoissée à l'idée de perdre son emploi dans dix jours ou dans six mois, inquiète des pressions que sa hiérarchie exerce sur elle; cette personne est-elle en état psychologique de tenir son rôle de citoyen de la République? Non. On ne peut pas honnêtement demander à quelqu'un de penser à l'avenir de la nation et au bien commun, lorsqu'une question le taraude en permanence: "aurai-je assez d'argent pour faire les courses à la fin du mois?" La peur du lendemain obnubile à ce point le citoyen qu'elle le rend peu apte à la réflexion politique. Il préfère laisser les "grandes questions" aux "experts" qu'il envoie au parlement ou aux conseils régionaux et généraux, et qui sont pour une bonne part responsables de sa précarisation. Cette dernière est renforcée par l'importation d'une main-d'oeuvre immigrée, souvent clandestine, et corvéable à merci. Cette pratique honteuse et nuisible est pourtant supportée au nom de l' "humanisme" déjà dénoncé sur ce blog. La compétition économique entre natifs et immigrés tire les salaires vers le bas dans de nombreuses professions, et pas seulement les moins qualifiées: l'ingénieur indien ou africain, immigré légal lui, acceptera de faire le même travail pour moins cher... Il n'y a donc pas que le bâtiment et la restauration qui sont concernés. L'octroi facilité de la nationalité à cette masse d'immigrés, légaux ou non, divise le corps civique et entraîne des affrontements communautaires qui empêchent toute réelle remise en cause du capitalisme libéral. Ainsi, de nombreux immigrés, en défendant leur mode de vie, leur religion, leur vision historique de la France, affaiblissent considérablement la nation en attaquant sa cohésion. Ils font le jeu du libéralisme économique et du déclin de la démocratie. Bien sûr, le communautarisme va a priori à l'encontre de l'individualisme mais dans les faits, le résultat est le même: fragmentation de la société, dépérissement du corps civique. Je suis désolé de dire qu'une société multiculturelle et pluri-ethnique est incapable de constituer une nation unie: les libéraux sauront toujours jouer des uns contre les autres...

 

Enfin, il faut constater que le libéralisme économique engendre un mépris croissant pour la culture, en particulier la langue, l'histoire et la géographie (je défends ma chapelle). Au nom de l'utilitaire, le primat des mathématiques, de la gestion et de l'économie sont établis. Nicolas Sarkozy incarne parfaitement ce mépris pour les humanités: inculte, et fier de l'être! Les débats "idéologiques" ne l'intéressent pas. Seule l'action retient son attention. Mais cette action, pour ne pas dire agitation, est menée sans vue d'ensemble, sans réflexion, de manière ponctuelle et décousue. Nicolas Sarkozy connaît plus de chanteurs et de patrons que d'écrivains ou d'universitaires. Il est significatif qu'un de ses fils produisent les rappeurs qui crachent sur la France. Je parlai du mépris pour la langue. On a en effet constaté que la quantité de vocabulaire utilisé par les chefs d'Etat ne cesse de diminuer depuis de Gaulle. Or, après la chute de l'URSS, le monde est devenu beaucoup plus compliqué. Et pour expliquer ce monde compliqué, les dirigeants utilisent de moins en moins de mots (c'est vrai aussi des politiques de gauche comme Ségolène Royal qui ne parle que d'amour, de pardon et de fraternité, et dont les meetings ressemblent à des messes). Refuser l'emploi d'un vocabulaire complexe, et donc adapté aux nuances de la réalité, c'est refuser de laisser son interlocuteur accéder à la compréhension du monde. D'où la vision toujours réductrice et souvent manichéenne qui est donnée aux citoyens par leurs dirigeants, relayés par les média. Quant à l'histoire et à la géographie, il ne s'agit nullement de les défendre par seul amour de la culture et de l'érudition. Ces disciplines sont des outils indispensables pour la réflexion politique. Mes jeunes élèves me demandent souvent en soupirant: "A quoi ça sert?" Je leur réponds que la République française a besoin de citoyens possédant les clés pour comprendre le monde passé et présent, car ils sont l'avenir de la nation et les choix qu'ils auront à effectuer devront l'être en connaissance de cause... L'histoire et la géographie sont donc nécessaires à la formation civique.

 

Toutes ces conséquences du libéralisme économique sont-elles sciemment encouragées? Je ne saurais dire si elles sont liées de manière conjoncturelle ou s'il faut y voir une volonté d'imposer un nouveau type de société (auquel cas Nicolas Sarkozy a une action plus cohérente qu'il n'y paraît). Ce qui est certain, c'est que les classes moyennes sont en première ligne une fois de plus, elles qui sont le pilier de la démocratie nationale, qui forment le démos, le "peuple politique" par excellence. Par leur niveau d'éducation et leur relative sécurité économique (y compris dans le secteur privé), elles fournissaient jusqu'à présent d'excellents citoyens, parmi les meilleurs serviteurs de la République et de la nation. Aujourd'hui, elles sont affaiblies économiquement, écartées des postes de commandement au profit d'une pseudo-élite "issue de la diversité", entièrement soumise aux libéraux qui l'ont créée de toute pièce et l'ont investie de ses charges. Pour toutes ces raisons, la démocratie ne peut qu'être affaiblie par le libéralisme économique.



18/04/2009
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