Nationaliste Social et Ethniciste

Nationaliste Social et Ethniciste

La complainte du déshérité

Ce long texte a été rédigé avant la création de ce blog. Il exprime la révolte et le désespoir qui ont conduit à la naissance du blog, par réaction, par refus de la fatalité. Je le livre tel quel, amputé cependant de la fin.

 

La France a changé. Tout le monde ou presque s'en réjouit. D'ailleurs qui oserait s'en offusquer ? Des réacs attardés je gage. Donc la France a changé. Cela ne date pas d'hier. Depuis la fin du XIX° siècle, la France a recouru à une immigration importante. Au bout de plus d'un siècle, la France est logiquement devenue ce qu'il convient d'appeler « un grand pays d'immigration ». Et c'est tant mieux, seuls les idiots diront le contraire. Le brassage enrichit le patrimoine génétique et renforce les défenses immunitaires, c'est bien connu. On estime, sans preuve véritable ni étude valable, que « un quart à un tiers des Français a au moins un grand-parent immigré ». Les immigrés qui, soit dit en passant, ont extrait le charbon de nos mines, ont construit nos bâtiments, ont travaillé dans nos usines pendant que les natifs, eux… eh bien, on ne sait pas trop ce qu'ils faisaient. M. Noiriel, historien en chef de l'immigration, nous explique dans un atlas de la collection autrement tout ce que nous devons à l'immigration. Et Dieu sait que nous lui devons beaucoup. Avec l'arrivée de nombreux immigrés extra-européens à partir des années 60, une nouvelle France a émergé. Cette France est parfois appelée « black-blanc-beur », ce qui n'est pas très gentil pour les immigrés d'origine chinoise, vietnamienne, laotienne, etc.… Pourquoi pas une France « black-yellow-beur » ? Ce serait plus juste. Certains de nos politiciens réfléchissent à une VI° République qui serait « en harmonie avec les exigences d'une modernité progressiste ». Si j'ai une suggestion à faire, c'est celle-ci : vous vous trompez de problème ! Ce n'est pas le numéro de la République qu'il faut changer, mais le nom du pays. Le mot « France » renvoie au peuple des Francs, un peuple « blanc ». Or, c'est le moins que l'on puisse dire, les « blancs », disons plutôt les natifs, n'ont pas le beau rôle dans l'histoire de ce pays. Voyez plutôt : ils ont mené les croisades contre l'incomparable civilisation de l'islam médiévale, ils ont déporté des millions d'Africains innocents aux XVII° et XVIII° siècles, ils ont colonisé et exploité sans vergogne les paisibles Maghrébins et à nouveau les innocents Africains aux XIX° et XX° siècles. Et pour terminer, à la fin du XX° siècle, ils ont tout fait pour empêcher l'émergence de la nouvelle France, cette France d'avenir issue de l'immigration. Pour résumer, les natifs ont été successivement et parfois simultanément croisés, esclavagistes, colonisateurs, racistes et xénophobes. De quel droit ces gens-là continueraient-ils à donner leur nom à un pays qui, à l'heure actuelle, ne leur doit rien ou presque ? Il est même plus que regrettable que le tribunal pénal international de La Haye ne condamne pas, ne serait-ce que symboliquement, ces criminels et leur histoire. Quel nouveau nom pourrait-on trouver ? « République multicolore », « République multiethnique », « République multiculturelle », « République cosmopolite » ou peut-être « République de la Terre d'accueil » ? La nouvelle France a cette chance incroyable d'être devenue une synthèse du monde entier : des femmes africaines aux robes bariolées croisent de sévères oulémas en gandourah blanche, des Tziganes aux pieds de leurs rutilantes caravanes voisinent avec des bonzes sortant de leurs pagodes. Tout le folklore du monde réuni en un endroit de la Terre, lieu d'échange, de dialogue et de tolérance. Si le paradis existe, il ressemble à n'en pas douter à la nouvelle France, plurielle, métisse, riche d'une diversité infinie. La nation, concept réac, a enfin été mise au placard. Et M. Lévy, le meilleur penseur du pays, jubile. Dans ce contexte, il n'était pas convenable que les programmes d'histoire ne changent pas. Il n'est pas question que l'on continue à enseigner l'histoire des natifs, au demeurant de moins en moins nombreux et destinés à se fondre dans la République métisse. Cette histoire, je viens d'en parler : pas de quoi se vanter. Heureusement les choses évoluent. Lentement. Trop lentement. Mais elles évoluent : ainsi, dans le programme de 6ème, la part consacrée à la Grèce et à Rome est réduite au profit des civilisations d'extrême orient et de l'islam médiéval. C'est normal et légitime : la France nouvelle doit plus au Mali et à Mahomet qu'à Périclès et à Rome. Au demeurant, y avait-il vraiment quelque chose avant l'immigration ? On peut en douter.

 

A présent que l'on s'est mis en conformité avec les censeurs de tout poil en résumant la pensée « humaniste », on va dire un mot de l' « autre » France, l'ancienne France, celle des réacs, qui heureusement agonise. La France, c'était mon héritage. L'auteur de ses lignes, en effet, n'a pas la chance d'être « issu de l'immigration », selon l'expression consacrée. Il a eu beau fouillé dans son arbre généalogique, jusqu'au milieu du XIX° siècle, et même avant, rien à faire. Tous Français. Presque tous. Car l'on décèle une famille venue de… Belgique wallonne, ce qui la rend bien difficile à reconnaître dans un arbre généalogique français ! Au demeurant, on peut toujours prétendre que la Wallonie est une terre irrédente française. Evidemment, à l'heure où l'on est « tous fils d'immigrés » sous peine d'être fasciste, il n'y a guère le choix qu'entre le suicide et la chemise noire. Mais bon. La France, disais-je, était mon héritage, le bien pour lequel ceux qui m'avaient précédé avaient versé leur sueur et leur sang, un bien qu'ils s'étaient efforcés, bon an mal an, de transmettre à ceux qui suivaient. Oh ! La vie n'avait pas toujours été facile. Des siècles durant, ils avaient dû arracher leur maigre pitance à une terre pas toujours généreuse. Aux XVII° et XVIII° siècles, aussi loin que l'on puisse remonter, on en trouve qui bouffaient des châtaignes dans les Cévennes, âpres terres qu'ils quittèrent pour le rivage méditerranéen ; d'autres louaient leurs bras dans le Bourbonnais. Au XIX° siècle, d'autres encore sont paysans, en Touraine ou dans le Maine. Certains, dans le Limousin s'en vont déjà comme maçons à Paris. Durant tout ce temps, lesquels d'entre eux ont vu l'or de la traite négrière ? Lesquels d'entre eux ont profité de la colonisation ? S'est-on déjà demandé quelle proportion de la population française, composée à 80 % de paysans, a profité de l'esclavage sous Louis XIV ? 1 % ? 2 % ? Pendant que de colossales fortunes s'édifiaient à l'ombre des mâts bordelais et nantais, les paysans français mourraient de faim dans les dernières années du règne du Roi soleil. Quant à la colonisation, aucun de mes ancêtres ne s'en est allé faire fortune en Algérie, au Tonkin ou ailleurs. Ont-ils reçu l'argent de la vente des bois précieux d'Indochine ? Non. Ont-ils profité des mines d'Afrique ? Non. Paysans ils étaient, paysans ils restèrent, pour la plupart jusqu'à la première moitié du XX° siècle. Alors les uns commencèrent à entrer dans l'armée, tandis que d'autres, se rapprochant des villes, allaient faire le travail des prolétaires : domestiques dans les hôtels de Vichy au temps du thermalisme triomphant des années 30, fabricants de chaussures ou de meubles à Tours. A partir du milieu du XX° siècle, il est vrai que beaucoup intégrèrent la fonction publique : SNCF, PTT, enseignement. Et alors ? M. Noiriel s'épanche sur les conditions infâmantes des immigrés de l'entre-deux-guerre. S'imagine-t-il donc que la vie était facile pour les natifs ? Ceux-là aussi ont connu leur lot de misère, les fins de mois difficiles, la peur du lendemain, les logements insalubres. Plutôt que de geindre, ils ont travaillé, ils s'en sont sortis, profitant des opportunités des années 50 et 60, et des progrès de la scolarisation. Ils ont aussi connu la guerre. Deux guerres. Celle de 14-18, où plusieurs ont servi dans les tranchées. Bilan : 1 300 000 morts. Dans chaque village de France, les listes nominatives des monuments aux morts témoignent que les natifs n'ont pas fait leur devoir par procuration, en envoyant des immigrés mourir à leur place. Quatre ans. Quatre ans dans les tranchées, dans la boue, au voisinage des cadavres, sous les obus de l'ennemi teuton. Quel immigré des années 30 a subi pire en France ? Puis mes ancêtres ont connu la guerre de 39-45, la défaite, l'humiliation, l'occupation. Ils n'ont pas résisté. Ils n'ont pas livré de juifs. Ils n'ont pas collaboré. Désemparés devant les ruines fumantes de leur pays, ils ont prudemment attendu la libération. Il a pourtant fallu survivre dans une France pressurée par l'occupant. Et ça n'a pas été facile. Le Français emblématique de la guerre 39-45, ce n'est pas Jean Moulin. Ce n'est pas Pierre Laval non plus. C'est le Pierre Perret du film Les Patates. Un chef d'œuvre, qu'on ferait bien de montrer en classe. Ni salaud, ni héros, le Français de l'occupation s'accroche simplement à la vie. Puis la décolonisation. Encore deux guerres. Des milliers de morts. Le peuple algérien voulait son indépendance ? Quoi de plus naturel ! Mais alors, pourquoi diable fuir une indépendance chèrement acquise pour venir se faire exploiter par l'ancien colonisateur ? N'y avait-il donc aucune autre solution ? On n'a pas dû beaucoup chercher.

 

La France était mon héritage. Mais voilà qu'une nouvelle génération arrivait à maturité à la fin des années 60. Mieux scolarisée, mieux formée, cette génération promettait d'accomplir enfin le vieux rêve républicain, une nation de citoyens éclairés. Las ! Ils firent pire que leurs ancêtres illettrés ! Le fruit était véreux. En deux décennies, ces enfants gâtés et capricieux mangèrent tout le gâteau que cinquante générations avaient patiemment confectionné. Ils décrétèrent qu'avant eux, il n'y avait rien eu que l'obscurantisme et l'autoritarisme. Mais ils firent plus : par plein bateaux, ils invitèrent les Maures et les Sarrasins à venir partager le gâteau. Et même lorsque les parts se firent moins grosses à partir des années 80, les migrants continuèrent à affluer. Aujourd'hui, il n'y a plus de gâteau. Mais la plèbe « issue de l'immigration », elle, est toujours là. Elle grossit. Et elle veut encore du gâteau. Pour en avoir, elle est prête à brûler des voitures, à affronter la police. Sa part, elle y a droit. N'a-t-elle pas été opprimée par les natifs ? On discute beaucoup du legs de mai 68. La vraie coupable, c'est la génération qui a eu 20 ans dans les années 70. Celle-là est toujours aux commandes. Elle m'a privé de mon héritage, préférant l'offrir aux « indigènes », les opprimés de jadis. Anticatholique, elle a pourtant fait pénitence plus que toute autre génération avant elle. Grâce à elle, je vais travailler jusqu'à 75 ans dans une France d'apatrides pour payer les allocations familiales des intégristes et des polygames immigrés. Merci. Du fond du cœur, merci. Heureusement que je ne vivrai pas si vieux. Sur l'immigration, « le grand défi de notre temps », j'entends essentiellement deux discours. D'abord le discours utilitariste, que l'on trouve plutôt à droite. Le patronat hausse les épaules. Bien sûr, il regrette. Mais c'est une nécessité. 700 000 postes à pourvoir. Les sans-papiers, c'est mieux, ça coûte moins cher, et puis la CGT, pour eux, c'est une marque de cigarettes… Comme la restauration et le bâtiment, on ne peut pas les délocaliser dans le tiers-monde, qu'à cela ne tienne ! On fera venir le tiers-monde en France. Comme le rappelle judicieusement M. Noiriel, les immigrés ont construit 90 % de nos autoroutes. Par conséquent, aucun pharaon égyptien n'a construit de pyramide, aucun empereur romain n'a construit d'amphithéâtre : ce sont des esclaves qui les ont construits, et qui sait ? Des immigrés peut-être déjà. Manifestement, M. Noiriel devrait revoir la signification du verbe « construire ». Car les autoroutes ont été décidées par le gouvernement et construites avec l'argent des Français natifs. Les immigrés n'ont pas travaillé pour rien. Celui qui construit, c'est celui qui décide et qui finance. Parenthèse sémantique fermée. Donc l'immigration, une fatalité. Un impératif économique pour « conserver à la France son dynamisme et sa compétitivité ». Ensuite, le discours mystique sur l'immigration. A gauche surtout. Mais pas seulement. Il est étonnant d'entendre des gens de la gauche dure tenir un discours quasi religieux sur l'immigration, présentée comme le « salut » de la France, le mot n'est pas trop fort. Il y a sous-jacent l'idée d'une France corrompue par l'obscurantisme et l'autoritarisme, plus communément appelés nationalisme et fascisme. C'est l'ancienne France, issue de la paysannerie, qui est porteuse de cette corruption. Dans l'idée de ces gens, l'immigration a un caractère purificateur : il s'agit bel et bien, par le biais du métissage, de « laver » les péchés de l'ancienne France. Ces péchés étant les croisades, l'esclavage, la colonisation, le racisme et la xénophobie, vous vous en souvenez. Reconnaissons la parfaite cohérence du raisonnement. Et c'est bien pourquoi il a le succès qu'on lui connaît. A bien des égards, l'immigration est devenue un dogme. Chez les économistes libéraux comme chez les gauchistes libertaires.

 

La France a changé. Mais est-ce encore la France ? On pourrait discuter de l'impact qu'a le changement progressif de substrat ethnique sur la représentation de la nation, disons « l'identité nationale » puisque c'est à la mode. Ce serait poser la question de la place de l'identité « ethnique » au sein de l'identité nationale. A mon sens, cette place est minorée en France, et il y aurait beaucoup à dire. Bref. Comme je n'ai pas l'immense privilège d'avoir des ancêtres immigrés, je suis bien contraint de faire parti de l'ancienne France. J'aurais pu, comme certains le font, m'inventer un ancêtre résistant ou faire amende honorable en traitant mes aïeux de salauds et de fascistes. J'aurais pu. Mais je le confesse, le cœur m'a manqué. J'ai de l'affection, moi, pour cette ancienne France rurale, pingre et chauvine. Bon. Pas de quoi se vanter me direz-vous. Seulement, je suis très bête, je le dis pour ceux qui, après avoir lu tout ce que je viens d'écrire, en douteraient encore. J'aurais pu être bête et gentil. Mais non. Je suis bête et méchant. Je suis nationaliste. Un nationaliste à part. Atypique (on entend souvent ce mot). Un nationaliste de synthèse. Ni lepéniste, ni villiériste, ni chevènementiste. J'admire les grands rois du passé. Philippe Auguste, Saint Louis, Louis XI, François I°, Louis XIV, de tous ces noms, je m'enorgueillis. Je m'incline devant les rassembleurs des terres françaises. J'aime la République. Je révère Robespierre et Saint Just. Je ne renie pas l'empire. Napoléon I et III ont ma sympathie. Gambetta (un fils d'immigré), Clemenceau, Blum ont toute mon affection. Je respecte De Gaulle sans l'idolâtrer. Comme on le voit, il y a place, dans mon panthéon nationaliste pour beaucoup d'hommes de sensibilité diverse. Je crois sincèrement qu'ils ont tous aimé la France. A leur manière. A leur manière aussi, ils se sont efforcés de lui donner grandeur et cohésion. Chacun dans son style. En bon nationaliste (en admettant qu'un nationaliste puisse être bon), je me suis intéressé à la définition de « nation ». Puisque la nation est au nationaliste ce que la sainte trinité est au chrétien, il faut savoir de quoi on parle. En Europe, deux grandes définitions ont cours. Celle de l'ennemi teuton : une nation fondée sur la langue, la culture et… on serait tenté de dire la « race ». Il faut nuancer. Volk en allemand est assez difficilement traduisible. Il signifie « peuple » mais avec une connotation ethnique. Pour le voisin germanique, la nation est une donnée culturelle et naturelle. Dans la définition française, la nation est plutôt une donnée politique. Certains s'étonnent de l'attachement des Français au centralisme jacobin. Ils n'ont pas compris que c'était un des aspects majeurs de notre identité nationale. Pour la nation « à la française », les trois piliers sont : la volonté de vivre ensemble (donc de constituer une entité politique), des valeurs communes et une histoire commune. Le premier pilier est très commode pour défendre l'immigration. Ils veulent vivre en France ? Qu'ils viennent, leur volonté de vivre ici s'accorde parfaitement avec notre conception de la nation. Au passage, personne n'a noté que ces gens, s'ils désirent effectivement vivre en France, ne veulent pas nécessairement vivre avec les Français (de l'ancienne France). Je renvoie pour cela aux textes haineux des rappeurs « français ». Leur volonté de vivre ensemble laisse rêveur… Très commode, malgré tout, ce premier pilier. Tellement commode qu'il a annihilé les deux autres, alors que les trois sont indissociables, pour un nationaliste orthodoxe, cela va de soi. Il y aurait beaucoup à dire sur les « valeurs communes ». Prenons deux valeurs éminemment républicaines : la liberté et l'égalité. Pour ce qui est de la liberté, je constate que l'usage d'un vocabulaire injurieux à l'égard des minorités, tels que les mots « bougnoules » ou « nègres », est proscrit alors même que les textes des rappeurs, qui sont parfois d'une violence inouïe, sont tolérés. J'en déduis, en idiot que je suis, que la liberté d'expression est devenue l'obligation de se taire pour les uns et le droit d'insulter pour les autres. Rien qui apparemment dérange Mm. Noiriel, Lévy et leurs amis intellectuels. L'égalité à présent. Certaines dispositions de la loi française me laissent songeur : le caractère raciste ou antisémite, ou homophobe d'une agression est une « circonstance aggravante ». Dit comme cela, ça passe. Mais si on y réfléchit, cela signifie qu'un natif qui casse la jambe d'un Arabe, c'est « plus grave » qu'un Arabe qui casse la jambe d'un natif ! Cela veut dire qu'un natif qui met un noir dans le coma est plus condamnable qu'un noir qui met un natif dans le coma ! Ce qui signifie, car il faut aller au bout du raisonnement, qu'au fond, un Arabe, un Africain, un Juif ou un homosexuel ont plus de valeur qu'un natif (non-homosexuel s'entend) dans la nouvelle France. Quand on sait par ailleurs que 50 à 60 % des détenus en France sont « d'origine maghrébine ou africaine » (les chiffres sont ceux de l'administration pénitentiaire), on serait tenté de se demander qui agresse qui le plus souvent… J'ajoute que pour ma part (mais, faut-il le rappeler, je suis bête) que la compatibilité entre le principe d'égalité et la « discrimination positive », qui se développe, ne m'apparaît pas clairement. Je reste perplexe devant cette étrange alliance de mots. Voilà ce qu'est l'égalité en France aujourd'hui. Mais personne n'a honte. Je note également que la laïcité, qui ne fut longtemps combattue que par une poignée de catholiques traditionalistes, provoque moult débat avec la communauté musulmane « issue de l'immigration ». Passons. En tant qu'historien, c'est le troisième pilier qui m'intéresse le plus et sur lequel je vais quelque peu m'attarder. Ce que M. Noiriel, secrétaire en chef du politburo immigrationniste, et tous ceux qui pensent comme lui ne comprennent pas, c'est que si les Français ne communient pas un minimum autour de quelques grandes figures historiques, alors il n'y aura plus d'unité nationale. Je les interroge, les économistes, les démographes, les intellectuels, tous les tenants de la nouvelle France. Où est l'histoire commune ? Où sont les grands héros du passé ? Il est bien évident que depuis toujours le passé de la nation divise : les uns maudissent 1792, les autres l'encensent. Malgré tout, il me semble que la grande majorité des Français, devenue républicaine à la fin du XIX°, avaient fini par s'accorder sur quelques grandes figures : Philippe Auguste, Jeanne d'Arc, Louis XIV, les soldats de l'an II, Napoléon. On se reconnaissait globalement dans les grandes heures de la nation. Et plus encore, les malheurs du XX° siècle avaient soudé la communauté nationale. En France, on était « tous fils de poilus ». Et aujourd'hui ? J'aimerais qu'on m'explique comment des Maghrébins, des Africains et des Asiatiques vont se reconnaître dans ce qu'on fait Philippe Auguste, Louis XIV ou Napoléon. Philippe Auguste ? Un roi « blanc » qui a pris les armes pour agresser l'incomparable civilisation islamique. Louis XIV ? Un roi « blanc », négrier de surcroît, qui a enrichi la France grâce au commerce triangulaire. Napoléon ? Le restaurateur de l'esclavage dans les Antilles. Et ainsi de suite. L'ancienne France n'a fait que réduire en esclavage et coloniser. Honnie soit son histoire ! Il faut qu'elle paye. Et elle paye. L'ancienne France correspond pour l'essentiel à la classe moyenne, issue de la paysannerie française, porteuse des « péchés » que vous savez. Il est logique qu'elle soit pressurée pour distribuer du pain et des jeux à la plèbe immigrée. Je bosserai jusqu'à 75 ans pour que les Africaines puissent élever leurs huit ou dix mômes. Depuis les années 90, on est entré dans l'ère des « concurrences mémorielles ». La nouvelle France n'a pas d'histoire, mais ce qui unit ces hordes d'outre-mer, c'est la haine (le mot n'est pas trop fort) du passé de l'ancienne France. Ainsi nous avons un jour pour commémorer l'esclavage, un autre pour les crimes de Vichy, bientôt pour la torture en Algérie. Il est à craindre que 365 jours par an ne suffisent plus. Et Mme Taubira avec sa clique est « en colère ». 160 ans après l'abolition de l'esclavage, la vieille France doit encore faire pénitence : des monuments, des mémoriaux, des commémorations, des réparations financières même ! On pourrait en sourire. Hélas c'est vrai. Qu'ai-je fait ? La nation française a commis des crimes ? Soit. Qu'on me présente un seul peuple innocent sur toute la surface de la Terre, un seul peuple qui n'ait pas de sang sur les mains. Celui-là pourra nous juger. La nouvelle France tend de plus en plus à imposer sa propre histoire : avant elle, le mal, le mal absolu représenté par l'esclavage, la colonisation, l'antisémitisme, le racisme et la xénophobie ; avec elle, la rédemption, la diversité, le métissage, la tolérance. Tout cela avec le soutien sans faille des partisans de l'immigration salvatrice. Plus d'histoire de France. Donc plus de France. Je ne connais aucun ami qui me demanderait d'avoir honte de mon pays, de maudire son histoire, de renier mes aïeux. Pendant ce temps-là, la vieille France se déchire plus que jamais. Elle pourrait avoir l'intelligence d'offrir un front commun à l'ennemi. Mais non. Chez De Villiers, on maudit 1789 et la République, on réclame pénitence pour le « génocide vendéen » comme les autres réclament pour l'esclavage et la colonisation. Pourquoi les immigrés s'en priveraient-ils ? Puisque les natifs sont assez bêtes pour donner l'exemple de la concurrence mémorielle ! Chez Le Pen, on adore gloser sur la deuxième guerre mondiale. Par contre, d'un bout à l'autre de l'échiquier politique, tout le monde s'accorde pour en condamner certains : Robespierre est un terroriste, Saint Just un fasciste, Napoléon un massacreur despotique. De Gaulle est un exemple frappant : haï par la gauche, méprisé par la droite libérale antijacobine, détesté par la droite conservatrice et nationaliste. Une damnatio memoriae de synthèse en somme. Les héros d'hier sont aujourd'hui voués aux gémonies. Plus de panthéon national. Donc plus de nation. Ainsi les natifs se sont divisés en de multiples chapelles, avec chacune ses héros, ses idoles, ses martyrs. Face à une telle division, il n'est guère étonnant que la nouvelle France marque des points. D'autant que des intellectuels comme M. Noiriel sont payés par la République française avec les deniers du contribuable (qui a financé les autoroutes) pour diffuser la haine de l'ancienne France. Tout cela pour une insulte dans une cours de récréation… Je suis perplexe devant l'attitude de ces gens qui, inutiles au plan économique, orchestrent de grandes campagnes pour dénigrer l'Etat qui les nourrit. Certes, je récuse l'excès de servilité et la tentation de l' « histoire officielle ». Est-ce une raison pour oublier ce que nous devons à la France et à la République ? Sachez, M. Noiriel, que la France républicaine nous a donné la liberté quand nous n'étions que des serfs. Elle nous a donné l'instruction quand nous n'étions que des illettrés. Elle nous a donné l'espoir de nous élever dans la société par nos mérites. Je pourrais, comme vous, cracher dans la soupe, dénoncer les « camps de la honte » où les immigrés des années 30 étaient parqués. Je pourrais. Mais moi je suis fidèle à la terre de mes pères, la terre qu'ils ont aimée et défendue, la République qu'ils ont servie, et qui a amélioré leur situation. Même les chiens ont la reconnaissance du ventre. On notera au final, non sans dépit, que les natifs sont autant responsables que les immigrés de la dissolution de la France.

 

Pourquoi donc, M. Noiriel, les descendants des immigrés des années 30, pourtant si mal traités, sont-ils devenus français, et même plus français que vous ? Voilà une question intéressante! La réponse est simple: ces immigrés malmenés sont devenus français parce que l'idée même de nation était très forte dans toutes les couches de la société, parce que la nation était connotée positivement jusque dans les rangs de la gauche ouvriériste. Alors oui, ces gens, les Ritals et les Polaks, se sont mis à aimer ce que tous les Français aimaient en ce temps-là. Aujourd'hui, qui parmi les natifs osent encore aimer sa patrie, la France? Qui? Et parmi ceux qui l'aiment, qui ose le proclamer haut et fort? Personne, sauf peut-être quelques partisans de Le Pen et de De Villiers. Ce qui fait que tout amoureux de la France est assimilé à la droite conservatrice ou à l'extrême droite, c'est-à-dire au fascisme, Besancenot, le « Che » Guevara des PTT, vous expliquerait cela mieux que moi. Aujourd'hui, il n'est plus permis d'aimer la France, du moins une autre France que celle qui s'affirme « black-blanc-beur », qui communie en voyant des milliardaires dopés taper dans un ballon, qui chante du rap et qui défend les pauvres victimes de l'esclavage et de la colonisation. Comment expliquer ce changement spectaculaire survenu en quelques décennies? Comme rien n'est jamais simple, il y a plusieurs raisons. D'abord, les défaites. 1940, 1954, 1962. Trois humiliations en une génération. Mais le plus grave n'est peut-être pas d'avoir perdu, le plus grave c'est qu'à chaque fois il s'est trouvé un nombre non négligeable de Français pour se réjouir de la défaite. Ainsi à trois reprises, l'armée française, les soldats qui versaient leur sang pour la patrie, ont été désavoués et véritablement trahis par certains de leurs compatriotes, lamentablement abandonnés au boche, au Viêt-Min ou au fellagha. On a le droit de désapprouver une guerre. Mais de là à financer des armes servant à tuer des soldats français! Et ces gens-là passent pour des héros! La France est l'un des rares pays où la trahison rapporte plus que l'honneur et la fidélité. Je dirais que ces défaites et les trahisons qu'elles ont provoquées ou qui les ont provoquées ont profondément affecté le moral du peuple français. La nation française a cessé de croire en sa grandeur et en sa destinée. Et ce au moment où des vagues d'immigration sans précédent se préparaient. Raison suivante à cette perte d'attachement pour la France, l'autodénigrement systématique, une lecture noire et négative de l'histoire nationale. Aujourd'hui, les « grands historiens », victimes des groupes de pression communautaires, s'émeuvent. Mais où étaient-ils lorsque tout cela a commencé? Ils avaient 20 ans et militaient au PCF... On se plaint souvent que les immigrés n'aiment pas la France. Pourquoi diable aimeraient-ils ce que beaucoup de natifs n'aiment pas ou plus?! Les natifs sont les premiers à dire que la France est un pays « de merde », où les gens sont arrogants, un pays dont l'histoire est sanglante et où tout gouvernement s'en est pris à une « communauté ». D'ailleurs pourquoi la France resterait-elle une patrie? Nous avons bien d'autres patries: notre région, ou mieux, de plus en plus, l'Europe. Ah, l'Europe! La paix faite Etat. Plus de nation, plus de passé, plus de guerre. Un avenir glorieux à se poser des questions existentielles: quel pourcentage maximum de cacao dans le chocolat? Quelle taille minimale pour pêcher le flétan? Quelle meilleure façon de se déculotter devant les Etats-Unis et la Chine? Merci l'Europe. Tous unis derrière un hymne allemand, une banque centrale allemande. A quand l'aigle germanique au palais du Luxembourg? On aurait peut-être dû laisser faire Hitler...

 

La France était mon héritage. Pourtant, suis-je encore chez moi ? J'avoue que j'ai peur. Oui, peur de cette immigration qui nous apporte tant de richesse. Peur de l'islam. C'est mal sans doute. Mais qu'on ne vienne pas me dire que cette peur est absurde et irrationnelle. Ceux qui disent cela sont des crétins et des naïfs. M. Noiriel parle de ce que les immigrés ont construit. Ne serait-il pas juste de parler aussi de ce qu'ils ont détruit ? On me fait comprendre que les Arabes et les Africains, pleins d'une jeunesse vigoureuse qui nous fait défaut, sont appelés par la providence (divine ou laïque selon le camp de leurs thuriféraires) à venir ici écrire les prochaines pages de l'histoire de France, pages glorieuses puisque ce seront celles, je le rappelle, de la tolérance, du métissage et de la pluralité « ethno-culturelle ». Ces immigrés sont autant d'astres qui illuminent une France plongée depuis trop longtemps dans les ténèbres. Et d'ailleurs, qui niera que les nuits françaises sont régulièrement illuminées des incendies de poubelles, de voitures, voire d'écoles ? Il y a eu les émeutes de la fin de l'année 2005. Ce qui a entraîné un grand débat. Comment en est-on arrivé là ? Et les intellectuels se jettent des pavés à la figure. M. Noiriel, fidèles à la doxa marxiste, y voit un problème social. Tous les camarades socialistes et communistes approuvent. De l'autre côté de l'échiquier politique, on proclame doctement que c'est un problème ethnique (« ces gens-là sont arabes ou noirs, vous comprenez ») ou à la rigueur religieux (« c'est le djihad ! »). Comme je l'ai dit, je suis bête. Aussi me permettrai-je de faire une proposition stupide : et si c'était un peu des trois ? Dans des proportions que je ne me crois pas la compétence de déterminer. Au fond, tout cela importe peu. L'important, c'est que nous avons affaire à des factieux en état de guerre larvée contre la République. Car, n'en déplaise à certains, la police nationale, ce n'est ni la gestapo, ni la SS. La police nationale, c'est l'Etat républicain. Une enseignante d'un collège de ZEP me disait un jour : « Quand ces jeunes vous insultent, ce n'est pas votre personne qu'ils insultent mais votre fonction, l'institution que vous représentez ». Mais c'est bien plus grave ! En France, aujourd'hui, on insulte une institution qui essaie de donner à des jeunes un savoir pour améliorer leurs conditions de vie ! Et tout le monde s'apitoie : les pauvres, c'est normal, vous comprenez, ils viennent d'un milieu défavorisé, et patati et patata. Quel confort ! De se dire : « c'est pas ma faute, c'est la société, je suis noir ou arabe, les Français sont racistes ». Comme c'est facile ! En tout cas plus facile que de dire la vérité, à savoir qu'on a affaire à des petits merdeux qui se cherchent des excuses bidon. Je n'ai plus aucun espoir. On ne dira pas que la guerre est perdue, elle n'a pas eu lieu. La France est mourante. Elle est morte de cette immigration qui devait la sauver, la régénérer. Le remède aura été pire que le mal. Moi je suis bête. J'aime la France. Mais je vois bien que je ne suis plus ici chez moi, moi le descendant d'esclavagiste et de colonisateur, de meurtrier et de tortionnaire. Pourquoi serais-je motivé dans ma vie, alors qu'on dénigre systématiquement mes ancêtres et ce qu'ils ont fait ? Pourquoi croire en l'avenir ? Quel avenir ? Bosser jusqu'à 75 ans pour payer les allocations des Africains polygames et des Arabes intégristes ? Je voulais des enfants mais ce n'est plus utile. Quelle vie serait la leur ? Conditionnés dès leur plus jeune âge, dès l'école primaire où on leur enseignerait tout le mal qu'ont fait les vilains Français depuis des siècles : les croisades, la traite négrière, la colonisation, la collaboration. En espérant qu'on ne leur confie pas la mémoire d'un enfant juif ou d'un enfant noir esclave ! Qui supporterait cela toute une vie ? Qui dans ces conditions aimerait la France, se dirait fier d'être Français ? Et si j'ai des enfants, vivrai-je assez vieux pour les voir trahir, s'agréger à une « minorité protégée » en devenant musulman ou en épousant un(e) noir(e) ? Verrai-je mes petits-enfants ou arrière-petits-enfants s'appeler Mohamed, Djibril, Fatou ou Rachida ? Cette France d'apatrides, sans identité, n'est pas ma France. Je la laisse aux débiles amoureux du multiculturalisme, à ces adeptes d'un humanisme dégénéré qui dégainent leur flingue dès qu'ils entendent l'expression « identité nationale ». Cette France-là, je la laisse à Noiriel et sa clique immigrationniste, à BHL et ses bobos vaniteux, à de Libera et ses universitaires hermétiques. Et j'espère bien que cette France-là, votre nouvelle France que vous avez tant contribuer à bâtir, oui, je souhaite qu'elle vous persécute ! Mais on sait bien que les courageux intellectuels seront les premiers rats à quitter le navire, à se réfugier à New York, à Genève ou à Tel Aviv.

 

Beaucoup de gens, de gauche comme de droite, se disent « humanistes ». Ils n'ont pour la plupart jamais fait de latin, jamais lu Cicéron ou Aristote dans le texte, ni d'ailleurs Rousseau ou Montesquieu. Moi j'ai fait du latin, mais je n'ai pas lu les grands auteurs antiques et modernes. Je ne les cite pas, je  les connais mal. Je ne me prétends pas humaniste. Par contre, j'ai lu les historiens de l'antiquité, Tite-Live et Polybe. J'ai consulté de très nombreux livres écrits par des universitaires ainsi que des encyclopédies sérieuses. Je me suis passionné pour l'histoire de France et d'ailleurs, tout pays et toute époque confondus. L'histoire est mon domaine et j'attends celui qui me fera la leçon là-dessus. Je pose la question : qu'est-ce que l'humanisme ? L'humanisme est un courant intellectuel du XVI° siècle qui redécouvre l'antiquité et qui, peut-être, commence à percevoir l'idée de progrès. Soit. Mais l'humanisme, c'est aussi les guerres de religion, le fanatisme religieux, le début de la théorisation de la monarchie absolue sur modèle romain et de la raison d'Etat ! L'humanisme, c'est autant Machiavel qu'Erasme ! Etrangement, les manuels scolaires aiment Erasme et Rabelais mais Machiavel est moins là… Trop subversif ? L'humanisme, c'est comme l'histoire de France, les intellos de mauvaise foi en retiennent ce qu'ils ont envie. Ces grands penseurs orchestrent une arnaque intellectuelle d'envergure. Car enfin, pourquoi s'offusquent-ils dès qu'on parle d' « identité nationale » ? On ne voit pas bien ce qui pose problème dans cette expression. La vérité est que dans les officines mémorielles, les tripatouilleurs associatifs et leurs savants alliés travaillent activement à changer le contenu de l'identité nationale. Du coup, leur parler de l'identité française, c'est un peu les démasquer. Et ils n'aiment pas ça. Quel est l'objectif ? Faire passer l'identité nationale d'un modèle du vieux monde à un modèle du nouveau monde. Jusqu'au milieu du XIX° siècle, l'histoire de France s'est appuyée sur deux piliers : une continuité politique, avec une monarchie millénaire, récupérée par les révolutionnaires, et le politique est un fondement de la France ; mais aussi, et il faut le dire, une continuité de peuplement et de population depuis le haut Moyen Âge. Ce que je veux dire, c'est que l'immense majorité des Français en 1850 descend effectivement des Gallo-romains, ici ou là mêlés à une poignée de Francs, de Burgondes, de Goths, de Vikings en Normandie. Bon. Ces Français forment cette paysannerie millénaire qui est le pilier de la nation. Des grandes migrations jusqu'à 1850, des étrangers sont venus en France, bien sûr : Concini et Mazarin sont italiens, M. Mendès France descendait de Juifs portugais arrivés à l'époque moderne, il y a des Irlandais, des Hollandais, des Maghrébins même, capturés en Méditerranée. Mais tout cela, étalé sur des siècles, ne représente qu'un apport minime. Pour une bonne et simple raison : depuis le Moyen Âge, la France est un géant démographique. Voici les pays les plus peuplés du monde en 1850 : 1) Empire chinois ; 2) Les Indes (Union indienne + Pakistan + Bangladesh) ; 3) Empire russe ; 4) France. Avec 35,5 millions d'habitants en 1850, la France est plus peuplée que la Grande-Bretagne, que l'Allemagne, que le Brésil et compte environ 10 millions d'habitants de plus que les Etats-Unis d'Amérique ! Par conséquent, aucune vague d'immigration jusqu'à cette époque n'aurait été en mesure de modifier en profondeur le peuplement de mon pays : la France était la Chine de l'Europe. Jusqu'au milieu du XX° siècle, l'immigration provient pour l'essentiel de pays proches : Belges, Italiens, Espagnols, Portugais, tous issus de l'ère culturelle occidentale et catholique. Ajoutons qu'ethniquement, les Belges sont des Gallo-romains mâtinés de Francs, comme les Français du nord. Italiens et ibériques sont, comme les Français, le résultat d'une fusion entre une écrasante majorité romanisée dans l'antiquité et quelques apports ponctuels germaniques, ici lombards, là gothiques. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de différences entre eux et les Français : la langue, la gastronomie, le mode de vie différaient et diffèrent toujours sensiblement. L'histoire est très différente : la péninsule ibérique a subi le joug islamique, l'Italie a longtemps été divisée. Mais je dis que, grosso modo, ces gens venaient d'Etats aux structures proches des nôtres, que leur religion dominante était le catholicisme, le fond de leur culture latine et judéo-chrétienne et leur conception de la famille et de la société comparable. Au demeurant, un Chtimi ne ressemble-t-il pas plus à un Wallon qu'à un Provençal ? Cela vaut aussi, à un degré moindre, pour les Polonais slaves. Pour autant, on ne saurait dire qu'ils furent bien accueillis, et M. Noiriel de ce point de vue là a raison. Je ne conteste pas les faits qu'ils présentent, mais l'utilisation politique, sous couvert de « citoyenneté », qu'il en fait et qu'il permet d'en faire. Ces immigrés, sans doute, ont pu revendiquer de meilleures conditions de vie mais ils n'ont pas, à ma connaissance, cherché à « déconstruire » l'histoire nationale pour en établir une autre qui leur aurait donné le beau rôle et à eux seuls ! Certains nous disent, sans rire, qu' « on ne pourra plus faire l'économie d'une réflexion sur l'arabité et l'africanité de la France ». Ah bon ? Mais alors, une fois de plus, allons jusqu'au bout de la logique : discutons de l'hispanité, de la lusitanité, de la belgicité, de l'italianité et de la polonité de la France ! Et pourquoi pas de sa latinité, de sa germanité, de son aryanité, de sa judéité, de sa christianité ! Tout cela est proprement grotesque. Depuis les années 60, l'immigration est devenue majoritairement arabe, africaine et asiatique, la dernière moins visible mais loin d'être négligeable. Mal accueillie, comme les autres, surtout à partir de 1980 lorsque l'absence de croissance n'a plus justifié l'appel à la main d'œuvre immigrée. Soit. On pourrait au passage leur rétorquer que la France a autorisé le regroupement familial, a continué à les accueillir en période de crise et leur a dispensé moult allocations. Passons. Ces gens-là, venus comme des mendiants frapper à notre porte, au bout de deux ou trois générations, viennent nous dire : « La France, c'est nous maintenant. Autant que vous. Et même plus que vous parce que nous descendons des victimes, de vos victimes ». Et toc ! Et le Mouvement des Indigènes de la République se déchaîne ! Il faut « dénationaliser l'histoire de France », la loi sur le voile est « une loi néocoloniale, une nouvelle affaire Dreyfus », il faut « rééduquer les souchiens (les blancs) et la société occidentale privilégiée ». Privilégiée ? Privilégié, le poilu français de 1916 pataugeant dans la boue et voisinant avec les rats ? Privilégié, le travailleur français qui quitte sa campagne pour venir bosser à l'usine ? Privilégié, le jeune prof « blanc » qui a arraché difficilement un concours très sélectif au bout de la deuxième fois, sans passe-droit ni piston ? Aujourd'hui, des historiens sont menacés de mort et traînés devant les tribunaux pour avoir fait leur travail sur des sujets « sensibles », et pendant ce temps-là, Houria Bouteldja, la porte-parole de ce mouvement « leucophobe » (il paraît en effet, selon la Tribu K de Kémi Séba, « l'Etoile Noire », si c'est pas beau la modestie, que les natifs sont des « leucodermes », qui en grec, signifie en effet « peaux-blanches »), déverse sur les plateaux d'émissions sérieuses sa rhétorique haineuse faite de mensonges et d'amalgames inacceptables. Et tout le monde trouve ça normal. Pourquoi ? Une fois de plus, la liberté d'expression en France, c'est l'interdiction de dire la vérité pour les uns et la permission de mentir pour les autres. A l'émission de M. Ruquier, « On n'est pas couché », j'ai vu le public huer M. Zemmour alors même qu'il défendait des idées pertinentes et applaudir les menteurs « humanistes » débitant leurs insanités habituelles. Rideau. Un tel niveau d'endoctrinement, un tel niveau de refus du débat, ça me rappelle un régime à l'est avec un drapeau rouge… S'appuyant sur le modèle américain, les penseurs des nouvelles « Lumières » veulent donc bâtir une nouvelle identité nationale, non plus fondée sur la continuité de peuplement, mais sur l'immigration. Et de nier de plus en plus le rôle des natifs dans le pays qu'ils ont édifié seuls jusqu'à une date récente. Allons jusqu'au bout : décidons de faire de l'arabe et du zoulou des langues officielles en France ! Et à nouveau, changeons le nom de ce pays ! Détruisons les châteaux, les palais, les beffrois, les églises, les vieilles fermes ! Faites donc ce qu'ont fait les Albanais du Kosovo pendant un demi-siècle, à savoir effacer toute trace de présence serbe afin de pouvoir déclarer aux ignares à galons de l'OTAN : « Vous voyez, le Kosovo est à nous, il n'y a pas de Serbes… ». Sûr, on les a tous chassés !



18/10/2009
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