Nationaliste Social et Ethniciste

Nationaliste Social et Ethniciste

De la politique économique (1)

Je ne suis pas économiste, et je confesse que ma culture économique est indigente. D’ailleurs, il suffit de regarder les thèmes abordés sur ce blog : identité, histoire, religion, géopolitique, questions de société… Mais l’économie est sans conteste le parent pauvre, signe d’une incompétence qu’il serait malhonnête de nier.

 

Cette méconnaissance même explique un point fondamental : en économie, je n’ai aucun dogme précis, aucune doctrine arrêtée, par pragmatisme autant que par ignorance. J’écoute les libéraux et les communistes et voilà ce que j’entends : dans chaque camp, on prétend que la doctrine n’a jamais été vraiment appliquée de manière orthodoxe, et ainsi sont balayés d’un revers de main les échecs retentissants rencontrés par chaque système. Si je considère les faits historiques, que dire ? Les pays du bloc communiste, ce n’était certes pas la panacée même si aujourd’hui, on donne dans la caricature péjorative, on moque les vaincus, c’est la coutume. Pour ma part, quand je vois des millions d’Américains vivre dans des tentes et des caravanes après avoir tout perdu, quand j’entends que des hôpitaux tirent au sort les gens qui vont pouvoir être soignés dans le pays le plus riche du monde, j’ai tendance à être indulgent avec les pays communistes. Ajoutons que les milliardaires américains, comme Bill Gates & consorts, si généreux avec les enfants africains, seraient bien inspirés de s’occuper aussi des pauvres de leur pays. Un pays où le patriotisme est paraît-il une religion…

 

Et en France ? Les dirigeants se contentent de gérer la situation, en attendant le miracle européen. Mais l’Union européenne n’est rien d’autres que ce que les dirigeants en font… Ces mêmes dirigeants qui, lorsqu’ils sont aux commandes de l’UE, haussent les bras en avouant leur impuissance parce que, vous comprenez, tout se décide au niveau mondial. En bref, on nous mène en bateau. En dehors des cercles « raisonnables » qui nous gouvernent, deux écoles s’affrontent : les libéraux et les socialistes (les vrais). Les libéraux nous expliquent que la France va mal parce que l’Etat est omniprésent et vampirise la richesse, les patrons sont écrasés par les taxes et les contraintes de ce maudit droit du travail. L’économie française est asphyxiée par la bureaucratie. En un mot, notre pays est bolchévique (quand on sait qu’Obama passe pour un communiste auprès de certains libéraux américains…). Pour les socialistes, la France est victime de la dérégulation libérale imposée par l’UE (la « concurrence libre et non faussée »), des « critères de convergence », de l’euro géré par l’Allemagne, des exonérations fiscales indûment accordées aux patrons, etc. En un mot, la France est trop libérale. Il reste la « 3ème voie » gaulliste, mais j’ignore en quoi elle consiste précisément.

 

Je pense que le capitalisme reste le système le plus efficace pour produire des richesses. La question est : que faire de ces richesses ? La laisser dans les mains d’une minorité de riches actionnaires et entrepreneurs en attendant une hypothétique redistribution dictée par la charité et l’amour de Dieu ? Ou bien permettre à l’Etat d’intervenir de manière mesurée pour assurer la redistribution ? J’opte pour la seconde solution. D’abord, je défends la primauté du politique sur l’économique. Par conséquent, je suis disposé à sacrifier une part de la performance économique pour maintenir la paix sociale. A condition que le gain soit réel. Cela choquera les libéraux mais il faut bien comprendre que nous sommes en république et pas seulement en démocratie. La république à la française a une dimension sociale héritée des revendications des sans-culottes, dimension sociale que n’ont pas (ou plus) les démocraties anglo-saxonnes. La France est écartelée entre ces deux valeurs qui trônent au fronton de nos bâtiments publics : la liberté et l’égalité. La deuxième donne de l’urticaire aux libéraux, et c’est la raison pour laquelle ils se sentent incompris et stigmatisés dans notre pays. Pour des raisons historiques, la France ne peut pas être pleinement libérale, car le libéralisme s’accommode d’inégalités criantes, et cela est contraire aux valeurs de la République. Mais de la même façon, la France ne peut pas accepter un régime communiste qui serait contraire à la liberté. Nous sommes donc condamnés à chercher un subtil équilibre entre liberté et égalité…

 

La politique économique de la III° République à la Belle Epoque est très intéressante : voilà un exemple de compétitivité sacrifiée sur l’autel de la paix sociale. A la fin du XIX° siècle, la France est encore un pays très rural. La petite et moyenne paysannerie a réussi à accéder à la propriété après la Révolution française (même si les paysans n’ont pas été les premiers bénéficiaires). L’ouverture des marchés aurait été fatale à nombre de modestes exploitations. Alors les républicains, soucieux de rallier les paysans au nouveau régime, décident de protéger cette agriculture peu compétitive derrière des barrières protectionnistes, les tarifs de Jules Méline (1892). Bientôt, l’industrie française aussi s’abrite derrière des droits de douanes, car elle n’est pas de taille à résister à certains concurrents, comme l’Allemagne. On peut rappeler qu’avant 1914, la diplomatie française se désolait que les aides accordées à des pays alliés (Serbie, Russie) servissent à acquérir du matériel… allemand ! Quelles furent les conséquences de cette hérésie protectionniste (aux yeux des libéraux) ? La France n’a connu aucune catastrophe. Les progrès dans l’agriculture et dans l’industrie ont été lents sans doute, plus lents qu’ailleurs, mais ils se sont réalisés malgré tout. De grandes entreprises industrielles émergent au début du XX° siècle : Michelin, Renault, Peugeot. Et ces groupes ont été assez forts pour survivre lorsque le libre-échange a fait son retour. On peut donc conclure qu’une économie protectionniste ne condamne pas un pays, contrairement à ce que tout le monde répète à l’envie. Simplement la France a échappé à une industrialisation brutale, à un exode rural massif et à une émigration vers les Amériques pour fuir la misère. Est-ce une tragédie ou un bénéfice pour le pays ?

 

Je rappellerai enfin qu’en bon fils de la Révolution française, je suis fidèle aux principes énoncés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Par conséquent, je reste attaché au droit de propriété et à la liberté (article 2), qui comprend la liberté d’entreprendre.

 

La question des déficits & des prélèvements de l’Etat

Si on regarde les dépenses de l’Etat en 2006 (1), que constatons-nous ? D’abord, un certain nombre de fantasmes s’effondrent. Ainsi, la « bureaucratie pléthorique » composée de fonctionnaires « privilégiés, payés à ne rien faire avec l’argent des Français » ne coûte pas si cher que cela. Un certain nombre de postes de dépenses ne peuvent pas baisser de toute façon : la population française augmente, on a donc besoin de professeurs, de policiers… La population vieillit, il est donc illusoire d’espérer une baisse des dépenses de santé, on peut juste essayer de maîtriser leur augmentation (et des mesures sont possibles dans ce sens).

De même, la France a besoin de forces armées convenablement équipées, même si personnellement je serais plutôt d’avis de favoriser l’achat de matériel parfois moins sophistiqué mais en plus grande quantité. L’intérêt de certains « joujoux » de haute-technologie censés préparer la « guerre du futur » ne m’apparaît pas clairement. En revanche, il est clair qu’avec de simples kalachnikovs et lance-roquettes, les talibans sont de redoutables adversaires… Je pense donc qu’il faut investir sur les effectifs et l’armement léger, car tous les experts en géostratégie s’accordent à dire qu’au final, rien ne remplace les soldats sur le terrain. Il me paraît important que le matériel de l’armée française soit convenablement entretenu, quitte à différer l’achat de nouveaux équipements.

 

On peut observer que le gros poste de dépenses est la politique sociale : retraites, familles, invalidité, pauvreté… La France est un pays généreux. On peut constater au passage que la droite s’en prend plus volontiers à la fonction publique qu’aux dépenses sociales. Mieux vaut donner du pain et des jeux à la populace afin d’éviter des émeutes ! Que les choses soient claires : je suis attaché à la dimension sociale de la République française. Mais, comme nombre de mes compatriotes, je suis outré de l’assistanat dans lequel se complaisent des pans entiers de la population française, native ou issue de l’immigration. Et je suis clairement favorable à une refonte de la politique sociale pour mettre fin à cet assistanat. Aider les honnêtes citoyens en difficulté, oui. Les entretenir dans l’oisiveté, non. Surtout quand certains se livrent à des activités illicites. On pourrait réfléchir à quelques pistes, notamment la limitation des allocations familiales à cinq enfants, et au-delà, chaque enfant supplémentaire fait perdre une part. Ainsi, les intégristes de toutes les religions y songeraient à deux fois avant de pondre une ribambelle de croyants… Il faut également être inflexible avec les familles polygames : pas un sou ne doit être versé à des populations qui ne respectent pas le droit français. Il y a quelques années, on estimait à 30 000 le nombre de familles polygames en France. « C’est peu » disaient certains. Mais une famille polygame, c’est dix personnes en moyenne, donc près de 300 000 individus en tout ! D’autant que les retraites vont coûter de plus en plus cher, c’est inéluctable. Les allocations familiales devraient aussi être conditionnées par l’obligation d’éducation. On connaît la rengaine : « si vous supprimez les allocations, vous accentuez la précarité de populations déjà fragiles ! ». Avec ce type de discours lamentable, on ne risque pas de responsabiliser les gens. Soyons sérieux : sommes-nous dans un pays de citoyens ? Ou bien dans un grand parc d’attraction type Eurodisney, peuplé d’enfants qu’il ne faut surtout pas sortir du monde féérique ? La vérité est qu’il y a aujourd’hui des profiteurs malhonnêtes. Une plèbe de Français natifs et issus de l’immigration qui vit en parasite aux crochets de la société, et des contribuables. Dire cela, c’est tenir un discours « de droite » et « réactionnaire », voire démagogique, paraît-il. Mais même les réactionnaires n’ont pas toujours tort… Je ne souhaite pas abolir les politiques sociales, mais il me semble nécessaire d’en finir avec certains excès.

 

Parmi ces excès, il faut signaler des fraudes très importantes : mardi 12 avril, France 2 a présenté un reportage éloquent. Ces fraudes pourraient être assez fréquentes. On a eu l’exemple d’une femme qui perçoit 700 € d’allocation alors qu’elle dispose d’un emploi et d’une aide de sa famille, soit un revenu total de… 3 000 € mensuel ! Une telle malhonnêteté est effarante et devrait faire l’objet de sanctions très dures, au-delà du simple remboursement. Ensuite on nous a présenté un cas loin d’être rare : une femme qui vit en couple mais se fait passer pour célibataire afin de toucher l’allocation mère isolée. Ce qui lui permet de vivre confortablement dans un bel appartement. Il faut être impitoyable avec ses escrocs, leur faire payer ce qu’ils on volé à la société et plus encore. Et leur interdire toute aide sociale, pendant au moins plusieurs années.

 

Il convient de réfléchir à d’autres gaspillages. Trop de quartiers, trop d’associations sont « arrosés » d’argent public afin d’acheter une illusoire paix sociale et éventuellement une clientèle électorale. L’Etat, par le biais des préfets, devrait contrôler avec plus de rigueur les dépenses des collectivités territoriales, et surtout vérifier que l’argent est utilisé pour des bénéfices durables et profitables au plus grand nombre. Trop d’élus s’achètent des fidélités en puisant dans la caisse. Les gaspillages concernent d’autres secteurs, en particulier la culture et le sport. Là encore, je partage l’aversion de certains pour le « théâtre subventionné de gauche », qui véhicule une idéologie contestable avec l’argent du contribuable. Je fais partie de ceux qui ne veulent pas financer cette propagande de gauche bobo. Que les communes ouvrent des souscriptions, et que ceux qui tiennent à cette vie culturelle, aussi prétentieuse que futile, versent de leur plein gré la somme qui leur plaira pour maintenir à flot les « arts d’expression corporels » et autres fadaises. Il en va de même du sport. Il me paraît normal que les communes entretiennent des gymnases et des terrains de sports pour l’usage des administrés et des établissements scolaires. Mais pourquoi le contribuable devrait-il payer pour que l’on recrute à prix d’or des footballeurs ivoiriens ou brésiliens, si le football ne l’intéresse pas ? Pourquoi devrait-il financer des stades immenses régulièrement vandalisés par les armées de décérébrés qui constituent la horde ordinaire des supporters ? Pourquoi devrait-il payer les primes de mobilisation de milliers de policiers, CRS et gendarmes mobiles lors des matchs « à risque » ? Là encore, que ceux qui veulent payer paient, et qu’on laisse les autres en paix. Pour le reste, c’est aux clubs de trouver des financements dans le privé, pour les équipements comme pour le recrutement. Pas de subvention pour le ballon rond, nouvel opium du peuple ! Quant au théâtre contemporain, que les metteurs en scène essaient de remplir leurs salles, au lieu de pleurer pour avoir une subvention. Voilà un défi vraiment audacieux, un défi d’ « artiste »…

 

Le coût de la décentralisation doit aussi être abordé. Avec cette politique, les intermédiaires se sont multipliés, et face aux transferts de compétences, les collectivités territoriales ont souvent dû se doter des services adéquats. Du coup, la fonction publique territoriale explose depuis plusieurs années. Ces emplois publics ont permis de freiner les effets de la crise sans doute, mais on assiste parfois à une reféodalisation de la France : les postes clés sont accordés par copinage, et certains dénoncent le piston qui règne trop souvent dans ces structures. Je suis un ardent jacobin et un centralisateur convaincu. Je pense qu’une recentralisation, au moins partielle, permettrait de faire de substantielles économies. Je suis également favorable à une limitation de la régionalisation. Cela n’empêche pas que l’on réfléchisse aux ressources propres des collectivités territoriales.

 

Réduire les gaspillages, c’est donc possible. Malgré tout, je crois qu’on n’échappera pas à une hausse des dépenses publiques : augmentation de la population, vieillissement (d’où retraites et soins médicaux), défense, sécurité, éducation… Par conséquent, je doute qu’on puisse éluder la question qui fâche (à droite surtout) : la quête nécessaire de nouvelles recettes…

 

(1) //img841.imageshack.us/i/dpensespubliquesfranais.jpg/



16/04/2011
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