Nationaliste Social et Ethniciste

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Eric Besson et le nouveau clivage français

Jeudi 14 janvier, Eric Besson, présentement ministre de l'immigration et de l'identité nationale était l'invité de l'inusable et toujours aussi séduisante Arlette Chabot, pilier du journalisme sur France 2.

Je ne dirai rien sur « l'affaire Peillon » : le PS est mort et ses dirigeants sont la honte de la démocratie et de la République. Ceux qui en doutaient encore auront du mal à se voiler la face plus longtemps…

 

La prestation de M. Besson

Le ministre a fait la première partie de l'émission en solo, face à Mme Chabot. Ce fut une séquence intéressante. Eric Besson s'est présenté et surtout s'est défendu face aux attaques ignominieuses dont il est l'objet depuis plusieurs mois. Il a rappelé à juste titre, comme je l'ai fait dans un article sur ce blog, qu'on ne saurait en aucun cas assimiler la police française à la SS ou la Gestapo, et que comparer la République au régime de Pétain ou au III° Reich était non seulement mensonger, mais tout à fait inacceptable. Ainsi, M. Besson s'est vu attribuer le doux sobriquet de « Laval ». On ne répétera jamais assez que les partis et associations qui manient cette rhétorique, le MRAP, SOS-Racisme (moins cependant), une partie du PCF et du PS, le NPA et divers groupuscules gauchistes, sont d'authentiques fascistes, des ennemis irréductibles de la République et de la démocratie. Pourtant, ils bénéficient d'une incroyable bienveillance voire d'une certaine popularité auprès d'une partie de nos concitoyens. C'est dire si certains de nos compatriotes sont déboussolés en ces temps de confusions politiques et idéologiques. Puis M. Besson a rappelé avec raison qu'il n'y avait rien de « facho » à poser cette simple question : que signifie être français ? J'irai même plus loin : ceux qui s'offusquent sont ceux qui ont mauvaise conscience, qui au fond ne se sentent pas français. Il n'a jamais été question, même sur ce blog qui je n'en doute pas est considéré comme raciste, fasciste et xénophobe par certains, de proclamer que tous les Français d'origine étrangère sont des mauvais citoyens et qu'il faut leur retirer la nationalité avant de les bouter hors de la patrie ! Mm. Aznavour et Boujenah (qui s'exprimaient dans un court reportage de l'émission) n'ont rien à craindre. Charles Aznavour est un hypocrite typique du showbiz : Monsieur habite en Suisse (où les minarets sont interdits) mais réclame de l'argent à l'Etat français pour les clandestins. Revenez donc payer vos impôts en France, M. Aznavour, et après vous pourrez prendre la parole. Au fait, qu'est-ce qu'un Français d'origine étrangère ? Il faut dire en effet que de nombreux « Français d'origine étrangère » ont seulement une branche de leur arbre généalogique qui prend ses racines en terre étrangère… toutes les autres branches sont en fait françaises. Ainsi, des citoyens ayant un nom à consonance polonaise ou italienne ont parfois bien plus de sang français que de sang polonais ou italien, en réalité. Ce n'est pas par ce biais que l'immigration entre dans ce débat. La question se pose pour des populations issues de l'immigration maghrébine et subsaharienne qui se crispent sur leur culture d'origine, refusent le mode de vie, la culture et le passé unitaire du peuple français pour des raisons historiques (colonisation, esclavage) et/ou religieuses (islam) et se fabriquent une identité « immigrée » anti-française, intolérante et agressive, j'en ai déjà parlé. Mais enfin, la question de l'identité française ne saurait se résumer à cela.

 

Le problème est, qu'au cours de l'émission, M. Besson a donné sa définition de la nation, qui sera vraisemblablement la définition « officielle » à laquelle tout le monde devra adhérer au nom de Saint Sarkozy, Saint Fillon et Saint Besson. Ce à quoi Mme Chabot a très justement rétorqué : « Vous venez de tout dire. Pourquoi faire le débat ? ». Si Eric Besson et le gouvernement connaissent déjà la définition qu'ils imposeront au final, en effet, il est inutile de débattre. Qu'a dit M. Besson ? Il a nié l'existence du peuple français, en tant que nation historique, en déclarant : « la France n'est pas un peuple originel, il n'y a pas de Français de souche ». C'est intéressant, bien que ce soit un mensonge. Ainsi pour Eric Besson (et les nombreux dirigeants et intellectuels qui pensent comme lui), l'histoire de France se résume à un cycle qui se répète à l'infini : immigration – intégration – identité nationale (dans le sens « construction d'une identité commune à tous ces immigrés », je pense). On doit en conclure que M. Besson est un ignare et un inculte. Regardons l'histoire de France : du III° au V° siècle, la Gaule reçoit des apports barbares non négligeables. La « digestion » de ces apports prend deux à trois cents ans. Puis, hormis l'épisode normand, ponctuel et localisé, rien pendant des siècles. Rien d'autre qu'une immigration très limitée (quelques marchands et artistes), pas nécessairement négligeable localement, mais de peu d'impact au global. Durant la Révolution française, qui voit s'affirmer l'identité nationale et républicaine de la France, on ne peut pas dire que les étrangers aient afflué en France : on connaît des Français qui fuient (les émigrés), on connaît les armées françaises occupant des pays frontaliers, mais nulle part il n'est question d'une forte immigration durant la Révolution et l'Empire. Or c'est à ce moment que l'identité nationale « moderne » de la France se forge, avec l'attachement aux valeurs républicaines. Certes, la République ne s'impose durablement qu'après 1870, mais le Second Empire (comme le Premier) est dépositaire d'une partie de l'héritage révolutionnaire. C'est donc dans la première moitié du XIX° siècle, et malgré la Restauration, que l'identité nationale républicaine de la France s'affirme. D'ailleurs, l'échec de la Restauration comme de la Monarchie de juillet prouve que le retour de la royauté n'était pas conforme à la nouvelle conception de la France héritée de la Révolution et de l'Empire. Or, les premières grosses vagues d'immigration ne datent que du milieu du XIX° siècle, et s'amplifient surtout à la fin du siècle. Dans ces conditions, on ne voit pas bien le rôle joué par les immigrés dans la genèse de l'identité nationale, d'autant que la plupart de ces immigrés sont originaires d'Etats fort peu républicains que ce soit la Belgique, l'Italie ou la Pologne (alors inexistante, il est vrai). Par conséquent, pour séduisant qu'il soit, le schéma explicatif de M. Besson est faux. Mais c'était trop demander à Arlette Chabot ou Marine Le Pen que de se risquer sur ce terrain-là… L'identité nationale existe donc avant l'immigration. De plus, M. Besson s'est bien gardé de rappeler que, jusque dans la première moitié du XIX° siècle, la France est l'un des pays les plus peuplés d'Europe, et même du monde ! Loin devant les autres. Par conséquent, l'immigration ne pouvait avoir que peu d'impact sur cette masse humaine alors impressionnante qu'était le peuple français.

 

Il est aussi choquant que M. Besson ait déclaré : « La France ne nous appartient pas », faisant référence à des commentaires d'étrangers donnant la leçon aux Français sur ce qu'ils doivent être ! On croit rêver ! Il ne suffit plus que certains immigrés pleins de morgue et d'arrogance nous expliquent ce que doit être la France nouvelle, avec ses niqabs, ses minarets et ses excuses pour les crimes coloniaux, non, il faut également que des étrangers se permettent de définir la France. Est-ce que je prétends expliquer à un Italien ou à un Slovaque ce que c'est qu'être italien ou slovaque ? Non. Soyons sérieux.

 

Face à Marine Le Pen, Eric Besson a sans doute appliqué la stratégie arrêtée par ses conseillers en communication : attaquer Mme Le Pen tout en se gardant de répondre aux questions délicates. Ainsi, M. Besson a fait remarquer que Mme Le Pen était une mauvaise élue (certes, mais n'y a-t-il que des élus consciencieux à l'UMP ?) et l'a qualifiée de « dinosaure », faisant de la politique comme autrefois. Mais sur les chiffres avancés par Mme Le Pen concernant le nombre d'immigrés légaux, et la croissance de leurs effectifs, pas un mot. Or, si cette augmentation est avérée, cela signifie que Nicolas Sarkozy n'a en aucun cas « régulé » l'immigration comme il s'en vante tant. Mais je ne m'avancerai pas, n'ayant pas de chiffres dignes de crédit sous la main. Marine Le Pen a été égale à elle-même : plutôt mauvaise. Elle a une voix désagréable, ce qui n'aide pas, mais son talent oratoire est de toute façon faible, surtout en comparaison de celui de son père. Elle n'a guère le sens de la répartie, ne garde pas son calme, vocifère et coupe la parole, et n'est pas vraiment convaincante. Même s'ils ne sont pas toujours dénués de fondement, ses arguments n'arrivent pas à être percutants. Dire que les Français « souffrent », « n'en peuvent plus » de l'immigration, est un peu excessif. Agacés souvent et en colère parfois serait plus juste. En revanche, Mme Le Pen a eu raison de dire que les sanctions existent déjà contre les patrons qui emploient des clandestins, mais qu'elles ne sont guère appliquées. Il faut dire que quand le patron est un bailleur de fond de l'UMP, et un ami du président de surcroît…

 

Un nouveau clivage politique se dessine

En entendant Eric Besson parler de la France et de la République, il m'a semblé qu'un fait digne d'intérêt était à relever : au-delà du clivage gauche-droite, une nouvelle ligne de fracture apparaît au sein de ceux qui se proclament républicains. Deux visions de la République française sont en train de s'affronter et le combat ne fait que commencer. Cette lutte sera l'affrontement majeur de la scène politique française en ce début de XXI° siècle.

 

Bien sûr, nos ennemis traditionnels existent toujours et restent dangereux : authentiques fascistes et néo-nazis, catholiques traditionalistes, monarchistes, extrême gauche anti-nationale (qui ne représente pas toute l'extrême gauche), régionalistes, tous ces courants qui exècrent la République relèvent la tête en ces temps de crise et tournoient, tels des vautours, autour de Marianne. Mais la gueuse est plus coriace qu'ils ne le pensent ! Au demeurant, ces courants sont éclatés en une poussière de groupuscules impuissants. Ils sont à surveiller, car leur capacité de nuisance n'est pas négligeable. Et une concentration de leurs forces autour d'un chef charismatique n'est jamais à écarter.

 

Mais là n'est pas l'essentiel. La véritable fracture se dessine aujourd'hui entre ceux qui se réclament de la République. Il y a d'un côté ceux qui nous disent : « la France, c'est la République », sous-entendu, ce n'est que cela. Avant 1789 ? Rien. Puisque la France, ce n'est que la République, elle se résume à une série de valeurs : Liberté, Egalité, Fraternité, Droits de l'homme. C'est une République purement abstraite. Pour ma part, je trouve que définir toute la richesse et la complexité de la France en quatre ou cinq mots abstraits, c'est inadmissible et faux au regard de l'histoire. Pour ces républicains-là, en effet, la France n'est pas une nation, ni un peuple. Et c'est très commode pour le lobby immigrationniste, puisque la substitution de population peut se faire sans problème. Pour ces républicains-là, si dans cinquante ans la France est peuplée majoritairement de métis, Maghrébins et Subsahariens (ce que beaucoup de ces républicains souhaitent), ce n'est pas un problème, ce sera toujours la France, puisque cette dernière est finalement un simple cadre théorique et abstrait, valable pour n'importe quelle population, quelle que soit son origine et sa culture. La conception abstraite de la République est défendue par tous ceux qui nous répètent que la France est « depuis toujours une terre d'immigration » et que son avenir passe par le métissage. Ces gens savent qu'il n'y a pas de melting pot français comparable à celui des Etats-Unis, alors ils le créent de toute pièce en falsifiant l'histoire… ou en la faisant commencer avec l'arrivée des vagues d'immigration au milieu du XIX° siècle. Problème : la Révolution et la construction de l'identité républicaine sont antérieures… Le bel édifice théorique se lézarde. C'est la transposition de la conception américaine de la nation, au mépris de l'histoire de notre pays, qui est tentée. Et la Cité nationale de l'histoire de l'immigration apporte une caution scientifique à cette révolution idéologique. Malgré leurs cris d'indignation, les historiens de ce temple immigrationniste ne disent pas autre chose qu'Eric Besson. Ces républicains de l'abstraction ont le vent en poupe : Nicolas Sarkozy est leur chef à droite et presque tous suivent. M. Besson croit sans doute que parce qu'il est né à l'étranger, c'est le cas de la plupart des Français. Les Français natifs sont en effet peu nombreux au sein des élites cosmopolites qui nous gouvernent et que M. Besson fréquente. N'ayant jamais rencontré de Français natif, Eric Besson en déduit un peu vite qu'ils n'existent pas. A gauche, c'est exactement le même discours : tout le PS est acquis à cette vision extrêmement réductrice et abstraite de la République. Même la gauche républicaine « dure » adhère à cette rhétorique : Mm. Chevènement et Mélenchon, par ailleurs jacobins, ne disent pas autre chose. Les défenseurs de cette France républicaine purement abstraite tiennent le haut du pavé. Ils viennent, doctes et sentencieux, faire la leçon aux nombreux citoyens rebelles. Et s'ils sentent que leurs arguments ne font pas mouche, ils se rabattent sur l'anathème.

 

Pourtant, il suffit d'aller sur le site du ministère de l'immigration, sur de nombreux blogs, il suffit de discuter avec de nombreux Français pour s'apercevoir que tout le monde n'adhère pas, loin s'en faut, à cette vision de la France et de la République. D'abord, un certain nombre de républicains, dont je suis, refusent l'idée que la France est née en 1789. Nos arbres généalogiques ne s'arrêtent pas cette année-là ! J'ai envie de demander aux républicains de l'abstraction : que faites-vous des Français dont parlent les textes du Moyen Âge, de la Renaissance et de l'époque moderne ? Ils n'existent pas ? Il faudra bien reconnaître un jour que de nombreux Français descendent de ces gens-là, qui vivaient avant la Révolution et qui se faisaient déjà appeler « Français » pour beaucoup d'entre eux. Être républicain ne doit pas conduire à nier la réalité de l'histoire de France, et notamment l'importance de la période monarchique, longue et riche. La III° République avait bien compris que la France ne pouvait se passer des rois et de leur œuvre dans la construction de l'identité. La III° République savait qu'elle s'appuyait sur une vieille paysannerie, populations enracinées depuis des siècles. On me dira : « Mais vous parlez comme un monarchiste ! ». De ce point de vue-là, les monarchistes n'ont pas tort lorsqu'ils disent que l'histoire de France ne commence pas en 1789. Le problème est que, pour eux, elle s'arrête en 1793 avec le massacre des Vendéens et depuis, il n'y a plus de France. C'est une autre conception réductrice, symétrique à la précédente, à laquelle je ne souscrirai jamais. Pour moi, au-dessus de la monarchie, au-dessus de la République même, il y a la France, cette terre sur laquelle un peuple, constitué un peu au hasard de l'histoire, s'est forgé un destin hors du commun, conduit par des monarques prestigieux, des révolutionnaires inflexibles et de grands républicains. Pour moi, tous ces aspects de l'histoire nationale forment une trame cohérente, au-delà des ruptures : la lente et difficile marche vers l'unité. De ce point de vue, la réussite de la République est aussi la réussite de la monarchie. Trop de gens sont aveuglés et, à force de vouer un culte forcené, les uns à la monarchie, les autres à la République, ils perdent de vue l'essentiel : la France et la nation.

 

Où trouver alors ces républicains « réalistes », attachés à la France qu'ils ne réduisent pas aux seuls principes républicains ? Un peu partout, en fait. Mais bien souvent, ils n'ont pas vraiment conscience d'être de ce camp, car les vieilles allégeances sont fortes. A gauche, essentiellement chez les dissidents du PS, c'est-à-dire au Parti de Gauche (Mélenchon) et au Mouvement Républicain « Civique » (oui, « citoyen » est un nom, pas un adjectif, M. Chevènement), certains militants et sympathisants se posent des questions. Ils sentent confusément que la République abstraite qu'on veut leur faire avaler ne correspond pas tout à fait à la conception qu'ils ont de la France. A droite, il serait sans doute présomptueux de considérer que les militants de l'UMP pensent. A quoi bon ? Nicolas Sarkozy, François Fillon et leurs conseillers pensent pour eux… Ils ont juste à répéter les slogans profonds que leurs chefs trouvent… ou à chanter avec eux sur une chorégraphie guignolesque ! C'est autour de Nicolas Dupont-Aignan que se regroupent les derniers fidèles du général De Gaulle, qui connaissait et assumait la complexité de l'histoire nationale. Peut-être plus encore Paul-Marie Coûteaux incarne l'acceptation de toutes les facettes de la France et de son riche passé. Seul parmi les souverainistes de droite, il a dans le passé surmonté le clivage gauche-droite pour tendre la main aux républicains de gauche (M. Chevènement, en l'occurrence). Son Rassemblement pour l'Indépendance et la souveraineté de la France (RIF) reste discret et peu influent. Reste l'extrême droite version « moderne » à la sauce Marine Le Pen. L'argumentaire me semble un peu faible et plein de contradictions. Surtout, le FN fédère un certain nombre de courants politiques qui sont par essence anti-républicains. Quant à Philippe de Villiers, il prétend défendre la République mais réclame repentance pour le « génocide » vendéen. Dans ces conditions, il n'y a pas grand-chose à attendre du MPF. L'union des républicains nationalistes, qui pensent qu'être républicain n'exempte pas d'être français et que la France, c'est un peu plus que la patrie des Droits de l'homme, reste donc à faire.



16/01/2010
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