Nationaliste Social et Ethniciste

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François Hollande à Clichy: le poids des symboles

Ainsi, François Hollande sera le champion du Parti Socialiste aux élections présidentielles. Peu m'importe au fond, car je n'ai nulle intention de voter pour ce parti anti-républicain. Mais la défaite de Martine Aubry, pourtant favorisée par son poste de Premier secrétaire, est intéressante à tous égards. Les gens de gauche (je veux dire ceux qui sont allés voter aux primaires) sont d'étranges personnes. Le principal parti de gauche est le PS. Ce parti avait une dirigeante (régulièrement?) élue en la personne de Martine Aubry. Après des débuts difficiles, il semble que cette dernière soit parvenue à s'imposer à la tête du parti. Forte de cette légitimité chèrement acquise, il paraissait logique que le chef du parti portât les couleurs socialistes en 2012. Nenni ! L'électeur en a décidé autrement. La gauche a à présent un attelage surprenant à sa tête : un candidat désigné avec une confortable majorité (56 %) et un chef du parti qui doit maintenant endosser le rôle de premier lieutenant du candidat... dont il fut un rival acharné. La droite souligne à bon droit que Mme Aubry et ses amis ont fourni moult arguments « anti-Hollande » aux sbires du président.

 

Certains reproches faits à M. Hollande me paraissent par ailleurs assez injustifiés. On l'accuse de n'avoir aucune expérience. Il faut nuancer : M. Hollande a été conseiller municipal et maire, conseiller général et président de Conseil général, conseiller régional, député et Premier secrétaire du PS. Parler d'inexpérience me paraît quelque peu exagéré ! De plus, l'expérience de Nicolas Sarkozy a-t-elle été un gage de compétence ? Chacun jugera. Mme Aubry a sous-entendu que M. Hollande représentait la « gauche molle ». Je veux bien. Qui croira pourtant que Martine Aubry incarne la « gauche dure » ? Des horaires de piscine aménagés pour les enfoulardées à la ratification de la Charte européenne des langues régionales, la seule chose qui est « dure » dans le discours de Mme Aubry, c'est son antirépublicanisme patenté. Accommodements regrettables qui vident de son sens le principe républicain de laïcité, abandon de l'idée républicaine d'unité nationale au profit des langues régionales et minoritaires (comprenez : langues maternelles des immigrés maghrébins et subsahariens (1), cordialité affichée avec des intégristes musulmans dont le projet ferait passer pour modéré celui du FN, et j'en passe. Quel citoyen raisonnable peut croire Martine Aubry et ses lieutenants lorsqu'ils emploient le mot « République » ? Que peut bien signifier pour ces énergumènes ce terme dont ils se gargarisent et que pourtant ils malmènent depuis de longues années ? J'avoue ma perplexité. Trop rares encore sont ceux qui, à gauche, dénoncent cette imposture. Toujours est-il que la débauche de promesses communautaristes jointe aux petites phrases assassines n'a pas porté chance à Mme Aubry. Ce n'est pas moi qui m'en plaindrait.

 

Faut-il pour autant crier victoire ? Certes non. Avec François Hollande, ce n'est pas nécessairement la victoire d'un républicain. En fait, on ne sait pas grand-chose du personnage. Derrière le masque, qu'y a-t-il ? Un vrai républicain, retors et dissimulé ? Ou un européiste communautariste, double masculin de Martine Aubry ? Je ne sais. Mais la proposition de créer un ministère du droit des femmes, de reconnaître le génocide arménien et plus encore le discours de Clichy n'incitent pas à l'optimisme. La seule gauche « dure » a été incarnée durant les primaires par Arnaud Montebourg, dont la sincérité peine à me convaincre. Et puis un député socialiste qui épouse une comtesse, cela me semble un peu contre-nature.

 

François Hollande à Clichy

Les faits sont présentés dans un article sur le site du monde (2). Le 17 octobre 2011, François Hollande avec ses conseillers et des élus socialistes altoséquanais (il s'agit de Clichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine) a rendu hommage aux Algériens tués par la police le 17 octobre 1961, il y a cinquante ans. Rappelons brièvement les faits : nous sommes dans les dernières années de la guerre d'Algérie. Le préfet Maurice Papon décrète un couvre-feu pour les « Français musulmans d'Algérie », soupçonnés d'être des partisans des indépendantistes que combat l'armée française. Il n'y a là rien d'exceptionnel, quoi qu'en disent les bonnes âmes. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Américains d'origine japonaise ont été internés, dans des conditions qui d'ailleurs n'honorent pas le peuple américain. C'est ainsi. On peut crier, hurler à la violation des droits de l'homme. Qui n'a pas connu une période de guerre, qui n'a pas été contraint de prendre des décisions dans un contexte difficile, ferait mieux de se taire. Un peu d'humilité ne nuit pas. Cela choque aujourd'hui avec le recul et la dictature de la bien-pensance, mais le fait est qu'une guerre pose toujours de redoutables problèmes à une démocratie. Bien souvent, l’État se voit contraint de suspendre certaines libertés qui sont pourtant au fondement de sa légitimité. La victoire parfois est à ce prix. Cruel dilemme pour les gouvernants de ces temps troublés. Cinquante ans après, il y a quelque présomption à juger nos prédécesseurs, confortablement installés (je n'ose dire vautrés) dans une situation de paix durable, sur le sol européen s'entend, car en Libye, c'est une autre histoire...

 

Je note que, si humiliant et discriminatoire qu'ait pu apparaître ce couvre-feu, du moins les « Français musulmans d'Algérie » ne furent point parqués comme les Nippo-américains. On peut cependant comprendre la colère à la suite de cette annonce. C'est alors que la Fédération de France du FLN (Front de Libération Nationale) appela à cette fameuse manifestation du 17 octobre 1961. Manifestation qui tourna mal puisqu'une centaine d'Algériens furent tués, par balle, roués de coup ou jetés à la Seine par les policiers français. Une chose m'interpelle. L'article du Monde précise bien que la manifestation était « pacifique », mais se montre peu disert sur les organisateurs. Autant qu'on sache, le FLN n'a jamais été composé d'enfants de chœur. Au moment de la manifestation, les compagnons de lutte de ces « martyrs » tuaient des soldats français. Cette vérité ne semble pas déranger M. Hollande, mais il est un énarque. Ce qui est plus inquiétant, c'est que Benjamin Stora, historien spécialiste de la question, était aux côtés du candidat socialiste. Or cet universitaire ne manque jamais, notamment dans les colonnes du magazine L'Histoire, de plaider pour une réconciliation franco-algérienne, en même temps que pour une lecture « dépassionnée » du conflit. Pense-t-il vraiment que la démarche qu'il soutient ici aille dans le bon sens ? Je n'ai pas le souvenir que les commémorations en l'honneur des soldats français tombés en Algérie aient autant mobilisé les élus socialistes, sauf peut-être feu Georges Frêche et quelques élus méridionaux qui doivent bien ménager l'électorat pied-noir pour garder leurs places.

 

Les Algériens tués le 17 octobre 1961 n'étaient pas de pacifiques défenseurs des droits de l'homme. Ils étaient les partisans d'une organisation armée en lutte contre la France. Les attentats du FLN ont coûté la vie à des milliers de personnes en Algérie, aussi bien des colons que des indigènes, pro-français ou jugés trop « tièdes ». M. Hollande ira-t-il rendre hommage aux victimes du FLN ? Ou bien seuls ses martyrs ont-ils droit à une gerbe commémorative ? L'article du Monde rappelle à dessein les crimes de l'OAS mais garde un silence gênant sur ceux du FLN. Or l'OAS n'a rien à voir, strictement rien à voir, avec le 17 octobre 1961. Pourtant, on reconnaît là la méthode des « militants de la mémoire » ainsi que les nomme l'article : procéder par amalgame, par association d'idées, et au final toujours faire retomber la culpabilité sur les mêmes. Les coupables, les auteurs de la commémoration, quelque obscure association communautaire grassement subventionnée par les élus « de gauche » associés je présume, les ont préalablement défini : « l’État français » dont le serviteur, Maurice Papon, fut un zélé fonctionnaire vichyste. Tiens, tiens... Comprenez-vous la démonstration ? L'équation est simple : Maurice Papon = la « Bête immonde », ce visage répugnant de la France, ce mélange de jacobinisme recuit et de maurrassisme mal digéré pour paraphraser Bernard-Henri Lévy ; à partir de là, on entre dans le jeu des équivalences sordides : musulmans d'Algérie = juifs, police française = Gestapo, etc. Le procès de la France est en marche, les procureurs exultent. Dans l'article du Monde, rien n'est dit expressément, mais tous les éléments y sont. On est dans l'implicite. Pour ceux qui sont habitués à cette rhétorique, il n'est cependant pas très difficile de lire entre les lignes.

 

Le « comité 17 octobre 1961-17 octobre 2011, Vérité et justice » déclare : « Cinquante ans après, la vérité est en marche. Cependant, la France n'a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu'elle a menées – en particulier la guerre d'Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d'horreurs qu'elles ont entraînés, comme ce crime d’État du 17 octobre 1961. Certains osent encore aujourd'hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République et le pouvoirencourage les nostalgiques de l'Algérie française et de l'OAS. »

Non, la vérité n'est pas en marche, c'est le terrorisme intellectuel et la falsification de l'histoire qui sont en marche. Le FLN a-t-il exprimé ses regrets, ne serait-ce que pour avoir massacré nombre de musulmans, y compris des indépendantistes d'autres factions ? Certainement pas. Les crimes n'ont pas été seulement français pendant la guerre d'Algérie, loin s'en faut. Il est faux de dire que la France n'a pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales. En revanche il est clair que, quoi qu'on pense de ces guerres, et assurément elles n'ont point été une page glorieuse de l'histoire nationale, la République se doit d'honorer les soldats français tués pendant le conflit. Même si la cause était contestable, ces citoyens sont morts au service de la France. On ne peut en aucun cas les considérer comme de vulgaires assassins et criminels. La nation doit être solidaire de ses anciens combattants, c'est cela assumer le passé, et non pas s'excuser en pleurnichant. Tout en reconnaissant que les revendications du FLN étaient fondées et que, avec le recul, l'indépendance de l'Algérie était souhaitable. Voilà ce que devrait être un regard critique et mesuré sur le passé. De toute façon, une guerre sans crime, cela n'existe pas. Combien de crimes ont été commis par l'OTAN et ses alliés du CNT en Libye ? Combien de noirs massacrés parce que soupçonnés, parfois à tort, d'être des mercenaires kadhafistes ? Qui sont ces gens qui s'érigent en procureurs arrogants, seuls capables de distinguer le Bien du Mal ? La commémoration du 17 octobre 1961 n'a pas de sens, car cet événement n'est pas un fait ponctuel, il s'inscrit dans un contexte complexe, lequel, comme toujours en histoire, résiste à toute interprétation manichéenne. Or, si l'on considère la réalité, les victimes du 17 octobre 1961 soutenaient des bourreaux en Algérie... L'écrasante majorité des Français a mieux à faire que de pérorer sur « les bienfaits de la colonisation » ou ses méfaits. Le putsch des généraux n'est plus célébré que par une poignée de vieillards, entre une belote et un verre de pastis. Au demeurant, chacun est libre, en privé, de célébrer ce qui lui plaît. Et concernant les encouragements du « pouvoir » prodigués aux « nostalgiques de l'Algérie française », ma question est simple : Georges Frêche était-il membre de l'UMP ?

 

Quelle conception de l'histoire nationale M. Hollande propose-t-il aux Français ?

La question de cette commémoration du 17 octobre 1961 dépasse le simple cadre de la polémique historienne. La participation de François Hollande lui donne une coloration encore plus politique (mais la mémoire est toujours politique, plus encore que l'histoire) et nous renseigne sur la vision de la France que va porter le candidat socialiste durant la campagne présidentielle. Tous les Français, et ils sont nombreux, qui vont voter pour M. Hollande doivent méditer la signification de ce pèlerinage mémoriel à Clichy. François Hollande aspire désormais à la magistrature suprême. Le déplacement à Clichy est le premier après sa désignation comme candidat de la gauche (PS-PRG en fait). Son premier geste est donc de rendre hommage à des ennemis de la France et à des étrangers (plus précisément des gens qui aspiraient à le devenir). Son premier geste est de donner des gages aux « militants de la mémoire » dont la seule raison d'être est de salir systématiquement l'histoire de France. Avec éventuellement, parfois, l'espoir inavoué d'une compensation financière... Est-ce à dire qu'il faut oublier le 17 octobre 1961 ? Certainement pas. Je l'ai dit déjà, l'aspiration à la liberté et à l'indépendance des Algériens étaient tout à fait légitime. Et d'autre part, oui, l'histoire de France a ses « heures sombres », ses pages peu glorieuses. Comme toute nation, comme toute communauté humaine, très souvent soudée dans les larmes et dans le sang. On peut le regretter, mais c'est ainsi. N'oublions pas le troisième terme de la devise nationale : Fraternité. Cette fraternité, c'est avant tout celle des combattants luttant pour un idéal. Oui, la liberté et l'indépendance ont un prix, et ce fut vrai en France comme en Algérie. Mais garder à l'esprit les heures sombres, ce n'est pas les commémorer. En les gardant à l'esprit, on se rappelle des actions contestables de nos pères, et cela nous enseigne l'humilité, notamment vis-à-vis d'autres pays qu'on juge parfois à l'emporte-pièce (comme la Grèce). En les commémorant, on fonde la conception de notre nation sur des éléments négatifs. Et de plus, on concourt à faire de l'identité française un puissant repoussoir pour les Français issus de l'immigration maghrébine. M. Hollande se rend-il compte du mal qu'il fait à notre pays ?

 

Pour un aspirant président, le geste est une faute lourde, impardonnable. On attend d'un président de la République qu'il nous rassemble. En cédant aux sirènes des chapelles victimaires et communautaristes, François Hollande divise les Français, dresse les Algériens et Français d'origine algérienne contre la France et les Français natifs. Est-ce vraiment utile ? Surtout, M. Hollande place délibérément son futur exercice du pouvoir sous le signe de la repentance, de la honte et de l'auto-flagellation. Son discours est éloquent. On pourrait le résumer ainsi : « Souvenons-nous des crimes de la France ! Des heures sombres ! ». Est-ce ainsi qu'un homme d’État entend mobiliser ses concitoyens et leur communiquer l'ardeur nécessaire pour affronter un avenir incertain ? Bien sûr que non. On attend d'un chef d’État qu'il fédère la nation autour de références positives. On attendrait d'un candidat à la plus haute fonction qu'il nous parle des grandes œuvres de la France. Nous n'avons pas fait que coloniser, réduire en esclavage, piller et guerroyer. Nous avons bâti des cathédrales, des châteaux et des palais. Nous avons fait vivre l'héritage culturel gréco-romain, aussi bien au temps de Louis XIV que sous la République. Nous avons honoré les Arts et les Lettres. Nous avons, avec d'autres, pensé l’État moderne, défini les valeurs de liberté et d'égalité, établi une des premières démocraties contemporaines. Devons-nous rougir de tout cela ? Je ne le crois pas. Et pourtant, voyez ce que nous propose M. Hollande comme événement de référence : le massacre d'une centaine d'Algériens. C'est consternant.

 

Étrange pays qui se complaît à ressasser ses crimes et ses défaites, et qui refuse de commémorer ses victoires (Austerlitz en 2005...). On me répondra que la commémoration des épisodes glorieux n'est pas plus satisfaisante que celle des événements négatifs. Il faudrait s'entendre sur le terme de « commémoration ». On a le devoir de se souvenir de tout, y compris de la Saint-Barthélémy, de la Terreur, de la Rafle du Vel d'hiv et du 17 octobre 1961. Mais on ne peut pas tout commémorer. La commémoration n'a pas d'objectif scientifique et historique, la commémoration a une finalité politique, celle de souder une communauté. En commémorant les crimes commis par la France ou en son nom, on soude contre notre pays les descendants (réels ou supposés) des victimes en justifiant leur ressentiment. On leur rend l'identité nationale abjecte et inacceptable. Au contraire, si l'on commémore des événements positifs et fédérateurs, on soude la communauté nationale et on la rend attractive pour ses nouveaux membres. Mais cela supposerait qu'on célèbre des victoires militaires, et comme la guerre, c'est mal... Ne parlons pas des grands hommes : les rois, il n'en est pas question à gauche, les empereurs non plus, conviction démocratique oblige. Les républicains, c'est compliqué : les révolutionnaires sont des assassins, Jules Ferry est « raciste » et colonialiste, Clemenceau a une aura trop « guerrière », Gambetta aussi. Qui reste-t-il ? Jaurès et Blum, le premier plus populaire que le second, car « martyr ». Alors que le second a sans doute fait bien plus pour la France...

 

J'en profite pour signaler et dénoncer la mémoire sélective d'une certaine gauche bobo. Étrangement, dans les salons de la gauche caviar, les martyrs n'ont pas tous la même valeur. Les « basanés » raflent les honneurs en priorité. Prenons l'exemple de Bertrand Delanoë qui, chaque année, va déposer une gerbe en mémoire de ce jeune Arabe jeté à la Seine en marge d'une manifestation frontiste (l'expression « en marge » a son importance). Le geste est médiatique, et l'on assiste au discours ému de l'édile parisien, ou de son adjointe. Pourquoi pas ? Loin de moi l'idée d'approuver le meurtre gratuit de qui que ce soit. Mais qui se souvient qu'en 1995, de dramatiques attentats perpétrés par des islamistes algériens dans le métro parisien ont coûté la vie à nombre de nos compatriotes ? Je ne veux pas faire de mauvais procès à M. Delanoë, et il est possible (du moins je le souhaite) qu'il se rende aussi à une cérémonie du souvenir pour les victimes de ces actes terroristes. Mais je note que les caméras sont absentes... Pourquoi une commémoration dans un cas ostentatoire et dans l'autre d'une étonnante discrétion ? Pourtant, les deux « crimes » sont sans commune mesure. J'oserais une explication : la commémoration des attentats de 1995 risquerait de renforcer la stigmatisation dont souffrent les jeunes d'origine maghrébine, de leur renvoyer une image négative d'eux mêmes alors qu'ils sont l'espoir et l'avenir – que dis-je ? Le Salut – de notre pays, et puis, vous comprenez, cela fait le jeu du FN et de ses thèses racistes... J'entends bien, et il y a du vrai dans cette opinion. Il n'empêche que c'est profondément malhonnête et à mon sens contre-productif. Déjà, je n'apprécie guère le principe même de « victimisation », qui me paraît être une maladie de la société moderne. L'être humain n'est pas adulte, ne se tient pas debout s'il se conçoit sans cesse comme une victime. Mais, de surcroît, hiérarchiser les victimes de manière à toujours favoriser les populations « issues de la diversité », c'est injuste et générateur de tensions. Au demeurant, il faut relever que la plupart des « vraies victimes » de tous ces « crimes de la France » ont disparu depuis bien longtemps. Les morts sont peu revendicatifs, mais certains vivants, « militants de la mémoire », font prospérer leur fond de commerce grâce aux malheurs passés des autres.

 

On peut également se demander quelle est la légitimité de MM. Hollande et Delanoë pour commémorer la tuerie du 17 octobre 1961. Les deux hommes appartiennent à un parti, le PS, qui est l'héritier de la SFIO. A la fin de la IV° République, un certain Guy Mollet, de la SFIO justement, était président du Conseil, chef du gouvernement qui a livré un combat sans merci aux insurgés algériens. Mais surtout, un certain François Mitterrand, futur fondateur du PS, fut ministre de la Justice de cette IV° République finissante et, en tant que tel, joua un rôle important dans la répression des indépendantistes algériens. Si François Hollande est cohérent avec son discours de Clichy, il ne lui reste plus qu'à aller cracher sur la tombe de Tonton... Allez, M. Hollande, un peu de courage !

 

(1) //blog-nationaliste.blog4ever.com/blog/lire-article-286920-2062259-le_parti_socialiste_et_les_minorites.html

 

(2) //www.lemonde.fr/politique/article/2011/10/17/hollande-rend-hommage-aux-algeriens-morts-en-1961_1589233_823448.html



22/10/2011
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