Nationaliste Social et Ethniciste

Nationaliste Social et Ethniciste

L'ère de la radicalisation

Je découvre une information qui fait froid dans le dos : à Gaza, le Hamas et le Jihad islamique viennent d'être visés par des attentats vraisemblablement perpétrés par la mouvance salafiste palestinienne [1]. Le Hamas (proche des Frères musulmans) et le Jihad islamique constituent déjà ce qui se fait de pire en terme d'islamisme dans la région. Je ne condamne pas l'hostilité viscérale de ces mouvements envers Israël, car si j'étais Palestinien, je serais certainement très anti-israélien et on peut le comprendre. Le côté « nationaliste » du Hamas et du Jihad islamique ne me dérange pas. En revanche, leur côté islamiste passe moins bien : j'ai lu que le Hamas avait supprimé Noël des fêtes officielles parce que « cela ne correspond pas à l'identité islamique du peuple palestinien ». Pourtant, il y a eu jusqu'à 15 % de chrétiens parmi les Arabes de Palestine... A Gaza, comme dans beaucoup d'endroits du monde musulman, les chrétiens subissent des brimades et des atteintes à leur liberté dans une indifférence à peu près totale. Les antisionistes, qui sont légion en France, font preuve d'un silence assourdissant sur la question. Indignation sélective. Évidemment, les dirigeants du Hamas qui contrôle la bande de Gaza sont suffisamment intelligents pour ne pas massacrer les chrétiens, ce qui nuirait à leur image et à leur cause. Ils préfèrent les vexations discrètes, l'éradication en douceur, pourrait-on dire. Mais le Hamas et le Jihad islamique sont bel et bien des organisations islamistes de la pire espèce. Et voilà que ces extrémistes sont débordés par plus extrémistes qu'eux ! Au moment où j'écris ces lignes, il n'y a aucune certitude, mais la « police du Hamas » oriente son enquête vers les milieux salafistes proches de l’État Islamique.

 

Et revoilà l’État Islamique (EI), cette pieuvre qui étend ses tentacules sur tout le monde méditerranéen. On connaît ses exploits en Syrie et en Irak : massacres de civils (chrétiens, musulmans, yézidis), exécutions collectives de soldats syriens et irakiens, destructions de sites archéologiques classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Une branche de l'EI sème le chaos dans le Sinaï égyptien, une autre tiendrait une ville libyenne. Les métastases de l'EI n'en finissent pas de se répandre dans tout le monde arabo-musulman. Et dans nos pays, tous les détraqués mentaux vaguement islamisés peuvent devenir des armes de guerre au service de la franchise EI. Cette dernière est un bon exemple de cette radicalisation du monde. En 1979, la Révolution iranienne installait les ayatollahs au pouvoir à Téhéran. Khomeini passait alors pour le Grand Méchant. Trente-cinq ans après, Khomeini passerait pour un homme bien élevé, pas un enfant de chœur, mais presque. En 2001, tout le monde se souvient des attentats spectaculaires des Tours jumelles. Le monde, frappé d'horreur, découvrait un nouveau Grand Vilain : il avait pour nom Oussama Ben Laden, et sa franchise s'appelait Al-Qaïda. Quinze ans après, cette dernière compte plusieurs attentats meurtriers à son actif et représente toujours une menace sérieuse : AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique), Al-Nosra en Syrie, sans parler de la branche yéménite dont se réclamaient les frères Kouachi. Et pourtant... En dépit de son palmarès impressionnant, Al-Qaïda est presque devenue ringarde. Al-Qaïda, c'était encore le « terrorisme à papa », un peu à l'ancienne. Avec l'EI, l'islamisme connaît une nouvelle tendance : la sauvagerie comme mode de propagande. Et il faut reconnaître que ça marche du tonnerre. On peut donc constater que depuis une trentaine d'années, l'islamisme, qui est déjà à la base un extrémisme, connaît une radicalisation croissante, où les anciennes organisations sont débordées par d'autres bien pires. On en arriverait presque à trouver le Hamas sympathique ! Et on assiste, en Syrie par exemple, à un rapprochement entre Frères musulmans et salafistes « modérés » pour contrer les ultra-salafistes de l'EI ! Pourtant, Frères musulmans et salafistes sont traditionnellement d'inexpiables ennemis...

 

Et sans aller jusqu'au Moyen Orient, la radicalisation des musulmans s'observe ici même, en France. Je lisais il y a deux jours que la pratique du ramadan concerne aujourd'hui 75 % des « membres de la communauté musulmane ». On pourrait d'ailleurs se demander si les gens qui ne pratiquent pas le ramadan sont d'accord pour être classés dans la « communauté musulmane », mais passons. Je suppose que cela signifie que trois quarts des gens originaires du monde musulman font le ramadan. Il y a quatre ou cinq ans, je me souviens avoir lu le chiffre de 70 %, et c'était 50 % il y a vingt ou vingt-cinq ans. Au sens strict, cette hausse de la pratique religieuse est une forme de radicalisation, car « radical » est un mot de la famille de « racine ». Si l'on excepte les natifs convertis, qui sont souvent très zélés mais ne représentent tout de même qu'une infime minorité des musulmans de France, les jeunes de tradition musulmane qui renouent avec la pratique religieuse (souvent rigoriste) cherchent bien à retrouver leurs racines. Certes, ces racines sont pour une bonne part une réinvention, une reconstruction, liées notamment à la lecture salafiste et wahhabite de l'islam. Il n'empêche que ces musulmans portent la barbe, la gandoura, le voile pour les femmes, respectent scrupuleusement les prescriptions alimentaires pour « faire comme au temps du prophète et des premiers musulmans ». C'est une forme de retour aux sources qui essaie de nier l'évolution historique des sociétés musulmanes et qui n'échappe pas à la tentation fixiste, c'est-à-dire de figer à la fois la lecture, l'interprétation du texte sacré et le mode de vie du croyant, dont l'idéal finit par se résumer à l'imitation servile des premiers musulmans, sans discernement. Je ne suis pas sûr, d'un point de vue purement théologique, que c'était là le souhait de Mahomet. Outre la vanité de cette entreprise (on ne revivra pas comme au VIII° siècle), on voit bien que cette idéologie fixiste, de négation de l'histoire, peut conduire au saccage du patrimoine et de la mémoire des peuples, hier à Tombouctou, aujourd'hui à Hatra et à Palmyre.

 

Mes lecteurs connaissent ma détestation de l'islam. Mais la radicalisation ne concerne pas seulement les musulmans. Prenons un exemple qui n'a rien à voir (quoique...) : le végétarisme. Cette mode n'est pas nouvelle, mais elle a pris une certaine ampleur à la fin du XX° siècle. De nombreux restaurants proposent des menus végétariens à présent. Je me souviens du végétarien lambda d'il y a quelques années : il ne consommait pas de viande, mais en revanche poisson, œufs et laitages faisaient partie de son régime alimentaire sans problème. Il est vrai que, si l'on est puriste, manger du poisson n'est pas végétarien. Alors a commencé à se développer un végétarisme véritable, orthodoxe pourrait-on dire : le végétalisme. Les végétaliens ne consomment ni viande, ni poisson, ni œuf, ni laitage, bref rien de ce qui provient de nos amis les bêtes. Ces orthodoxes ont cependant été « doublés » par plus intégristes qu'eux : les adeptes du véganisme. Les végans, outre qu'ils sont strictement végétaliens, ne consomment aucun produit issu de l'exploitation des animaux, y compris dans leurs vêtements, leurs produits du corps, etc. D'après l'article Wikipédia, les végans condamnent également le travail des animaux [2]. Ils sont donc contre les chiens d'aveugle, les chiens démineurs, les chiens secouristes,... Je le précise parce que ces gens passent généralement pour de doux rêveurs, les héritiers des hippies peace and love des années 70. Certains de mes proches me reprochent mon aversion pour ces gens, mais je persiste à penser que ce sont de dangereux obscurantistes. Quant à la règle qui veut que, soit disant, on n'ait pas le droit de juger les autres sans les connaître personnellement, je veux être très clair : je revendique haut et fort le droit d'avoir une opinion sur les choix, les options, les positions des autres. D'autant que ces derniers ne se privent pas d'avoir une opinion sur mes choix de vie ou de pensée : ne suis-je pas un mécréant, un « kâfir » aux yeux des musulmans parce que je consomme porc et alcool ? Ne suis-je pas un barbare, un tortionnaire, aux yeux des végans et des végétaliens parce que j'aime la viande, j'adore le foie gras et je refuse qu'on interdise la corrida (sans être aficionado) ?

 

Les motivations des végétaliens, pourtant, ne sont pas toujours blâmables : il est vrai que les élevages intensifs, nécessaires pour pourvoir en viande nos sociétés de consommation, posent de redoutables problèmes de pollution. Mais poser comme principe l'égalité entre tous les êtres vivants ou considérer les animaux comme une forme de prolétariat exploité par l'homme, c'est pour moi inacceptable. Par habitude, je me méfie des amis des bêtes, qui ont parfois la fâcheuse tendance, à mes yeux, d'aimer les animaux davantage que les hommes, lesquels sont considérés comme des intrus. Or, nos amis les bêtes ne sont pas « gentils » : les chats tuent les souris, les loups mangent les moutons et les panthères bouffent les zèbres. Avez-vous déjà vu une lionne mettre à mort un jeune gnou ou égorger une charmante antilope ? Ou un boa constricteur étouffer lentement sa proie et l'ingérer encore vivante ? Ce n'est pas joli à voir... Je suis désolé, mais les animaux ne sont pas des personnes morales. Tant que les végétaliens et les végans vivent leur idéal, chez eux et entre eux, ça ne me dérange pas. Mais lorsque leur choix de vie engendre un prosélytisme, parfois très agressif, et entraîne des exigences croissantes à l'égard des restaurations scolaires par exemple, alors là, je me dresse sans hésitation contre les intégristes de la cause animale. Et je les considère pour ce qu'ils sont : des puritains radicalisés, des rigoristes intolérants. Je ne prétends pas dicter aux autres leur mode de vie chez eux, mais il est bien évident que je n'accepterais pas comme invité un végan ou un végétalien, qui entendrait exiger que je lui serve des plats spéciaux pour lui. Je comprends qu'on n'aime pas tel ou tel aliment. Mais lorsque les interdits dictés par des opinions religieuses ou philosophiques s'invitent à table, pour moi, il n'y a plus de vivre-ensemble possible.

 

Enfin, je voudrais évoquer un dernier exemple de radicalisation : mon propre cas. En effet, l'honnêteté m'oblige à dire que je participe à ce phénomène général de radicalisation, dont je ne donne que quelques exemples dans cet article. Il y a une quinzaine d'années maintenant, lorsque j'ai atteint l'âge de me forger des convictions politiques, j'ai nourri une certaine fascination, je l'admets, pour les extrêmes. Extrême gauche, et surtout extrême droite. Je m'intéressais notamment à la « Nouvelle Droite » ainsi qu'à la mouvance identitaire. Je précise que cet intérêt est resté purement d'ordre intellectuel : je n'ai jamais pris contact, ni adhéré à un de ces mouvements. Il faut dire que je me destinais à être fonctionnaire, et la prudence m'incita à ne pas me compromettre. De toute façon, j'ai toujours préféré la réflexion, au calme, à la maison, que l'action. Le problème de l'extrême droite française, toutes tendances confondues, c'est la Révolution. Or, il se trouve que je suis un admirateur de la période révolutionnaire, j'ai toujours été très sensible à cet élan national et patriotique de l'an II, malgré les débordements que je ne conteste pas. Robespierre et Saint-Just restent pour moi des figures positives. De même, je suis plutôt jacobin, j'aime l’État, l'unité administrative du pays. Sans être bonapartiste, je suis également sensible à la grandeur napoléonienne. J'aime beaucoup la III° République également. Il est vrai que je suis plutôt mécontent de ce que la République est en train de faire de la France aujourd'hui, mais il y a un bel héritage révolutionnaire et républicain que je ne peux pas renier en tant que nationaliste. Je me suis donc éloigné de cette extrême droite, et j'ai adopté une position, disons de « souverainiste de droite », conservateur mais républicain et, au plan économique, étatiste plus que libéral, car je suis attaché à l’État-Providence. Cette position était la mienne lorsque j'ai créé ce blog.

 

Mais il y a toujours eu dans ma pensée des éléments plus... radicaux. Sur les questions d'immigration, de métissage, de multiculturalisme, j'ai dès le début tenu un discours de rejet qu'on peut rencontrer effectivement dans plusieurs secteurs d'extrême droite. Progressivement, la problématique s'est focalisée sur l'islam. Au début des années 2000, je pensais encore qu'un modus vivendi avec les musulmans était possible, pourvu qu'ils fissent un effort sur la laïcité et nous un effort pour les intégrer économiquement et accepter leur présence. Et puis, il y a eu les émeutes de 2005 qui ont entraîné chez moi un premier raidissement. Je suis devenu ouvertement islamophobe à ce moment-là, il y a dix ans. J'ai cessé de croire à la possibilité du modus vivendi et de l'assimilation. Les années passant, j'ai commencé à saisir la réalité d'une réislamisation à l’œuvre parmi les populations immigrées originaires du monde musulman. La méfiance s'est peu à peu transformée en haine. Une nouvelle étape a été franchie avec les attentats du 7 janvier dernier. J'ai mesuré, sur mon lieu de travail, le fossé qui existe entre les musulmans et nous. Aujourd'hui, le communautarisme, le sectarisme, le fanatisme, l'intolérance, toutes ces conséquences de l'influence salafiste s'observent chez un nombre croissant de musulmans, et pas seulement chez les intégristes. Aujourd'hui, je le dis, j'en ai assez : assez de voir des enfoulardées, des barbus en gandoura, assez d'entendre parler arabe dans la rue ou au supermarché, assez de voir du hallal partout, assez d'entendre « Allah Akbar » en toute occasion. De même, je ne supporte plus les discours moralisants et culpabilisants de l'immigrationnisme officiel [3]. Je n'ai plus aucune envie de connaître les musulmans ni de comprendre leur religion, je souhaite seulement qu'ils partent. Lorsque un mouvement comme Riposte Laïque a glissé, par islamophobie, de la défense de la laïcité à la défense d'une France chrétienne, j'ai désapprouvé cette évolution. Et j'ai pourtant fini par suivre le même chemin.

 

Sur cette question, il est indéniable que je me suis radicalisé, même si je n'ai jamais porté les musulmans dans mon cœur. Pendant un certain temps, j'ai cru que les musulmans avaient seulement un problème avec la laïcité. A présent, je pense que c'est beaucoup plus grave, et que les musulmans représentent un danger mortel pour l'identité de la France. Longtemps, sur ce blog, je m'en prenais surtout aux bandes de jeunes qui sèment la terreur dans les « quartiers ». Je pense maintenant que les musulmans dans leur ensemble, même ceux qui ont un travail ou un diplôme, qui sont intégrés économiquement, constituent une « cinquième colonne » de traîtres en puissance. J'ai peur, je l'admets. Les événements récents montrent que cette peur est légitime. Il est cependant difficile de transformer la peur en quelque chose de constructif. Le combat pour la laïcité n'est pas suffisant, parce que la question de l'islam est bien plus vaste. Ce n'est pas seulement la laïcité, c'est la sécularisation de notre société (et la liberté qui en est la conséquence) qui est en jeu, et qui me paraît menacée. Aujourd'hui, je suis en quête d'une introuvable identité nationale. Comment retrouver l'âme de la France sans adopter une posture réactionnaire ? Comment défendre la culture et l'histoire nationales dans une République qui tient de plus en plus un discours officiel multiculturel et repentant ? Dans ce contexte, certains sont tentés de tourner le dos à la République, et je les comprends jusqu'à un certain point. Pour ma part, il m'est impossible d'abandonner l'héritage de la Révolution et de la III° République. Du coup, je me retrouve tiraillé entre un pôle républicain, laïque, égalitaire, qui ne connaît que des citoyens abstraits, et un pôle identitaire, catholique et islamophobe, qui cède volontiers à la tentation ethniciste voire racialiste. Et l'honnêteté m'oblige à dire que l'équilibre est en train de se rompre au profit du second pôle. J'ai posé il y a quelques temps la question du recours à la force contre les musulmans (et je dis bien « musulmans » et pas « islamistes »). Je me suis même interrogé sur la pertinence d'actions illégales pour sauver la France. Tout cela constitue incontestablement un signe de radicalisation. On est toujours le produit de son époque...

 

 

Ce blog sera en sommeil à partir de la fin de cette semaine et durant les trois semaines suivantes pour cause de congé estival. Si des commentaires sont postés durant cette période, il faudra un peu de patience avant qu'ils apparaissent et que j'y réponde.

 

[1] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/07/19/une-serie-d-attentat-a-la-bombe-seme-le-trouble-a-gaza_4689679_3218.html

 

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9ganisme

 

[3] Ce soir aux « Informés de France Info » (où en général des ignares viennent répéter des poncifs éculés), Alexis Corbière affirmait, péremptoire : « 240 000 entrées annuelles sur le territoire, pour 210 000 sorties, c'est un solde migratoire très faible ». Mais, comme l'a fait remarquer la démographe Michèle Tribalat, il faudrait quand même se demander si ceux qui partent sont les mêmes que ceux qui rentrent... Parce que si chaque année 200 000 Maghrébins et Subsahariens arrivent pendant que 200 000 natifs ou assimilés partent, le bilan est loin d'être neutre sur la composition de la population française...  



20/07/2015
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