Nationaliste Social et Ethniciste

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Géopolitique française en Europe centrale et balkanique

Une fois n'est pas coutume, cet article sera consacré à la politique étrangère de la France, où plus exactement à ce que pourrait être cette politique étrangère si notre pays, retrouvant sa fierté et son indépendance, avait l'audace de rompre avec son atlantisme ostensible (ce qui ne signifie pas, je le précise, rompre tout lien avec les Etats-Unis d'Amérique).

 

Avec la disparition de la Pologne à la fin du XVIII° siècle, la France a perdu pratiquement toute influence politique sérieuse en Europe centrale jusqu'en 1918. Non point que la Pologne ait été un grand allié de la France aux temps modernes, mais sa monarchie élective permettait aux autres états d'Europe… disons de pratiquer allègrement l'ingérence. Souvenons-nous que Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV, fut candidat malheureux à ce trône et amena, en compensation, les duchés de Lorraine et de Bar à la France. Dans les années 1820, la France prit une part active à la guerre d'indépendance grecque, égratignant au passage son amitié traditionnelle avec les Ottomans. Des marins français combattirent à Navarin et c'est un corps expéditionnaire français, dirigé par le général Maison, qui libéra le Péloponnèse des troupes turco-égyptiennes.

 

Le triomphe de l'axe germano-américain

Aujourd'hui, l'Europe centrale et balkanique est toute entière livrée à l'axe germano-américain qui profite largement de l'effacement de la Russie depuis 1990. Rappelons que l'Allemagne a soutenu la dislocation de la République fédérale de Yougoslavie en s'empressant de reconnaître la Slovénie et la Croatie sitôt leur indépendance proclamée. D'un commun accord, Allemands et Américains ont entraîné l'OTAN à intervenir en Bosnie en faveur des Croates et des Musulmans (on ne voit pas en effet pourquoi les musulmans auraient seuls le droit d'être qualifiés de « Bosniaques » car ils ne sont pas plus autochtones que leurs voisins Serbes et Croates). De la même façon, ces deux pays ont sauvé les rebelles mafieux de l'UCK sur le point d'être anéantis par les forces serbes. Résultat des courses : la Bosnie est un pseudo-Etat qui connaît une paix toute relative, uniquement parce que des milliers de soldats étrangers y stationnent. Quant à l'Etat fantoche du Kosovo, dès que l'on sait que le principal employeur du pays est la base américaine de Bondsteel, tout est dit… A cela s'ajoute deux autres forfaits : l'UE, sous influence allemande, a permis l'indépendance du Monténégro, privant ainsi la Serbie de tout débouché maritime. Et la branche macédonienne de l'UCK a été sauvée, comme son homologue du Kosovo, par l'intervention des troupes occidentales drapées des meilleurs sentiments du monde, à savoir le « maintien de la paix », expression qui aujourd'hui justifie toutes les ingérences et qui autorise certains états à bafouer le droit international aussi bien que l'intégrité territoriale des états. Une nouvelle Triple Alliance domine l'Europe centrale et balkanique : Etats-Unis – Allemagne – Turquie. Il peut paraître étonnant de parler de la Turquie mais, outre sa candidature à l'UE, ce pays est un membre éminent de l'OTAN et un allié stratégique des Etats-Unis, puisque la Turquie est à la jonction de deux espaces où les Américains sont engagés : les Balkans à l'ouest, le Moyen-Orient (en particulier l'Irak) à l'est ; ajoutons que, via le Caucase, la Turquie tient pour une part la route de l'Asie centrale et de ses réserves d'hydrocarbures. Dans ces conditions, on comprend aisément le souhait de Barack Obama de voir les espoirs européens de la Turquie comblés : c'est un juste retour d'ascenseur.

 

Depuis deux décennies que les Allemands et les Américains installent leur domination, surtout économique pour les premiers, plutôt militaire pour les seconds, deux pays ne se sont manifestement pas montrés à la hauteur des enjeux : la France et la Russie. Le géant russe s'est contenté d'un soutien très rhétorique envers la Serbie, sacrifiant l'amitié slave sur l'autel d'un fructueux commerce avec l'Allemagne. Mais on peut arguer du grand affaiblissement de la Russie sous l'ère Elstine. La France est quant à elle impardonnable. Elle a honteusement emboîté le pas aux Allemands dans leur nouvelle Drang nach Osten (« Marche vers l'Est »), et s'est faite tout à la fois le valet de l'impérialisme américain et des intérêts économiques et politiques allemands. La France a relégué ses propres soldats au rang de vils mercenaires à la solde d'intérêts étrangers. La France a piétiné son amitié historique avec la nation serbe, et, en reconnaissant le Kosovo, a perdu toute crédibilité auprès des pays de la région qui s'inquiètent légitimement de ce dangereux précédent qu'est la création ex-nihilo de cet Etat kosovar : la Roumanie, la Slovaquie et la Grèce. La France, qui lutte contre les indépendantistes corses et basques sur son territoire, a reconnu un Etat né du terrorisme séparatiste. Les Espagnols ont au moins le mérite de la cohérence : M. Zapatero a clairement fait savoir que son pays ne reconnaîtrait pas l'Etat fantoche. La France, par son soutien aveugle aux Allemands et aux Américains, se prive d'appuis et d'amis en Europe centrale et balkanique. Et c'est dommage, car nous avions une carte à jouer. La Serbie et la Roumanie étaient des pays traditionnellement francophiles. Avec la Grèce, il était possible de s'entendre. Et un accord avec les Russes aurait peut-être permis de freiner la progression germano-américaine. Un axe franco-russe opposé à un axe germano-américain : voilà ce que la sagesse et le souci de l'équilibre géopolitique auraient dû inspirer à nos dirigeants. Ce ne fut pas le cas malheureusement.

 

Comment rééquilibrer les choses ?

Il est nécessaire de repenser la politique étrangère de la France afin de se concentrer sur cette priorité : contenir l'influence allemande et américaine en Europe centrale et balkanique. Pour que la France soit crédible, il lui faudrait déjà une armée suffisamment forte, avec un état-major qui réfléchisse aux questions stratégiques plutôt qu'aux aménagements pour les soldats musulmans et à l'organisation d'un pèlerinage à la Mecque (!). Par conséquent, l'un des premiers objectifs est de consacrer des moyens importants au recrutement et à l'équipement d'une armée digne de ce nom. Bien sûr, tout cela a un coût significatif et cela entraînera d'importantes dépenses et des sacrifices pour la nation. Mais il n'est pas bon qu'une démocratie compte trop sur ses alliés pour défendre sa liberté. Une armée forte est nécessaire à la nation française pour conserver sa souveraineté. Cette puissance retrouvée permettra à notre pays d'apparaître comme un partenaire sérieux pour de possibles alliés.

 

L'axe germano-américain maintient des états factices, la Bosnie et le Kosovo, qui n'ont aucune viabilité à long terme. Il faut accepter le fait qu'après les guerres et les atrocités commises de part et d'autre, on ne peut contraindre les populations yougoslaves à cohabiter. Il faut, je crois, se résoudre à la partition et aux modifications de frontières, y compris avec déplacement de population si nécessaire. La Bosnie-Herzégovine doit être partagée : les zones à majorité serbe doivent se réunifier avec la Serbie, les zones à majorité croate avec la Croatie. Quant aux Musulmans, le mieux à mon avis est de leur constituer un district autonome rattaché à la Croatie car il n'est évidemment pas envisageable de les associer aux Serbes. Le contentieux de Srebrenica (entre autres) pèse trop lourd. Quant au Kosovo, la question est plus épineuse. Idéalement, la province devrait faire son retour à la Serbie, mais est-ce réaliste ? Je ne le crois pas. Certains dirigeants serbes seraient prêts, je pense, à se rallier à un plan de partition. Le nord et l'est reviendraient à la Serbie, et le reste pourrait être rattaché à l'Albanie. Il existe cependant un risque d'activer ainsi les rêves de « Grande Albanie ». Pour l'empêcher, il serait bon de ne pas autoriser la partition de la Macédoine, Etat qui est déjà de taille modeste. Une solution audacieuse consisterait à associer Serbie et Macédoine dans un Etat fédéral (auquel il serait souhaitable que le Monténégro se joigne, mais les Monténégrins semblent définitivement décidés à bâtir un Monaco de l'Adriatique). Ainsi, la Serbie, renforcée des districts serbes de Bosnie et de la Macédoine pourrait mieux contenir le nationalisme albanais qui finalement est le grand gagnant de l'éclatement yougoslave. De plus, une fédération serbo-macédonienne aurait une frontière avec la Grèce, allié potentiel qui doit faire face à la montée de revendications albanaises sur l'Epire septentrionale. Il y a cependant quelques frictions entre Grecs et Macédoniens, qui pourraient peut-être s'atténuer si la Macédoine était rebaptisée « République slave de Macédoine du Nord » par exemple. Il est fort possible de trouver dans la région des Etats qui soutiendraient ce projet.

 

En fait, la France aurait tout intérêt à fédérer des pays d'Europe centrale et balkanique autour de ce thème principal : la lutte contre le séparatisme des minorités et la défense de l'intégrité territoriale des Etats que des organismes « européens » (en fait allemands) encouragent en sous-main. Serbie, Slovaquie et Roumanie ont un point commun : la présence sur leur sol de minorités hongroises. Ces dernières ont regardé avec intérêt le cas du Kosovo. La Slovaquie et la Roumanie se sont opposées à l'indépendance de l'Etat fantoche, pour les mêmes raisons que l'Espagne. La Slovaquie est un Etat de taille modeste né de la partition de la Tchécoslovaquie. Si les régions hongroises devaient faire sécession, l'Etat slovaque serait réduit à peu de chose. La Roumanie est un grand pays (pour la région) mais la sécession de la Transylvanie remettrait en cause l'unité nationale arrachée dans la douleur, et affaiblirait la Roumanie qui a déjà dû renoncer à la Bessarabie (actuelle Moldavie). Par sa taille, la Roumanie joue un rôle important dans cette région d'Europe. Sa déstabilisation pourrait entraîner une série de guerres et de catastrophes. N'oublions pas que la minorité turque de Bulgarie est également en embuscade. Renforcer la Roumanie, porte-drapeau de la latinité orientale, serait une bonne chose. Il serait juste que la Moldavie, débarrassée de la Transnistrie russophone, rejoigne la nation roumaine. Après tout, nul n'a contesté à l'Allemagne le droit de se réunifier. La Moldavie n'est rien d'autre qu'une République roumaine arrachée à la mère-patrie par des soviétiques soucieux sans doute de punir la Roumanie pour son soutien (peu enthousiaste) à l'Allemagne nazie et peut-être d'affaiblir le sentiment national roumain.

 

Ainsi, une alliance avec une Serbie revigorée et une Roumanie réunifiée formerait un bon point de départ pour rétablir l'influence française dans cette partie du monde. La Slovaquie, opposée à l'indépendance du Kosovo et apparemment réticente devant les projets militaires américains, est également un partenaire potentiel. Enfin, la Grèce pourrait compléter la liste de ces états, sinon alliés, du moins amis sur lesquels la France pourrait compter. Mais cela suppose une prise de distance de ces pays avec l'OTAN.

 

Pour résumer, les principes généraux de la politique française en Europe centrale et balkanique devraient être les suivants : 1) contenir l'influence germano-américaine ; 2) contenir le nationalisme albanais ; 3) favoriser la réunion de tous les Serbes en un seul Etat ; 4) encourager la création d'une fédération serbo-macédonienne ; 5) favoriser la réunification de la partie roumanophone de Moldavie avec la Roumanie ; 6) défendre l'intégrité des territoires nationaux slovaques, serbes, roumains et grecs.



25/10/2009
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