Nationaliste Social et Ethniciste

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L'Etat-nation, histoire d'une construction

L'Etat-nation est au coeur de la réflexion politique menée sur ce blog. Si fastidieux que cela puisse paraître, il est nécessaire d'apporter quelques éléments théoriques. On se penchera donc sur un schéma évolutif de la nation que je propose. Cliquer ici pour accéder au fichier.

 

Ce tableau évolutif de l'Etat-nation vaut surtout pour la France mais, avec quelques aménagements, il peut être adapté à la construction des Etats-nations voisins: Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni. Rappelons que l'Etat-nation est une construction politique distincte de la nation et de l'Etat. Il a toujours existé des nations sans Etat: c'est aujourd'hui encore le cas des Kurdes et des Inuits. A l'inverse, il s'est trouvé de nombreux Etats sans nation: ainsi l'Autriche, à l'origine  simple fief allemand du Saint Empire, est devenu une imposante construction monarchique regroupant de multiples nations, en totalité (Hongrois, Tchèques) ou en partie (Polonais, Roumains). Et entre les deux, nous trouvons des Etats qui, bien que s'appuyant sur une nation dominante, en regroupent plusieurs: on peut citer la Russie ou la Chine (ces Etats étant généralement d'anciens empires). Les cas sont donc nombreux et variés.

 

Le schéma proposé contient six stades. L'objectif de cet article est de replacer chaque stade dans une période précise de l'histoire de France.

 

Le stade pré-national correspond pour la France au haut Moyen Âge, c'est-à-dire à l'époque mérovingienne et au début de l'époque carolingienne. Car je suis désolé de dire que Clovis n'est pas le premier roi de France comme on l'entend parfois. Clovis a jeté les bases d'une tradition monarchique catholique dont la monarchie française sera plus tard une des héritières, ce qui n'est pas rien! Cette époque est caractérisée par la coexistence de différents peuples, et une législation propre à chaque groupe, renvoyant ainsi l'individu à son origine (parfois plus supposée que réelle). Il y a une loi pour les Francs, pour les Alamans, pour les Burgondes. Mais les Burgondes sont-ils les descendants des fédérés du V° siècle ou tous les habitants de la Burgondie? Toujours est-il que tous ces peuples se mêlent et, à la fin de l'époque mérovingienne, tous (ou presque) se nomment "Francs". Toutefois ce monde franc est divisé en entités dont les contours sont très mouvants: les principales sont la Neustrie, l'Austrasie et la Burgondie. Les différences culturelles et linguistiques sont importantes: on parle latin en Neustrie et Burgondie mais le francique domine en Austrasie. La religion, chrétienne et catholique, est le ciment de ce monde franc. La stabilisation démographique commence en réalité dès le règne de Clovis et l'époque mérovingienne est la lente "digestion" des grandes migrations du V° siècle.

 

Le deuxième stade, celui de la genèse de l'Etat-nation, commence pour la France dans la deuxième moitié du IX° siècle, lors de la liquidation de l'empire de Charlemagne. Si le traité de Verdun de 843 voit bel et bien la première esquisse du royaume de France médiéval, on retiendra le règne de Charles III le Simple (893-923) comme étape majeure, puisqu'il n'y aura plus après lui de partage du royaume, même sous les derniers Carolingiens (alors qu'il y eut encore partage, entre 879 et 882, entre Louis III et Carloman). De plus, c'est sous Charles III, en 911, que les Normands s'installent dans ce qui deviendra la Normandie, et il s'agit là de la dernière migration importante du haut Moyen Âge. En France, la construction de l'Etat précède la construction de la nation. Tout le reste du Moyen Âge est utilisé par les Capétiens, à partir de 987, pour développer et renforcer cet Etat en abaissant les pouvoirs locaux et régionaux nés de la féodalité. Lorsqu'arrive la Renaissance, l'Etat est là. La nation, elle, commence à émerger. Son émergence est permise par la stabilité d'une population qui croît d'elle-même et ne reçoit que des apports ponctuels de l'étranger. Elle est permise par la remarquable continuité dynastique, en dépit des crises et des épreuves. A la Cour, dans l'entourage du roi et des princes de sa famille s'élabore une culture, une langue, qui s'impose progressivement, par cercle concentrique autour de l'axe Paris-Orléans, coeur du domaine royal. L'édit de Villers-Cotterêts de 1539 est une étape importante dans la promotion d'une langue nationale.

 

Pour le troisième stade de l'Etat-nation français, sa maturité, il est difficile de donner un point de départ. J'opterai toutefois pour le règne personnel de Louis XIV (1661-1715) qui, dans le domaine culturel, fonde une véritable culture nationale... toujours enseigné dans les écoles puisque Molière, Racine et La Fontaine sont toujours des grands classiques. La codification de la langue, commencée sous Louis XIII (1610-1643) avec la création de l'Académie française, s'achève. L'Etat se renforce. Le cadre territorial de la nation française acquiert également ses contours durables à la fin de l'Ancien Régime. La construction d'une conscience et d'une unité nationale s'accélère prodigieusement avec la Révolution et l'Empire. A ce moment, la nation française n'échappe pas à la tentation messianique, et finalement impérialiste. Ce stade de maturité connaît une nouvelle étape décisive sous la III° République avec les lois scolaires de Jules Ferry (1881-1882). L'immigration est importante à partir de la seconde moitié du XIX° siècle, mais la vitalité du modèle national est telle (en France et ailleurs) que ces immigrés s'intègrent rapidement malgré une xénophobie endémique.

 

Le quatrième stade, celui de la désagrégation de l'Etat-nation, commence à mon sens avec la période noire de 1939-1962. En 23 ans, la nation française est vaincue ou humiliée en 1940 par les Allemands, en 1954 par les Viêtnamiens, en 1956 lors de l'expédition de Suez et encore en 1962 face aux Algériens. La nation est durablement divisée lors de l'Occupation (une partie des élites, notamment "nationalistes" ce qui est un comble, collaborent) et de la décolonisation. Mai 68 marque une nouvelle étape de la désagrégation nationale qui se poursuit jusqu'à nos jours. Elle a connu une accélération à partir des années 80 avec la diabolisation du Front National qui a entraîné par la même occasion le discrédit du nationalisme et de l'amour de la patrie, à tel point qu'aujourd'hui "nationaliste" est pour beaucoup de citoyens synonyme de "fasciste", "nazi" ou "frontiste". L'intégration européenne, la régionalisation et une immigration incontrôlée achèvent l'affaiblissement de l'Etat-nation. Quant à l'identité nationale, elle est mise à mal par des élites "mondialisées" et des minorités qui usent à présent de lois mémorielles pour réécrire l'histoire et noircir à l'excès le passé de la France.

 

Le cinquième et le sixième stade sont des prévisions. Le stade post-national est ce qui nous attend d'ici quelques années si rien n'est fait. L'autre, celui que bien évidemment j'appelle de mes voeux, peut nous épargner la destruction de la patrie et nous rendre fierté, liberté et grandeur de la France. Mais les Français se résoudront-ils à prendre quelques mesures "dures" pour empêcher le désastre? Souhaitons-le...



29/03/2009
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