Nationaliste Social et Ethniciste

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De la politique économique (2)

Service public & entreprise publique

Le mot « égalité » ne saurait être un simple ornement au fronton de nos mairies. Nos concitoyens doivent avoir accès à un certain nombre de services, et de manière satisfaisante. Naturellement, il faut tenir compte de la répartition de la population. Dans des zones rurales reculées et peu peuplées, il me paraît difficile de maintenir un bureau de poste et une école dans chaque commune. D’un autre côté, il faut veiller à ce que chaque habitant ait malgré tout accès à l’ensemble des services dans un rayon acceptable (à définir) autour de son domicile, en tenant compte de la distance, mais aussi éventuellement du relief. Le principe du service public est le suivant : le bénéfice dégagé dans les secteurs rentables est utilisé pour entretenir le même service dans des secteurs peu ou pas rentables. L’idéal reste (comme pour toute entreprise) que les bénéfices soient supérieurs aux dépenses. On peut ainsi financer la pérennité des services sur l’ensemble du territoire tout en investissant pour rendre le service meilleur (ce qui ne veut pas forcément dire plus rentable, même si cette idée peut être présente). Ce n’est pas toujours facile. Prenons un exemple : la SNCF a beaucoup dépensé pour les lignes de prestige, celles du TGV, une vitrine industrielle de notre pays. Mais de nombreuses lignes régionales sont négligées derrière la vitrine. Cette stratégie est liée à la libéralisation des services, un des piliers doctrinaux de la construction européenne. Dans le passé, soyons honnêtes, certains services publics ont abusé de leur statut d’entreprise publique et ont parfois jeté l’argent par les fenêtres. Une gestion avisée et raisonnée est nécessaire, bien évidemment. Pour autant, la seule rentabilité ne peut tenir lieu de doctrine.

 

Une entreprise privée peut-elle exercer un service public ? La réponse est oui, bien sûr. Mais sous certaines conditions. Il faut veiller à éviter certains abus. D’abord, l’entreprise n’a pas le droit de délaisser les secteurs peu rentables. Elle doit accepter d’être évaluée par l’Etat ou la collectivité locale qui a passé contrat avec elle. On attend d’elle qu’elle soit exemplaire dans le respect du droit du travail. Enfin, elle doit accepter que la collectivité jette un regard sur les prix qu’elle pratique. Il faudrait aussi veiller à empêcher les connivences (trop fréquentes) entre les chefs de ces entreprises et les élus locaux ou nationaux. Je suis favorable à un contrôle renforcé des préfets lors de toute délégation d’un service public à une entreprise privée. Toutefois, cette dernière garde comme objectif de faire du bénéfice : à ses dirigeants de négocier des marges qui leur permettent de s’enrichir tout en offrant un service de qualité.

 

Certains secteurs importants devraient selon moi être directement contrôlés par l’Etat (ou les collectivités territoriales). Lesquels ? Je propose cette liste, non exhaustive : l’énergie (le nucléaire notamment), le transport ferroviaire, la distribution de gaz et d’électricité, la distribution d’eau, l’armement (nationalisons Dassault !), les laboratoires pharmaceutiques. Pourquoi ceux-là ? Parce que je pense que ce sont des secteurs stratégiques, et qu’il est important que l’Etat les surveille, éventuellement fixe les prix. Plus prosaïquement, ces secteurs peuvent aussi être une source de revenus pour l’Etat.

Le contrôle de l’Etat peut s’opérer de différentes façons, comme c’est déjà le cas : l’entreprise appartient à l’Etat, intégralement (j’y suis favorable pour l’armement et le nucléaire) ; l’entreprise a l’Etat comme actionnaire majoritaire (SNCF, gaz, électricité) et un statut public ; l’entreprise a l’Etat comme actionnaire minoritaire et reste privée. Ces entreprises, convenablement gérées, auraient vocation à servir de modèle, notamment à travers une juste répartition des bénéfices : un tiers distribué aux salariés (un intéressement donc), un tiers pour l’Etat ou les actionnaires (dont l’Etat), un tiers pour les investissements (ou des placements en vue d’investir). C’est évidemment un principe général qui est énoncé ici, son application réclamerait des modalités particulières.

 

Je suis favorable à la création d’une banque nationale d’épargne sous le contrôle de l’Etat. Je ne pense pas qu’une nationalisation totale du secteur bancaire serve à grand-chose. Mais je pense que l’épargne est un élément important de l’économie française. Longtemps, les Français se sont enrichis, patiemment, en épargnant. Aujourd’hui, on ne jure plus que par le crédit et la consommation. Achetez ! Empruntez ! Toute la journée, Cofidis, Sofinco et les marques nous chantent le même refrain, à la télévision, à la radio, dans les magazines, sur les affiches… Je pense qu’il faut encourager l’épargne. Cette banque d’Etat aurait pour seule tâche de proposer aux Français des placements d’épargne, sûrs, sécurisés mais d’une rentabilité modeste. A charge pour les banques du secteur privé de proposer des placements plus risqués, mais évidemment plus intéressants, en bourse par exemple. Cette banque d’Etat offrirait des prêts spécifiques : pour l’achat d’un premier logement en résidence principale, pour la création d’une petite entreprise. Elle pourrait aussi éventuellement prêter à une collectivité territoriale ou une association d’intérêt public pour un projet précis. Pour tout le reste : crédit à la consommation, achat d’une résidence secondaire, développement d’une entreprise,… prière de s’adresser au secteur privé. Ainsi, cette banque d’Etat aurait pour seul objectif d’aider les Français, à mettre leur argent à l’abri d’abord, à financer des projets essentiels ensuite.



18/04/2011
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