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Guerre sainte et violence chez les chrétiens et les musulmans (2)

Les Croisades : la guerre sainte selon les chrétiens

Comment expliquer qu'en cette fin du XI° siècle, des armées chrétiennes se lancent à l'assaut de l'Orient musulman (et bientôt byzantin) ? Il y a évidemment les raisons officielles, qu'on ne doit pas sous-estimer : l'intolérance des Turcs contrôlant les lieux saints et l'appel à l'aide du basileus Alexis Comnène menacé par l'expansion des Seldjoukides, une dynastie turque particulièrement dynamique, en dépit des haines et des guerres qui déchirent le clan périodiquement (à chaque succession pour ainsi dire). Amin Maalouf, dont je conseille vivement la lecture de l'ouvrage Les Croisades vues par les Arabes, exagère selon moi lorsqu'il présente le monde musulman comme plongé dans une certaine « torpeur », apaisé et adonné à la culture. En fait l'expansion musulmane se poursuit au XI° siècle : à l'est, en direction de l'Inde, et à l'ouest également. Le recul qui s'amorce en Espagne ne doit pas faire oublier qu'en 1071, à la bataille de Mantzikert, les Seldjoukides ont vaincu le basileus Romain IV Diogène, s'emparant ainsi du plateau anatolien qui va désormais irrémédiablement s'islamiser et se turquiser, alors que certaines de ces contrées sont de vieux foyers chrétiens, comme la Cappadoce d'où sont originaires certains théologiens de renom ou encore la Galatie puisque Paul adressa une de ses lettres à une communauté de cette région. En fait, les Seldjoukides conquièrent toute l'Asie Mineure jusqu'à l'Egée où des émirats pirates sont signalés, et les Byzantins ne reprendront pied en Asie Mineure qu'avec les armées croisées, reconquérant l'importante ville de Nicée, puis la Bithynie, les régions pontiques, l'ouest du plateau anatolien et les côtes méridionales. Cette entreprise se poursuit jusqu'au règne de Manuel Comnène, petit-fils d'Alexis, et s'arrête avec la défaite de Myriokephalon en 1176, qui ne fut pas le désastre parfois décrit mais qui sonna le glas de la reconquête byzantine. Ensuite, les Byzantins ne cesseront plus de reculer en Anatolie, affaiblis par les querelles dynastiques endémiques y compris à l'époque des Paléologue, la prise de Constantinople en 1204 et le dépècement de l'empire qui suit, et les menées vénitiennes et génoises qui entravèrent les efforts de redressement menés par plusieurs empereurs. Contrairement à 1453, et on l'oublie souvent, l'Occident a répondu présent en 1095, et, sans la première Croisade, qui sait ? Constantinople serait peut-être devenue Istanbul avec deux siècles d'avance.

 

Mais l'argument religieux (libérer la Terre sainte) et stratégique (soutenir les Byzantins) ne suffit pas. La liquidation de l'héritage carolingien s'est faite dans la douleur, et le X° siècle est une période, non point de déclin, mais de mutations complexes, sociales, économiques et politiques. Au XI° siècle, l'Occident connaît une nouvelle phase d'expansion. Démographique d'abord, la population augmente. La chevalerie connaît elle aussi ce dynamisme démographique : l'Occident dispose d'une aristocratie guerrière nombreuse, souvent modeste, qui peut avoir soif d'aventure. Certains n'ont pas attendu : les Hauteville de Normandie se sont déjà lancés à l'assaut de l'Italie du sud, lombarde et byzantine, et de la Sicile musulmane. De ce point de vue, les conquêtes normandes en Méditerranée apparaissent comme des « pré-croisades ». Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si un de leurs princes, Bohémond de Tarente, joue un rôle si important au cours de la première Croisade. Mais cette aristocratie nombreuse et turbulente trouble l'ordre public, si l'on peut dire. Les guerriers sans fortune sont tentés par le brigandage, et pour le chevalier médiéval, la différence entre guerre et pillage est parfois ténue. Or, qui peut craindre cette violence ? Qui détient d'immenses richesses dans tous les pays d'Occident ? L'Eglise. Et voilà que se présente l'occasion de mettre ces chevaliers querelleurs au service d'une noble cause, en leur promettant les richesses de l'Orient, tout en les éloignant. Les chefs de l'Eglise y ont-ils pensé ? Je ne saurais le dire, mais il est certain qu'ils ont vu dans la Croisade un moyen d'approfondir la christianisation de cette chevalerie batailleuse, en détournant la violence qu'elle génère vers les ennemis de la chrétienté. Toutefois, la Croisade ne s'adresse pas qu'aux chevaliers et aux hommes d'armes : de très nombreux gens du peuple prendront également le chemin de la Terre sainte, témoignant d'une foi populaire bien enracinée. Expédition militaire, la Croisade est aussi un pèlerinage pour assurer le Salut de son âme. Ce en quoi la Croisade diffère fondamentalement du djihad, puisque ce dernier est distinct du pèlerinage (la Mecque n'ayant jamais été aux mains d'une autre confession, la question ne se pose pas). De plus, et c'est un point important, la Croisade n'a pas pour but de convertir massivement les musulmans au christianisme, ni même de conquérir un vaste empire en Asie. Son objectif reste limité : libérer Jérusalem.

 

Il est important de le noter : là où le djihad vise la destruction des pays non-musulmans et la conversion, à terme, de leurs populations, but clairement démontré par exemple par les attaques arabes en direction de Constantinople au début du VIII° siècle, avec l'idée de frapper au cœur, la Croisade ne nourrit pas une telle ambition. Les croisés n'ont pas cherché à détruire Bagdad, siège du califat abbasside (ce sont les Mongols qui s'en chargeront au XIII° siècle), ni Le Caire ou La Mecque. Et si des opérations sont menées, au XII° siècle, en direction de l'Egypte, l'objectif reste de sécuriser le royaume de Jérusalem. Reste à savoir comment a germé cette idée de « guerre sainte » en Occident. Je crois pour ma part qu'il faut y voir une contamination des idées musulmanes concernant le djihad, autrement dit ce sont les musulmans qui ont « transmis » aux chrétiens le concept de guerre sainte. Mais je n'ai pas de preuve, et cette assertion est une simple intuition. Il faut pourtant songer que Rome fut sous la menace des pirates sarrasins, et que les combats faisaient rage en Espagne. Les chrétiens ont pu voir le djihad à l'œuvre et se familiariser avec cette idée de guerre sainte.

 

Je ne raconterai pas en détail les Croisades, d'autres l'ont fait et fort bien. Je soulignerai simplement leur caractère au final assez éphémère : un peu plus de cent cinquante ans sépare la première Croisade des dernières expéditions de Saint Louis. Globalement, les rois et empereurs d'Occident se sont mollement investis dans la « guerre sainte » version chrétienne : Philippe Auguste se rembarque sitôt Saint-Jean-D'acre pris ; Frédéric II, islamophile, ne veut pas combattre ; beaucoup de souverains ne font que passer, en pèlerins plus qu'en guerriers. Seuls Richard Cœur de Lion et Saint Louis paraissent avoir mis du cœur à l'ouvrage si l'on peut dire. Dès la fin du XIII° siècle, le terme de « Croisade » n'est plus qu'un effet de style, une figure rhétorique chère à la culture courtoise et chevaleresque. On en parle beaucoup, mais on ne fait pas grand-chose. L'Occident reste assez passif devant l'agonie du monde byzantin aux XIV° et XV° siècles. L'idée de Croisade a d'ailleurs été détournée rapidement et utilisée à des fins internes, dans la pure tradition chrétienne de répression des dissidences : croisade contre les « Grecs schismatiques », croisades contre les Albigeois, contre les Gibelins… La papauté a fini par qualifier de « Croisade » toute opération contre ses ennemis ! Il faut cependant mettre à part les quelques croisades de secours envoyées pour freiner l'avance turque : Nicopolis en 1396, Varna en 1444, toutes terminées par des désastres. Mais même au plus fort de la menace turque, la papauté semble considérer l'Union des Eglises (catholique et orthodoxe) comme une priorité par rapport au danger musulman.

 

Enfin, les Croisades sont propres à la chrétienté occidentale. Les Byzantins ont observé avec une certaine surprise, teintée de méfiance et d'inquiétude, ces hordes en haillons venues parfois sans armes pour chercher le Salut en terre hostile, ou l'entêtement de certains chefs à privilégier des objectifs à caractère religieux au mépris de toute stratégie. Les Arabes ont vu horrifiés débarquer des Barbares jugés fanatiques. En 1099, le commandant musulman de Jérusalem est effaré de voir les chrétiens, tout juste arrivé sous les murs de la ville, se répandre en pieuses processions. Il se dit sans doute : « est-ce le moment pour cela ? ». Ironie de l'histoire, au début du XXI° siècle, ce sont les musulmans qui plongent les Occidentaux dans la perplexité et l'inquiétude par leur attitude agressive, conquérante et rétrograde (du moins jugée telle par nos sociétés sécularisées). La différence est que les Croisés n'avaient pas pour but d'anéantir le monde musulman, alors que les islamistes rêvent ouvertement d'en finir avec l'Occident et de détruire notre civilisation, à laquelle pourtant ils ne cessent d'emprunter.

 

Conséquences et postérité des Croisades, le djihad aujourd'hui

Le moins que l'on puisse dire, comme le souligne Amin Maalouf, est que les Croisades n'ont pas donné une image très favorable des chrétiens d'Occident au monde musulman. Il faut bien dire « chrétiens d'Occident » car, dans l'ensemble, les musulmans n'ont pas fait à l'époque d'amalgame avec les chrétiens d'Orient. On en déduira que les musulmans du Moyen Âge étaient plus intelligents que certains de leurs descendants qui s'en prennent à des églises chrétiennes au Liban quand des caricatures de Mohamed paraissent au Danemark, alors les chrétiens d'Orient n'y sont pour rien.

 

Les auteurs arabes du Moyen Âge ont souligné la barbarie et la violence des Croisés, et Amin Maalouf les cite abondamment. Violentes, les Croisades l'ont été : massacres, viols, pillages, je ne conteste rien. Mais M. Maalouf prend pour argent comptant tout ce que racontent les chroniqueurs arabes, alors qu'il est probable qu'ils exagèrent, tout comme les raids normands ont été largement déformés par les témoignages apocalyptiques des moines victimes des pillards nordiques. D'autre part, les Croisés ne font pas irruption dans un monde idyllique, et les chroniqueurs musulmans ne sont pas autant effarouchés par les violences de leur propre monde. La civilisation musulmane est alors extrêmement raffinée, mais le raffinement n'exclut par la cruauté, et ce depuis l'époque de l'empire assyrien pour prendre un exemple local. A la guerre, les Turcs (puisqu'à cette époque ils forment la majorité des armées au Moyen-Orient) ne font pas plus de quartier que les Croisés. Leurs chefs sont en général cruels, et parfois même des ivrognes notoires, bien que musulmans ! Chaque succession s'accompagne de meurtres, d'assassinats, de complots et de querelles fratricides. Certes, tout n'était pas rose dans les royaumes d'Occident, mais la succession en France, en Angleterre ou même en Allemagne atteignait rarement la violence des successions seldjoukides, et même ottomanes (le nouveau souverain exterminait ses frères…). Alors, que des historiens du XX° siècle puissent taxer les Occidentaux de « barbarie » par rapport aux musulmans, c'est osé. Les auteurs arabes, et, plus gênant, leurs héritiers, lisent les Croisades au prisme déformé de leur sentiment de supériorité et de leur mépris pour les Occidentaux. Les remarquables connaissances accumulées par les musulmans en médecine, mathématique, astronomie, géographie, etc. ne les exemptaient pas d'une cruauté qui confinait parfois à la sauvagerie. Ce n'est pas un cas isolé, il suffit de lire les comptes-rendus des expéditions assyriennes ou de songer aux Aztèques et aux Mayas qui créèrent des civilisations brillantes, tout en pratiquant allègrement les sacrifices humains. Il faut également rappeler, et ce fait joua en faveur des chrétiens d'Occident, que les musulmans étaient divisés au plan religieux également. Depuis des siècles, chiites et sunnites s'affrontaient, mais, peu avant les Croisades, une secte chiite se créa : les Assassins. Pendant plusieurs décennies, ils instaurèrent un climat de terreur en assassinant des dirigeants du monde musulman sunnite. Aucune société secrète ne pratiqua un tel terrorisme en Occident au Moyen Âge.

 

L'idée de Croisade disparut en Occident aussi vite qu'elle était apparue. J'y vois une explication : l'idée de « guerre sainte » était au fond trop étrangère à la théologie chrétienne. Là où les musulmans peuvent s'appuyer sur des citations plus ou moins explicites du Coran, quel passage des évangiles peut justifier la guerre sainte chrétienne ? Jésus a-t-il ceint le baudrier, a-t-il brandi l'épée ? Non, il a plutôt déclaré : « si l'on vous gifle, tendez l'autre joue ». Dans ce contexte, la guerre sainte n'avait pas vraiment d'avenir. Bien sûr, l'Occident connaît des difficultés aux XIV° et XV° siècles (schisme, guerre de Cent ans, peste…) mais lorsque le dynamisme revient au début du XVI°, les Occidentaux ne dirigent pas leur expansion vers une reprise des Croisades. Ils auraient pu, s'ils avaient voulu. Mais Christophe Colomb a ouvert d'autres horizons et l'expansion occidentale se fera outre-mer, alors même que le monde musulman poursuit sa progression : Hernan Cortès conquiert le Mexique cinq ans avant la bataille de Mohács qui livre la Hongrie à Soliman le Magnifique en 1526. Bien sûr, les Ottomans seront vaincus en 1571 à Lépante, pourtant Charles Quint et Philippe II semblent avoir mis plus d'ardeur à combattre la France et les protestants que les « infidèles ». A la fin du XVII° siècle, alors que les royaumes d'Occident se constituent ou se sont déjà constitués des empires coloniaux sur lesquels « le soleil ne se couche jamais », Vienne est encore assiégée par les Turcs en 1683. Il est plus que probable que si les Occidentaux avaient uni leurs forces, les Ottomans auraient reculé bien avant. Mais Louis XIV, le « Très Chrétien », a une conception moderne de la politique : le sultan est son allié contre la Maison d'Autriche, comme au temps de François Ier. La guerre sainte ? Ce n'est plus de saison ! Des érudits rédigent encore des mémoires sur la question, mais la Croisade reste… sur le papier. Il n'y a guère que Venise et les chevaliers de Malte qui luttent constamment contre les Ottomans. Les Habsbourg se contentent généralement de se défendre, et les périodes de paix alternent avec les conflits. Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'au XIX° siècle, la libération des Balkans du joug turc sera essentiellement le fait des chrétiens locaux, faiblement ou tardivement soutenus par les Occidentaux, exception faite peut-être de la Russie, un peu plus impliquée. En 1912 encore, les Ottomans affrontent une coalition balkanique, sans intervention directe des grandes puissances.

 

Pour les chrétiens d'Occident, les Croisades ne furent qu'une parenthèse, longtemps considérée comme glorieuse et dotée d'une place de choix dans l'imaginaire collectif, mais vite refermée. Au milieu du XV° siècle, le pape se plaint que son projet de guerre sainte ne séduit aucun souverain ni grand seigneur. A la fin du Moyen Âge, la Croisade est déjà une histoire ancienne pour les Occidentaux. Pour les musulmans, les choses sont bien différentes. Il est clair que les Croisades ont réactivé le djihad qui, sans jamais avoir cessé, avait marqué le pas semble-t-il. Si l'Espagne, après de longues luttes, est perdue pour le monde musulman, 1453 et les progrès foudroyants des Ottomans dans les Balkans compensent largement cette perte. En Asie centrale, le danger mongol décline avec l'islamisation d'un certain nombre de dynasties d'origine mongole. Tamerlan est musulman, bien qu'il ait ruiné l'empire ottoman (et probablement retardé la chute de Constantinople). Il ne faut pas oublier qu'à l'époque moderne, l'islam progresse en Inde avec les entreprises des sultans de Delhi (jusqu'en 1526) puis des Grands Moghols (jusqu'au XVIII° siècle). Et la tendresse n'est pas toujours de mise avec les hindouistes…

 

Au XIX° siècle, le monde musulman est directement confronté à l'expansion occidentale, et il est remarquable que cet espace, pourtant proche, ait été si tardivement visé par l'impérialisme des pays d'Europe. L'Inde et l'Egypte passent sous domination britannique, l'empire ottoman perd du terrain dans les Balkans, la Russie subjugue l'Asie centrale et la France prend pied au Maghreb et dans l'Afrique sahélienne en partie islamisée. De plus en plus de populations musulmanes deviennent sujettes d'Etats chrétiens. L'apogée de cette domination occidentale se situe dans l'entre-deux-guerres, alors que le Royaume-Uni et la France détiennent des mandats au Moyen-Orient, Irak et Palestine pour le premier, Syrie et Liban pour la seconde. Toutefois, la tutelle est de courte durée : après 1945, les pays musulmans accèdent plus ou moins rapidement à l'indépendance, le Pakistan dès 1947, l'Algérie en 1962 seulement. La domination du monde musulman par l'Occident n'a été ni très longue, ni totale (Iran et Turquie demeurant indépendants), et elle ne s'est pas accompagnée sans doute des atrocités du temps des Croisades, même s'il y eut des guerres et des conflits. Mais cette domination temporaire a mis en relief le retard considérable accumulé par le monde musulman, et cette civilisation très imbue d'elle-même a vécu cette révélation (si j'ose dire) comme une humiliation, jamais digérée jusqu'à nos jours. C'est alors que l'islamisme au sens moderne est apparu, et avec lui le retour du djihad mis en sommeil à la fin de l'expansion ottomane. Des signes précurseurs apparaissent dès le XIX° siècle (le Mahdi au Soudan). Toutefois, cette école islamiste se heurte longtemps à une école occidentaliste qui cherche à assimiler la technique et certains aspects de la culture occidentale pour rivaliser avec l'ancien colonisateur. Le nassérisme et le baasisme peuvent être considérés comme des « branches » de cette école. Seulement voilà : avec le pétrole, l'école islamiste, traditionaliste, représentée par l'Arabie Saoudite wahhabite, a mis la main sur des revenus colossaux lui permettant de financer le djihad et la reprise de l'expansion musulmane. Les Etats-Unis, au nom de l'anticommunisme, ont soutenu le mouvement à l'époque de la Guerre froide, en Afghanistan par exemple. Jouer les apprentis sorciers avec l'islam n'était pas une bonne idée.

 

L'Occident est une terre bénie pour le prosélytisme islamique, et pour plusieurs raisons. D'abord, les Occidentaux sont paralysés, et pour ainsi dire prisonniers, des droits de l'homme. Nous ne sommes plus en mesure de défendre nos valeurs, celles de la République en France, tout simplement parce que les droits de l'homme nous imposent de considérer les valeurs des autres cultures comme respectables, même quand elles sont notoirement rétrogrades, agressives ou hostiles aux nôtres. L'islam rencontre bien sûr une opposition croissante en Europe, mais cette opposition est rarement légale et officielle. Les élus sont souvent dans le camp des musulmans pour des questions électoralistes, mais parmi ces musulmans, il y a des islamistes. La loi est souvent favorable aux intégristes, puisqu'ils peuvent toujours se réclamer de la liberté et de la lutte contre les discriminations. De plus, une ribambelle de gauchistes et d'extrémistes de droite, sous couvert d' « antisionisme », se font les alliés objectifs de mouvements islamistes, par anti-impérialisme pour les uns, par antisémitisme pour les autres. Deuxième chose, le vide spirituel des sociétés occidentales rend séduisant auprès d'une minorité non-négligeable une religion au fond assez primitive. Si le monde musulman se passionne pour les sciences dès le Moyen Âge, c'est qu'il n'a aucune réflexion de fond à mener sur sa religion, somme toute assez simpliste : un credo, un prophète, quelques rites, et voilà, la voie est toute tracée. Au contraire le christianisme, du fait de sa complexité (Trinité, Incarnation, débat sur la grâce et le libre-arbitre…) a provoqué des débats théologiques de haut vol pendant des siècles. Il est dommage que ces débats se soient si souvent accompagnés de massacres. L'islam est une banale religion ritualiste : le croyant se soumet à certaines prescriptions et à un credo qui se résume en une phrase : « Il n'y a de dieu que Dieu (Allah), et Mohamed est son prophète ». Par comparaison, voici le credo de Nicée : « Nous croyons en un seul Dieu Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles. Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Lumière issue de la Lumière, vrai Dieu issu du vrai Dieu, engendré et non créé, consubstantiel au Père et par qui tout a été fait ; qui pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux et s'est incarné du Saint-Esprit et de la vierge Marie et s'est fait homme. Il a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate, il a souffert et il a été mis au tombeau ; il est ressuscité des morts le troisième jour, conformément aux Écritures; il est monté au Ciel où il siège à la droite du Père. De là, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, et son règne n'aura pas de fin. Nous croyons en l'Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui procède du Père, qui a parlé par les Prophètes, qui avec le Père et le Fils est adoré et glorifié ; nous croyons en l'Église, une, sainte, catholique (dans le sens d'universelle) et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés ; nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir. Amen. » Les termes ou expressions « engendré et non créé », « consubstantiel », « incarné » et d'autres peuvent être l'objet de débats sans fin. Mais le christianisme, et particulièrement le catholicisme, est lui aussi prisonnier des droits de l'homme et du relativisme culturel qu'ils impliquent. Et je ne parle pas des scandales de pédophilie et de la propagande haineuse dont le pape Benoît XVI est l'objet.

 

Pour l'islam, c'est un boulevard. Avec l'argent saoudien, tout devient possible : des mosquées immenses, des imams (wahhabites), des distributions de Coran, et éventuellement un soutien aux groupes armés comme en Bosnie, au Kosovo, en Tchétchénie. Les pétrodollars ré-islamisent des régions en voie de sécularisation : c'est le cas en Bosnie, au Kosovo, en Albanie, en Tchétchénie (où certains commencent à s'offusquer de l'arrivée de coutumes d'origine arabe). Ils ré-islamisent les populations de tradition musulmane immigrées en Europe, empêchant une intégration, qui n'est déjà pas aisé, dans les sociétés d'accueil, intégration qui passe nécessairement par une acculturation au moins partielle, et donc une laïcisation du mode de vie. On ne peut pas espérer vivre sereinement dans un pays en rejetant systématiquement la culture et les usages de ce dernier. L'Arabie Saoudite nourrit le communautarisme et la haine de l'Occident au sein des populations musulmanes. L'Arabie Saoudite (avec d'autres monarchies du Golfe) diffuse une image détestable de l'islam, et favorise l'islamophobie parmi les Occidentaux. Les Saoudiens encouragent et financent indirectement le choc des civilisations. La frustration des musulmans, rejetés en Occident, grandit, et avec elle, les appels à un djihad vengeur trouvent des échos auprès de certains. L'Arabie Saoudite et les pays de l'OCI (Organisation de la Conférence Islamique) ont produit une déclaration des droits de l'homme communautariste (alors qu'elle doit être universelle ou ne pas être), dans laquelle il est affirmé que la « Ummah islamique » est la « meilleure communauté ». L'article 1 présente les hommes comme unis par « leur soumission à Dieu » et rappelle qu'ils sont tous « sujets de Dieu » (1).

 

Je le dis franchement : les non-musulmans qui, en France et ailleurs, se font les avocats de l'islam sont, soit des ignares, soit des convertis. La « déclaration des droits de l'homme en islam » n'est pas un document confidentiel, c'est un texte officiel et ratifié comme tel par un certain nombre de pays à majorité musulmane. Ce texte établit clairement une hiérarchie entre les groupes humains et place les musulmans au-dessus des autres. Par conséquent, c'est la négation pure et simple des droits de l'homme qui « naissent et demeurent libres et égaux en droit » d'après l'article 1. Comment se fait-il qu'à l'ONU aucun pays ne soit monté au créneau pour dénoncer cette caricature des droits de l'homme ? J'invite les sceptiques à lire l'intégralité de cette déclaration (lien ci-dessous) et à en tirer les conclusions qui s'imposent.


Première partie de l'article:

http://blog-nationaliste.blog4ever.com/guerre-sainte-et-violence-chez-les-chretiens-et-les-musulmans-1

 

(1) http://islamhouse.com/fr/articles/223244/



13/10/2010
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