Nationaliste Social et Ethniciste

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Crise migratoire: qu'en penser?

Le sujet est sur toutes les lèvres. Les mots « tragédie », « réfugiés », « Schengen », « migrants », « frontières » tournent en boucle dans les média. Chacun y va de son commentaire. Sur cette question, mon opinion n'étonnera pas mes lecteurs : je raisonne en terme d'intérêt, non de morale. Je ne méprise pas la souffrance des Érythréens, des Soudanais, des Syriens, des Afghans... Je ne condamne pas ces migrants : honnêtement, si j'étais Syrien et que je le pouvais, j'essaierais très certainement de gagner l'Europe occidentale. Les migrants ont raison de tenter leur chance. Mais cela ne signifie pas que nous aurions tort de les repousser. Je suis Français et non Syrien. Je vis dans un pays qui subit une crise économique et politique [1], qui s'interroge sur son identité, qui au fond vit mal le multiculturalisme que les bienpensants lui imposent. Un pays en proie à la communautarisation, à l'islamisation rampante, aux tensions ethniques et religieuses croissantes. Dans ce contexte, je ne veux pas accueillir de migrants dans mon pays. Pour moi, cet afflux de réfugiés est une invasion. On l'a oublié, mais certaines invasions commencent par des demandes d'asile : en 376, les Wisigoths fuyant les Huns demandèrent asile à l'empire romain. On sait ce qu'il advint : révoltés contre la dureté des conditions imposées par Rome, les Wisigoths tuèrent l'empereur Valens à Andrinople en 378, usèrent la puissance romaine au gré de leurs migrations dans l'empire pendant près de quatre décennies et ne furent pas pour rien dans l'effondrement de l'empire romain d'Occident. Pourtant, à l'origine, ces « migrants » voulaient juste profiter des bienfaits de la civilisation romaine... Pour ma part, je refuse de payer pour des Arabes et des Africains, si grande soit leur détresse, et on peut bien me montrer toutes les photos d'enfants noyés rejetés par la Méditerranée sur les plages de Turquie ou d'ailleurs, cela n'y changera rien. Je veux que mes impôts servent d'abord à financer la sécurité sociale de mes compatriotes, les infrastructures dont mon pays a besoin, la police, l'armée, les subventions pour les agriculteurs bretons et les allocations pour les chômeurs picards. Appartenir à une nation suppose forcément de pratiquer une forme de « préférence nationale », sinon, il n'y a plus de nation...

 

Charles Aznavour s'est échappé de l'hospice...

Et il serait souhaitable que quelqu'un ait la bonté de l'y ramener. Les saltimbanques sont des citoyens comme les autres, et bien évidemment, ils ont le droit d'avoir leurs opinions. Mais comme le disait élégamment Clint Eastwood dans L'Inspecteur Harry, « les avis, c'est comme les trous du c..., tout le monde en a un ». Ce n'est pas parce qu'on est riche et célèbre qu'on a des idées sensées. M. Aznavour a lancé un pathétique appel à la France pour qu'elle accueille les migrants qui affluent et les utilise pour repeupler les villages de nos campagnes désertées. Sur cette brillante idée, j'ai deux remarques à faire : d'abord, Son Excellence Charles Aznavour (puisqu'il est ambassadeur d'Arménie en Suisse) a-t-elle daigné s'enquérir des souhaits des premiers intéressés ? Si vraiment les migrants sont principalement des cadres (ingénieurs, médecins, enseignants), qui peut croire que ces gens ont envie de vivre au fin fond de la Creuse ou de l'Aveyron ? Ensuite, M. Aznavour devrait mieux considérer la carte des résultats électoraux, parce que vus les scores du FN dans de nombreux secteurs ruraux, les migrants syriens avec leurs femmes voilées seraient certainement accueillis à bras ouvert. Aznavour propose rien de moins qu'une colonisation en profondeur de notre pays par des populations d'une autre culture, et pas n'importe quelle culture, l'arabo-musulmane s'il vous plaît (même s'il y a quelques chrétiens dans le lot), une culture éminemment ouverte et tolérante, réfractaire au fanatisme, comme chacun sait. Décidément, la vieillesse est un naufrage. Je demande aux proches de Charles Aznavour de veiller à ce qu'il reste sagement dans son sanatorium des Alpes suisses, à sucrer les fraises et à siroter de la camomille. Il serait temps que les « artistes » comprennent que tout le monde ne vit pas comme eux et que donner des leçons depuis son chalet suisse est inconvenant. Comme il est facile de prêcher la générosité quand on laisse le coût de cette dernière à l'ensemble de la collectivité nationale ! Les bons sentiments, la charité, la prodigalité ne peuvent tenir lieu de politique migratoire. Il est très significatif que les stars du show-biz s'engagent pour les sans-papiers, les clandestins, et plus rarement pour les chômeurs des régions industrielles. Dis-moi quelle cause tu défends, et je te dirai quel genre de « progressiste » tu es.

 

Pas de faux procès à la Hongrie

Depuis que le peuple hongrois a porté Viktor Orban au pouvoir en 2010, la Hongrie est considérée comme un pestiféré. Orban, quoi qu'on pense de ses idées (qui sont très conservatrices), tient un discours qui place la nation (et sa souveraineté) au cœur de la réflexion politique. Il n'est d'ailleurs pas inintéressant d'observer la conversion du jeune libéral anticommuniste des années 90 à un conservatisme rigide. Viktor Orban a fait le constat des limites du libéralisme moderne, mondialiste et ultra-individualiste. Offre-t-il une alternative crédible ? C'est un autre débat et je ne connais pas dans le détail la politique du gouvernement Orban. On comprend cependant pourquoi les européistes déversent des tombereaux d'injures sur Orban et la Hongrie, d'autant que le chef du gouvernement hongrois a toujours refusé la tutelle du FMI et n'a pas hésité à mener une politique partiellement protectionniste. Comment ?! Un chef de gouvernement ose trouver des qualités à cette entité fascisante qu'est la nation ! Hérésie ! Orban n'a pas fini de payer sa rébellion contre la Sainte Union. Il est évidemment accusé d'être un démocrate plus que suspect, un ennemi de la presse et l'ami de Poutine (les amis de Poutine ne peuvent qu'être des sales types, c'est bien connu). Il est pourtant très malhonnête de crier haro sur la Hongrie dans cette affaire des migrants. Le Traité de Schengen prévoit que les états situés à la « frontière » de l'espace doivent faire la police sur ladite frontière. Or, c'est précisément ce que fait Orban ! On lui reproche son mur et ses barbelés à la frontière avec la Serbie, alors que la Hongrie ne fait qu'essayer de protéger l'espace Schengen en jouant son rôle de « garde-frontière ». Il est très hypocrite et fort injuste de reprocher aux Hongrois de remplir leurs obligations. D'autant qu'indépendamment des idées nationalistes et xénophobes assez répandues en Hongrie (si l'on en croit nos média), ce pays n'a pas les moyens d'une politique d'accueil à grande échelle, n'en déplaise à nos humanistes [2].

 

Le choix de l'Allemagne

Ah, l'Allemagne ! Quel merveilleux pays ! Sympathique, écologiste, riche, dynamique, accueillant. Le pays idéal. Finalement, depuis Pétain, rien n'a changé : l'Allemagne reste le modèle inégalé. Quelques remarques tout de même : en dehors des néo-nazis qui attaquent les camps de réfugiés, et qui ne représentent qu'une infime minorité de la population allemande, de nombreux Allemands s'interrogent sur les bienfaits à long terme de cette « générosité ». Le livre de Thilo Sarrazin dénonçant les conséquences de l'immigration pour le pays a rencontré il y a quelques années un succès comparable à celui de son pendant français, Le Suicide français d'Eric Zemmour. Il y a aussi des Allemands qui s'inquiètent pour l'identité de leur pays, et ils ont raison quand on sait combien les Turcs, les Marocains et les musulmans en général sont réfractaires à toute assimilation. Le choix de l'immigration est néanmoins rationnel : la natalité allemande est en berne, l'économie allemande se porte plutôt bien d'autant qu'elle impose son hégémonie en Europe en recourant massivement à une main d’œuvre immigrée bon marché (les fameux « travailleurs détachés » polonais, bulgares ou roumains), le patronat allemand sait qu'il aura besoin de bras et de cerveaux dans les prochaines décennies. Je peux comprendre aussi que l'Allemagne cherche à conserver sa place de pays le plus peuplé de l'UE. Mais précisons que les immigrés qui n'intéressent pas l'Allemagne sont loin d'être les bienvenus. Après, c'est une question de volonté du peuple allemand. Si, pour conserver leur niveau de vie, leurs retraites, la puissance économique de leurs entreprises, les Allemands se résignent à mettre en danger leur identité nationale et leur culture, s'ils sont disposés à fondre leur nation dans un infâme magma multiculturel, c'est après tout leur affaire. Mais ce n'est pas ce que je souhaite pour la France. Et je pense que les Allemands feraient mieux de stimuler leur natalité plutôt que de compter sur l'immigration. Rien ne dit que la bonne santé économique de nos voisins est amenée à durer toujours. Et si une crise venait à miner la République fédérale, je ne serais qu'à moitié étonné qu'on voit resurgir de vieux réflexes qu'on croyait oubliés dans cette Allemagne tant vantée...

 

Faut-il voter FN aux élections régionales ?

Comme je l'ai dit souvent, mon cœur penche plutôt pour Debout La France que pour le Front National. DLF tient un discours globalement anti-immigrationniste et eurosceptique qui me convient, et Nicolas Dupont-Aignan ne traîne pas l'héritage sulfureux, les petites phrases et les amitiés gênantes de Le Pen père, bref l'image de l'extrême droite qui colle au FN et dont Marine Le Pen aura, je le crois, le plus grand mal à se débarrasser, malgré son évidente bonne volonté et celle de certains de ses lieutenants comme Florian Philippot. Pourtant, je me pose sérieusement la question du vote FN aux régionales. Non pas parce qu'il s'agit des régionales, dont je me fiche éperdument, la région étant un échelon administratif dont je conteste la légitimité et que je ne serai pas fâché de voir disparaître, mais parce qu'il s'agit des prochaines élections, et qu'elles sont imminentes. Avez-vous remarqué combien l'attitude du gouvernement français a été attentiste dans toute cette affaire ? François Hollande et Manuel Valls se montrent très prudents. Pourquoi à votre avis ? J'ai une hypothèse : ils attendent avec moult inquiétude les élections régionales. Ils craignent de sentir passer très près le boulet du FN. Certains patriotes pensent que le FN ne sert à rien et même qu'il nuit à la cause nationale. Bien que n'étant pas un sympathisant frontiste, je pense que ce raisonnement est en partie erroné : d'abord, le FN n'est pas responsable du fait que les autres partis ont abandonné l'idée de nation et la défense des intérêts du peuple français. Ensuite, le FN a un mérite immense : il fait peur. Tellement peur que nos dirigeants se montrent bien timorés lorsqu'il s'agit d'accueillir des migrants, et c'est très bien ainsi. Imaginez que le FN soit en première position au soir du premier tour des régionales. Imaginez qu'il gagne une voire deux régions et qu'il soit faiseur de roi dans quelques autres. Croyez-vous que notre président prendra le risque de nous annoncer que, conformément à sa tradition, la France doit accueillir plusieurs milliers de migrants ? Je parierai que non. Un FN très haut pourrait signifier, sinon l'arrêt de l'invasion, du moins une politique d'accueil nettement plus restrictive. Quel autre levier avons-nous à disposition ? Il faut agir avec les outils disponibles, et le vote FN en est un. D'un autre côté, je suis sensible aux efforts de Jean-Pierre Chevènement pour essayer de rapprocher les souverainistes de gauche et de droite. Je salue la réponse positive de Nicolas Dupont-Aignan à cette proposition de dialogue. Loin du sectarisme ambiant, dans un souci de respect mutuel et avec la ferme volonté d'assurer le salut de la France, M. Chevènement prépare l'avenir avec une grande intelligence. Et je suis convaincu que DLF est un parti qui doit grandir, à la fois pour mettre la pression sur Les Républicains, voire donner la main aux souverainistes de ce parti, et pour, peut-être, négocier un jour une alliance avec le FN lui-même. Alors ? Le dilemme est posé.

 

[1] Le blogueur Descartes a souligné le terrible précédent que constituent les récents incidents survenus sur l'A1, où la justice, si prompte à condamner le moindre « dérapage » verbal, s'est couchée devant une « minorité », celle des gens du voyage (qui sont, soit dit en passant, une preuve éclatante que l'assimilation et l'intégration, même sur le long terme, ne sont pas automatiques). Quelle confiance les Français peuvent-ils avoir dans une telle justice, qui laisse les fauteurs de trouble impunis tout en faisant office d'inquisition à la solde des bienpensants ?

 

[2] Par contre, je trouve assez malhonnête de laisser les migrants arrivés à Budapest acheter un billet pour l'Autriche, et les empêcher ensuite de monter dans le train.



05/09/2015
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