Nationaliste Social et Ethniciste

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Chrétiens d'Orient: ce qui nous attend

Les minorités religieuses, au premier rang desquelles les chrétiens, paient un lourd tribut aux féroces conflits qui ensanglantent le Moyen Orient. Bien sûr, beaucoup de musulmans, chiites et sunnites, périssent aussi. Mais leur culture, leur religion ne sont pas vraiment menacées : ils étaient déjà majoritaires et dominants, cela ne fait que s'accentuer. Au-delà des questions purement religieuses et ethniques, il faudrait d'ailleurs savoir jusqu'à quel point le « brave musulman de la rue » ne profite pas de l'épuration en cours : dans la plaine de Ninive, à Mossoul et ailleurs, je suppose que les chrétiens et les yézidis possédaient des terres, des commerces, des maisons. Une fois les minoritaires chassés ou assassinés, quelque chose me dit que les biens laissés vacants trouvent rapidement de nouveaux propriétaires dès lors qu'ils ont quelques valeurs. Récemment, une délégation du collectif « chrétiens d'Orient en danger » (Chredo), comprenant notamment des parlementaires français, s'est rendue entre autres au Kurdistan irakien pour rencontrer des chrétiens « déplacés » [1]. Il est frappant de constater que certains expliquent avoir été dénoncés par leurs voisins sunnites. Ce qui m'amène à poser une question et un constat. La question d'abord : soyons résolument optimistes et imaginons que demain Daesh soit mis hors d'état de nuire, que les sunnites et les chiites d'Irak parviennent à un compromis acceptable et que la paix revienne en Irak, est-ce que le retour des minorités seraient si simples ? Est-ce que le musulman qui a pris la maison ou l'exploitation du chrétien aura véritablement envie de la restituer ? Je gage que non. Souvenons-nous d'ailleurs du précédent kosovar : jamais les Serbes chassés de chez eux n'ont pu retrouver leurs maisons, pour la plupart. Et ajoutons que cette injustice s'est faite avec l'approbation des nations occidentales. Il faut toujours se méfier des discours catastrophistes, et Mgr Gollnisch, directeur de l’Oeuvre d'Orient (association catholique qui vient en aide aux chrétiens d'Orient depuis plus d'un siècle et demi), délivre un message plus nuancé [2]. Il a raison d'insister sur l'importance de maintenir en vie des communautés chrétiennes, dans des régions où le christianisme est implanté depuis près de 2 000 ans, et où il a rayonné bien avant les conversions massives de la fin de l'Antiquité en Occident. Un christianisme qui s'est développé sans l'appui du pouvoir politique, qu'il fût implanté dans un milieu majoritairement non chrétien (Perse zoroastrienne, Califat musulman) pour la Mésopotamie, où qu'il fût considéré comme hérétique (jacobites monophysites de Syrie). Surtout, ces communautés chrétiennes ont résisté à l'attrait de l'islam, pourtant dominant en Syrie-Mésopotamie depuis près de 1 500 ans. Paradoxalement, ces communautés chrétiennes n'ont pas à leur actif les Croisades, l'inquisition, le césaropapisme. Sans être un long fleuve tranquille, leur histoire porte moins la marque de l'intolérance que celle des catholiques ou des orthodoxes.

 

Et pourtant, ces communautés sont clairement menacées. Les chiffres sont parlants : 2 millions de chrétiens irakiens en 1977, autour de 400 000 aujourd'hui. On pourrait se dire que ces chrétiens sont un reliquat qui, de toute façon, s'étiole depuis des siècles, et est destiné à disparaître. Seulement, il faut quand même souligner que les musulmans ont une nette tendance à accélérer le processus, et ce n'est pas nouveau, car, en 1915, en plus des Arméniens, les Ottomans ne se sont pas privés d'exterminer une partie des Assyriens, dans ce qui est aujourd'hui le sud-est de la Turquie et le nord de l'Irak, et avec la collaboration zélée des Kurdes qui, avant de devenir les « combattants de la liberté » que chérit tant Bernard-Henri Lévy et qu'encensent nos médias, furent jadis les fidèles auxiliaires du pouvoir ottoman, contre les Arméniens également. Je ne suis pas habilité à dire s'il s'agit d'un « génocide », et je me méfie de ce terme, mais plusieurs centaines de milliers d'Assyriens furent massacrés. C'est au minimum un crime de guerre, mais les Turcs ne disent mot : la repentance, c'est bon pour les Occidentaux, pas pour Recep Tayyip Erdogan et ses partisans. En Europe, les Serbes sont mis au ban de l'humanité pour avoir assassiné 8 000 Musulmans à Srebrenica, mais les Turcs, qui ont tué (ou fait mourir par mauvais traitements) des centaines de milliers d'Arméniens, d'Assyriens mais aussi de Grecs pontiques, ne sont coupables de rien, bien entendu. La Turquie moderne, celle de Mustapha Kémal, si elle a longtemps eu l'avantage d'être laïque et « progressiste », est quand même née de vastes opérations de nettoyage ethnique qui ont en partie mis fin à la mosaïque religieuse, culturelle et humaine de l'Asie Mineure, héritage de 3 000 ans d'histoire, l'installation des Grecs et des Arméniens remontant au 1er millénaire avant notre ère. Et on notera que ce sont les derniers arrivés, les Turcs dont l'installation sur le plateau anatolien n'est pas antérieure aux dernières décennies du XI° siècle, qui ont mis dehors les autres, pris leurs maisons, leurs champs, transformé leurs églises en mosquées. Les apologistes aveugles de l'immigration et du multiculturalisme feraient bien de s'en souvenir. L'histoire est me semble-t-il le nœud du problème : les nations musulmanes cherchent à effacer le plus possible les traces du passé pré-islamique. Et le salafisme n'est que l'expression jusqu'au-boutiste de cette tendance latente des populations musulmanes : la Turquie du début du XX° siècle et le Kosovo du début du XXI° ne sont pas des états salafistes. Il y eut une parenthèse d'historicisme nationaliste dans certains pays : Saddam Hussein relevant les remparts de Babylone et se faisant représenter en continuateur de Nabuchodonosor ; le Shah d'Iran organisant des défilés en costumes achéménides à Persépolis, pour célébrer l' « Iran éternel ». Mais tout cela est terminé, et apparaîtrait presque rétrospectivement comme un âge d'or, une tentative avortée d'être autre chose que les nostalgiques de l'époque du Prophète.

 

Ce qui m'amène maintenant à mon constat : lorsqu'une guerre civile éclate, chacun a tendance à se ranger du côté de sa communauté, comme me le faisait observer un ami il y a quelques années. Beaucoup de sunnites soutiennent Daesh ou Al-Nosra, même s'il s'agit souvent d'un soutien passif. Pas tous sans doute, mais beaucoup. De la même façon, la majorité des musulmans de France, y compris les soi-disant « modérés », a silencieusement approuvé le carnage de Charlie ou tout du moins se sont dits en leur for intérieur que Charb et les autres l'avaient un peu cherché, et qu'on ne caricature pas impunément le Prophète. Et si tous les musulmans de France ne sont pas salafistes, il n'en demeure pas moins que la plupart considère ces derniers comme membres à part entière de l'oumma, la communauté des croyants. Certes, ce sont des frères violents, agités, égarés, peu fréquentables, mais ils restent des frères malgré tout, ce que l'infidèle amateur de charcuterie et de bon vin comme moi ne sera jamais. Par conséquent, si d'aventure les salafistes étaient un jour assez puissants et nombreux pour organiser des milices, qu'aucun Français non-musulman ne compte sur son « brave voisin » marocain ou turc pour l'aider : non seulement il y a de fortes chances qu'il vous dénonce, mais de surcroît il sera ravi de prendre votre voiture ou d'installer une partie de sa famille dans votre maison. Ou bien il vous invitera, « par amitié », à vous convertir... Les musulmans n'aiment pas la France telle qu'elle est, et ils veulent la changer. C'est humain, sans doute, mais il est regrettable qu'on les laisse faire. Plus ils seront nombreux, plus ils seront convaincus de la possibilité de rendre la France plus « islamo-compatible ». Et si un jour ils devenaient majoritaires, notre sort n'aurait plus grand chose à envier à celui des malheureux chrétiens d'Orient : minorité brimée, tenue à l'écart, tout juste tolérée, avant peut-être le nettoyage ethnique et religieux qui achèverait de vider de son sens le mot « France ». Et il faut dire que, contrairement à nous, les chrétiens d'Orient ne sont même pas des étrangers : ils étaient là avant l'arrivée de l'islam, physiquement ils ne diffèrent pas de leurs voisins musulmans, et la plupart parle le même arabe.

 

Faisons à présent un peu de prospection. Nous sommes en 2050. Les pays d'Occident sont plus « multiculturels » et « pluriethniques » que jamais. Depuis quelques années, 2043 pour être précis, les blancs ne sont plus majoritaires aux États-Unis, même s'ils restent le groupe ethnique le plus nombreux. Pour la première fois, un président américain prête serment en espagnol et la traduction dans cette langue de la Constitution aura désormais même valeur juridique que la version anglaise. En Europe, l'islam a poursuivi ses progrès, tranquillement. La France a sa première ministre voilée depuis quelques mois, et la loi autorisant le voile à l'école est sur le point d'être adoptée, reléguant la laïcité au musée des valeurs racistes et liberticides. La culture islamique est de plus en plus considérée comme la seule vraie culture nationale, en tout cas comme l'avenir de la civilisation française. Plus de critique de l'islam, plus de caricature du prophète, plus de remise en cause du Coran depuis longtemps : une « loi pour le respect de toutes les croyances » a de facto rétabli le délit de blasphème. Ceux qui invoquent la tradition française de liberté d'expression pour contester la religion désormais dominante se retrouvent enterrés au fond des bois, la tête séparée du corps. La peur règne. Les conversions se multiplient, par crainte comme par opportunisme. L'émigration de ceux qui n'acceptent pas cette situation s'accentue. Cette année 2050, du fait du réchauffement climatique, les températures à Paris sont presque équivalentes à celles d'Alger à la fin du XX° siècle. La mode est au hidjab vert et mauve cette saison. Beaucoup de non-musulmanes portent le voile, pour éviter les insultes, et parce que c'est la mode... La moitié des églises a été transformée en mosquées, et une loi facilite le transfert d'édifices cultuels d'une confession à l'autre. Noël est de moins en moins fêté, mais la fin du Ramadan est désormais la fête par excellence, l'occasion de se retrouver en famille. De nombreux évêques catholiques viennent assister aux célébrations, en voisins. Sauf indication contraire clairement affichée, tous les produits alimentaires sont sans porc, toutes les viandes hallal. La filière porcine est d'ailleurs à l'agonie, ne survivant que grâce aux exportations vers la Chine. La consommation d'alcool reste autorisée, mais il devient très difficile d'obtenir la licence pour ouvrir un débit de boisson et, comme boire est mal vu, beaucoup le font en cachette. L'arabe est largement enseigné, et il vient de détrôner l'espagnol comme principale LV2 dans le secondaire. Le turc progresse. Les programmes d'histoire font désormais la part belle à la civilisation islamique, socle d'une identité désormais plus « méditerranéenne » qu'européenne et occidentale. Les dernières associations de libres penseurs sont sur le point de perdre leur bras de fer avec un certain nombre de municipalités qui entendent supprimer des bibliothèques les ouvrages considérés comme attentatoires à la dignité de la famille et contraires aux principes de la religion. La vente du craftyphone bat tous les records, l'application daily charia fait un tabac. Voilà la France de 2050.

 

Science-fiction inspirée par la paranoïa islamophobe ? Peut-être. Mais observez un instant l'évolution de la France, de son paysage, de sa population, rien que ces vingt dernières années. Honnêtement, je ne crois pas que le scénario dont j'ai présenté les grands traits brièvement soit le plus farfelu. Croyez-vous qu'un Jacques Attali est plus crédible quand il nous parle du monde de demain ? Nous avons déjà derrière nous une longue liste de lâchetés, de renoncements, d'accommodements raisonnables, bref de faiblesses. Les musulmans se sont engouffrés dans la brèche, et c'est bien normal, on aurait tort de le leur reprocher : ils sont forts parce que nous sommes faibles, le terrain qu'ils ne cessent de gagner est celui que nous leur avons abandonné au nom de la tolérance, des droits de l'homme et du droit à la différence. Je ne crois pas qu'il y aura demain un islam de France apaisé, ouvert et tolérant. J'ignore si l'islam est intrinsèquement incapable de s'occidentaliser, pour faire simple, mais il est clair que la puissante vague de régression qui touche la quasi-totalité des pays à majorité musulmane empêchera pour longtemps encore la cohabitation pacifique. Comment des populations, qui dans leurs pays d'origine éliminent (ou assistent passivement à l'élimination) de leurs compatriotes non-musulmans, pourraient-elles, comme par magie, devenir tolérantes et soucieuses de l'Autre ? Quand j'entends certains « experts » ou « intellectuels », je me dis qu'il y a des gens qui décidément n'apprendront jamais rien. Ensuite, que nous disent les démographes dans leurs projections ? Que les « minorités » devraient logiquement voir leur poids augmenter dans la population française, comme dans les autres pays d'Europe occidentale [3]. En prenant en compte la probable poursuite des phénomènes migratoires et le différentiel de natalité entre Français natifs et Français issus de l'immigration, les minorités pourraient approcher le tiers de la population française en 2050. Et la France est mieux lotie que la Grande-Bretagne, l'Allemagne, sans parler de l'Italie, car la natalité des blancs dans notre pays n'est pas trop mauvaise. Le vieillissement et la perte de vitesse des Français de vieille souche et issus de l'immigration européenne sont inéluctables, du moins à moyen terme. Bien sûr, dans ces minorités, il n'y a pas que des Turcs, des Maghrébins et des Subsahariens de confession musulmane. Il y a également des Asiatiques, des Subsahariens chrétiens, etc. Mais soyons réalistes : la majorité de ces minorités est et demeurera de culture musulmane. Il faut aussi tenir compte de possibles vagues de conversions parmi les Français de souche européenne. Et sachant que nous sommes incapables de mettre au pas les musulmans tandis qu'ils sont 6 ou 7 millions, qui peut croire que nous leur imposerons le respect lorsqu'ils seront entre 15 et 20 millions ?

 

Je ne sais pas si une telle évolution de la population française est souhaitable ou pas, si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Ce que je sais en revanche, c'est que je ne l'approuverai jamais. Sans doute suis-je corrompu, un infâme raciste, un indécrottable xénophobe, mais je ne reconnais pas et ne reconnaîtrai jamais dans cette France multiculturelle, métissée, pluriethnique, le pays magnifique que mes ancêtres m'ont légué. Et je suis prêt à recourir à tous les moyens pour empêcher la France de sombrer dans un magma diversitaire qui est selon moi la négation pure et simple de son identité historique. Il n'y a rien à attendre de l’État, dont la faiblesse est chaque jour croissante. La démocratie a hélas montré ses limites : nos dirigeants, à force de ménager la chèvre et le chou, ne font que favoriser l'islamisation du pays. Les optimistes et les naïfs ont cru que les attentats de 2015 changeraient quelque chose, ils se sont trompés. Salah Abdeslam est applaudi en prison, ou conspué pour ne pas être mort en martyr. Ceux qui nous ont mis dans cette situation inacceptable avec leurs beaux discours et leurs bons sentiments doivent payer. A présent, les vrais Français et les patriotes authentiques savent ce qui leur reste à faire...

 

[1] //actu.orange.fr/monde/irak-la-minorite-chretienne-a-perdu-tout-espoir-selon-une-association-CNT000000nLEBQ.html

 

[2] //actu.orange.fr/france/mgr-gollnisch-le-maintien-des-chretiens-en-orient-est-important-CNT000000nTRp8.html

 

 

[3] //www.atlantico.fr/decryptage/minorites-ethniques-et-immigration-voila-quoi-devrait-ressembler-europe-en-2050-laurent-chalard-1065221.html



30/04/2016
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