Nationaliste Social et Ethniciste

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Jean-Luc Mélenchon: entre mensonge et anachronisme

Jean-Luc Mélenchon est un homme curieux, qui a toujours éveillé en moi des sentiments contradictoires. L'homme est un orateur de talent. Son jacobinisme et son hostilité au régionalisme m'ont toujours paru digne de respect. Je l'ai longtemps cru attaché à la République sociale. Ces adversaires rappellent qu'il soutint le Traité de Maastricht en 1992. Mais sa vigoureuse campagne pour le « non » au Traité constitutionnel tendait à montrer qu'il avait changé d'opinion. Après tout, l'erreur est humaine. Sa rupture avec le PS me paraissait courageuse. Son alliance avec le Parti Communiste au sein du Front de Gauche laissait peut-être présager la création d'un mouvement républicain, jacobin, social et « souverainiste ». Mais la position de M. Mélenchon sur l'Europe n'apparaît pas très claire : il semble qu'il poursuive l'idée d'une Europe sociale et démocratique. Or les conditions nécessaires à l'exercice de la démocratie ne sont pas du tout réunies au niveau européen (voir l'article : « Pourquoi l'Union européenne est-elle anti-démocratique ? »).

Un matin, j'écoutais une émission télévisée dans laquelle Jean-Luc Mélenchon, seule voix discordante, s'en prenait à l'admiration généralisée que suscite le Dalaï-lama. Il présentait une analyse historique de quelque intérêt, en se demandant si le régime féodal et théocratique, non dénué de cruauté et d'oppression qui sévissait auparavant au Tibet valait vraiment mieux que la domination chinoise. Je continue à penser que les Chinois mènent une politique condamnable au Tibet, notamment une colonisation et une sinisation en règle qui n'ont pas grand-chose de commun avec la suzeraineté souvent nominale exercée durant les siècles précédents par l'empire chinois sur le Tibet. Mais j'admets que les arguments de M. Mélenchon sont dignes de crédit.

La méfiance vis-à-vis de l'homme naquit au détour d'une péripétie de campagne de Ségolène Royal, déclarant sa volonté d'adopter une méthode « dure » à l'égard de certains délinquants. Et voilà Jean-Luc Mélenchon outré, déclarant que la candidate s'adressait au « petit blanc », expression prononcée avec un net dédain. Il n'est pas venu à l'idée de M. Mélenchon que le « petit blanc » en question est éventuellement un membre de la classe ouvrière, celle-là même que Jean-Luc prétend défendre.

Il s'avère à l'usage que Jean-Luc Mélenchon est un républicain d'opérette, un jacobin de carnaval et un européiste à peine voilé. Sa République ? Purement abstraite. Pas de peuple enraciné, pas de nation historiquement constituée, ne serait-ce que dans les luttes sociales. L'identité nationale ? Elle se résume à un bout de papier, suffisant pour passer au guichet des allocations et aides sociales. La langue, l'histoire, le patrimoine français ? Mais voyons tout cela est réactionnaire ! Laissons cela à Le Pen et de Villiers. Les valeurs républicaines ? Oui, M. Mélenchon les aime mais il ne lui viendrait pas à l'idée de les imposer à certaines populations issues de l'immigration, qu'il considère peut-être comme un vivier d'électeurs potentiels. Sa conception de la laïcité républicaine est minimaliste. Il a daigné cependant condamner la candidate voilée du NPA, le parti d'un autre « guignol de gauche » (il y en a beaucoup), notre postier trotskyste préféré, Olivier Besancenot.

 

Mais voici l'extrait d'un discours tenu par M. Mélenchon le 1er mars 2010 à la Mutualité, dans le cadre de la campagne des Régionales(1) :

« Nous qui entendons la grande roue de l'histoire de nouveau faire entendre sa musique, quand les peuples cherchent de tous côtés comment sortir de l'impasse dans lesquelles on veut les enfermer, nous voyons, le mufle de l'ennemi de nouveau, souffler, ses humeurs fétides, regarder quelle est la solution, le problème c'est l'autre, le danger c'est le voisin, celui qui n'a pas la bonne couleur de peau, qui n'a pas la bonne religion ; la religion, la revoilà. Eh bien nous, nous avons un slogan, pas de religion en politique, pas de religion en politique, pas de religion en politique ! La religion est une affaire qui est dans le cœur de certains, et que comme telle nous respectons, mais elle n'a rien à faire dans l'arène politique, misérable qui l'a ramené, misérable qui a inventé des querelles grotesques sur ce qu'on sert dans un restaurant ou pas, comme si la laïcité avait à voir avec le hamburger, la laïcité c'est une institution de l'Etat, ça ne concerne pas les victuailles. Mais nous voyons bien ce qu'on veut faire, c'est faire prendre comme ils l'ont fait avant-guerre de manière infâme et jusqu'au meurtre de masse, contre les juifs, faire la même chose, la figure du bouc émissaire, avec tous ceux qui sont de religion musulmane ou supposés tels. Et ça nous les laïques nous ne le laisserons pas faire. »

Là, Jean-Luc Mélenchon va trop loin. Il a de bon reste de sa jeunesse à l'extrême gauche. Mais assez de mensonge ! Voici venu le moment de démonter cette rhétorique ignoble, dégoulinante d'humanisme sirupeux, cet humanisme dévoyé et illusoire (par exemple, les humanistes « de gauche » savent-ils que l'humanisme, le vrai, celui du XVI° siècle, était profondément chrétien ? Eux qui passent leur temps à vociférer contre l'Eglise catholique…). Ne tombons pas dans la caricature : en aucun cas, l' « autre », l'immigré, le basané, le musulman n'est le seul problème de la France présentement. Ceux qui pensent cela sont dans l'erreur. Il y a bien d'autres problèmes très importants à régler : lutte contre la construction européenne, entreprise anti-démocratique, contre le grand capitalisme mondialisé et anti-national, contre le consumérisme effréné qui abêtit le citoyen, contre la dégradation de l'environnement (quoi qu'on pense du réchauffement climatique, la pollution, elle, est une réalité). Mais de la même façon, ceux qui refusent de considérer l'immigration comme une source de problèmes font preuve d'un coupable aveuglement. Et qu'on ne vienne pas me dire que la question est seulement « sociale » ! Je connais des territoires ruraux défavorisés, où la délinquance et la violence ne sont certes pas absentes, sans jamais atteindre cependant le niveau inouï de déchaînement qu'on observe périodiquement dans les cités peuplées majoritairement de Maghrébins et de Subsahariens. Oui, Jean-Luc Mélenchon est aveugle et fait preuve de lâcheté dans son refus d'affronter ce problème.

« Pas de religion en politique » : mais vous avez raison, M. Mélenchon ! Sauf que ce n'est pas le FN qui est en train d'introduire cette question, mais bien certains musulmans ! Lisez donc les déclarations du Parti des Indigènes de la République (PIR), M. Mélenchon (voir l'article : « le néo-racisme a désormais son parti », les liens sont fournis à la fin). Et vous verrez si certains musulmans n'ont pas d'ambitions politico-religieuses. Savez-vous, M. Mélenchon, qu'il existe un Parti des Musulmans de France (PMF) ? Si ce n'est pas de la confusion entre religieux et politique, expliquez-nous ce que c'est, je vous prie.

« La religion est une affaire qui est dans le cœur de certains » : là encore, je suis de cet avis. Mais alors… Mais alors pourquoi diable certains musulmans adoptent de plus en plus des codes vestimentaires particuliers ? Vous l'avez dit vous-même, M. Mélenchon : ces gens se stigmatisent eux-mêmes. A partir du moment où la religion s'occupe de vêtir les femmes, de façon même à rendre impossible leur identification sur la voie publique, n'a-t-on pas quitté la sphère du « cœur » ? Alors oui, j'ose prétendre qu'il est légitime de craindre une telle religion, j'ose proclamer qu'il est justifié d'attaquer avec virulence cette croyance. Je pousserai même jusqu'à dire, comble de la « fétidité » idéologique je présume, que cette religion n'est pas une « bonne » religion (en admettant même qu'il y ait de bonnes religions sur Terre).

« Comme si la laïcité avait à voir avec le hamburger, la laïcité […] ça ne concerne pas les victuailles » : pauvre Jean-Luc ! Comment peut-on prétendre causer de religion quand on est si ignorant de la chose ?! En effet, M. Mélenchon, apprenez pour votre gouverne que les prescriptions alimentaires font partie intégrante de la religion, et sont même une des façons utilisées par les autorités religieuses pour contrôler la société. Le contrôle ne concerne pas que la tenue vestimentaire, mais aussi la nourriture. Rejeter l'un et accepter l'autre, n'est-ce pas contradictoire alors que ce sont deux aspects de la même règle ? Que diriez-vous, M. Mélenchon, si, au restaurant du Sénat (car vous étiez sénateur, je crois) on ne servait que du poisson, tous les vendredis, dans le but d'observer cet usage du christianisme catholique ? Etrangement, je suis certain que vous seriez indigné. Mais quand vous n'êtes pas concerné… Quel est le problème avec ce restaurant Quick du nord de la France ? Ce n'est pas nécessairement qu'il propose de la bidoche hallal, c'est le fait qu'il ne propose que cela. De la même manière que vous souhaiteriez avoir le choix, le vendredi au restaurant du Sénat, entre du poisson et un autre plat, des habitants de cette ville ont peut-être envie d'avoir le choix de manger hallal ou non ! Au nom de quoi des non-musulmans devraient-ils se plier aux prescriptions alimentaires d'une religion dont certains aspects sont fascisants (comme dans trop de religions d'ailleurs) et qu'ils ont moult raisons d'exécrer ? Ah, elle est belle la « vraie gauche » ! La Gauche courageuse, déterminée ! Eh bien oui, la laïcité a à voir avec les victuailles, la laïcité doit permettre à ceux qui le veulent de ne pas se plier aux prescriptions alimentaires de quelque religion ou secte politique que ce soit. Si je n'ai pas envie de manger hallal, personne n'a le droit de me l'imposer. De la même manière, personne ne peut m'obliger à manger cachère, « bio » ou végétarien. Il y a même des « végétaliens » qui ne mangent ni viande ni produit issu d'un animal (lait, œuf). Evidemment, vu leur manque de protéines, on ne saurait s'étonner qu'ils soient des décérébrés en phase terminale.

 

Mais le plus grave est dans la suite : « Mais nous voyons bien ce qu'on veut faire, c'est faire prendre comme ils l'ont fait avant-guerre de manière infâme et jusqu'au meurtre de masse, contre les juifs, faire la même chose, la figure du bouc émissaire, avec tous ceux qui sont de religion musulmane ou supposés tels ». Monsieur Mélenchon, cette assertion est mensongère, malhonnête et ignominieuse. D'abord, si l'antisémitisme fut virulent en France avant-guerre, il n'a pas conduit au « meurtre de masse » en France même : aux dernières nouvelles (mais peut-être que le Parti de Gauche a une nouvelle version à proposer ?) ce sont les nazis allemands qui ont conçu et mis en œuvre la Solution Finale. Je le confesse volontiers, des Français ont pris part à cette abomination en livrant des juifs aux Allemands. Oui, les autorités pétainistes ont organisé la rafle du vélodrome d'hiver comme le rappelle un film qui sort ces jours-ci. Doit-on en conclure que tous les Français, avant et pendant la guerre, ont considéré les juifs comme des boucs émissaires ? Combien de Français ont été assez naïfs pour croire que les seuls juifs étaient responsables de la crise économique, puis de la défaite ? Et le nom de Léon Blum, vous dit-il quelque chose, M. Mélenchon ? C'est bien une majorité d'électeurs (et des « petits blancs », des ouvriers, ne vous en déplaise) qui ont porté ce Français de confession juive au pouvoir. Alors assez de ces insinuations d'antisémitisme ! N'avez-vous rien trouvé de mieux ? C'est ainsi que vous grandissez la démocratie ?

La comparaison entre juifs des années 30 et musulmans des années 2000 est une parfaite aberration, pour plusieurs raisons. D'abord, dans les années 30, les juifs étaient quelques centaines de milliers, à comparer avec les 4 à 6 millions de musulmans, toute origine confondue, vivant en France à l'heure actuelle. Ce n'est pas tout à fait le même ordre de grandeur ! Les juifs des années 30 étaient des Français natifs pour beaucoup, dont les ancêtres vivaient sur le sol national depuis des générations. Les juifs d'origine étrangère n'avaient qu'un objectif : être français et de fervents patriotes. On ne peut pas dire que ce soit le cas de l'immense majorité des musulmans ou « supposés tels ». Mettre Marc Bloch dans le même sac qu'Houria Bouteldja, les intégristes en gandourah et les enfoulardées, il faut le faire ! Les juifs des années 30, pour beaucoup, n'avaient point été avares de leur sang lors de la Grande Guerre. Puisque vous aimez l'histoire, M. Mélenchon, je vous rappelle que les musulmans originaires d'Algérie viennent d'un pays qui a fait la guerre à la France pour acquérir son indépendance. On peut donc concevoir que ces gens n'aient pas le même rapport à la France que les juifs des années 30 ! Ah mais c'est vrai, vous auriez été du côté des « porteurs de valises », soutiens financiers du FLN dont on peut admirer aujourd'hui les résultats admirables du grand projet national algérien ! Dans les années 30, les juifs de France ne construisaient pas des dizaines de synagogues plus ou moins financées par l'Etat. Dans les années 30, M. Mélenchon, les juifs de France ne voilaient pas leurs femmes, ni ne réclamaient des boucheries cachère un peu partout. Dans les années 30, aucune bande composée de jeunes juifs frustrés ne semait la terreur en banlieue parisienne ou ailleurs. Aucun chanteur juif ne débitait des paroles insultantes à l'égard de la France. Votre minable comparaison n'a pas lieu d'être. Elle relève du mensonge et de la mauvaise foi. Ignorez-vous donc les déprédations commises par les tribus de délinquants « issus de l'immigration », M. Mélenchon ? Ignorez-vous les discours fort peu francophiles tenus par divers imams ? Refusez-vous donc de voir que, par leur silence même, de nombreux Maghrébins et Subsahariens se font complices des voyous et des intégristes ? Les musulmans et les immigrés maghrébins et subsahariens ne sont pas la cause de tous nos problèmes, loin s'en faut, mais certains d'entre eux sont un problème, et non des moindres. Vous, le prétendu jacobin, ne voyez-vous pas que les musulmans sont à la France de 2010 ce que les Vendéens étaient à celle de 1793 ? S'il y a une comparaison à faire, celle-ci est assurément plus pertinente. Mais le mieux est d'éviter les comparaisons, elles sont forcément fausses car l'histoire ne se répète jamais à l'identique (ne serait-ce que parce que les structures sociales évoluent sans cesse).

 

Jean-Luc Mélenchon est régulièrement taxé de « social-nationalisme » ou « social-souverainisme » par les nationalistes bretons de l'UDB (ce qui n'est pas une référence) ou par certains politologues comme Dominique Reynié (qui devrait en être une). Affabulation mystificatrice (ou mystification affabulatrice, au choix) que tout cela ! M. Mélenchon a glissé (s'il ne penchait pas déjà) vers un « social-européisme » dédaigneux de la souveraineté nationale. A moins qu'il soit un opportuniste de gauche en quête d'un créneau politique. Et comme le souverainisme de gauche a déjà sa figure de prou, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Luc s'est peut-être décidé à fonder une nouvelle chapelle. Quoi qu'il en soit, Jean-Luc Mélenchon est un ennemi de la France, de la République et de la nation. Il fait partie de ces gens pour lesquels l'idéologie passe avant son pays. Ainsi, nombre de gens sont plus « de gauche » que français. Et c'est sans états d'âme qu'ils sont prêts à sacrifier la France à leurs valeurs « de gauche » (qui, sans la France, n'existeraient peut-être pas). De la même façon, trop de gens sont plus « de droite » que français, tant ils sont disposés à ruiner une grande part du peuple français au nom de l'application aveugle des principes de l'économie capitaliste libérale. Pourtant, ils ont des exemples parlants sous les yeux : Etats-Unis, Argentine,… Mais non ! Il faut liquider les services publiques, il faut démanteler l'Etat républicain : les intérêts supérieurs du capitalisme libéral l'exigent ! D'autres encore sont tellement anti-sionistes ou anti-communistes qu'ils en oublient d'être français, eux qui se proclament si volontiers « nationalistes ». Pour ma part, je le confesse, je suis avant tout français. La droite, la gauche et leurs extrêmes respectifs ne m'intéressent guère. Je ne connais ni « peuple de gauche », ni « peuple de droite ». Je ne connais que le peuple français, et ses seuls intérêts retiennent mon attention.

 

(1) http://www.dailymotion.com/video/xcfgp3_et-ca-nous-les-laiques-nous-le-lai_news



19/03/2010
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