Nationaliste Social et Ethniciste

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Les religions contre la République?

J’ai abandonné l’idée de rédiger un article sur les cantonales. L’essentiel a été dit et répété sur toutes les antennes. Il est inutile de gloser sur l’abstention, ses causes sont multiples. Le FN a réussi à ravir deux sièges, malgré une réforme destinée à l’empêcher d’accéder au 2nd tour (le seuil de qualification étant étrangement passé de 10 à 12,5 %, et des inscrits, s’il vous plaît, pas des suffrages exprimés... comme c’est bizarre). Je pense que la démocratie ne s’en portera pas plus mal. Pour le reste, rien de spécial : défaite prévisible et méritée pour l’UMP, victoire illusoire pour la gauche.

On va plutôt s’intéresser au débat sur la laïcité, ou plus précisément aux remous significatifs qu’il provoque.

 

Union sacrée pour une « laïcité de bonne intelligence »

Dans une tribune improbable (1), les représentants des « six grandes religions » de France expriment leur méfiance vis-à-vis du débat sur la laïcité voulu par une partie de l’UMP, notamment Jean-François Copé. On peut déjà s’interroger sur la notion des « six grandes religions ». D’abord, la majorité des Français s’est éloignée de la pratique religieuse. Ensuite, je veux bien que les catholiques, les musulmans voire les bouddhistes forment des communautés de taille respectable. Mais que pèsent les protestants, les juifs et les orthodoxes ? Ils sont ultra-minoritaires. Pour des « grandes religions »… Il est très étonnant que Libération reprenne cette expression. Voilà des accointances trop étranges pour être honnêtes. On voit à quoi mènent l’antisarkozysme primaire et l’islamophilie d’une certaine gauche.

 

Que nous disent nos zélés serviteurs de Dieu ? Je cite : « Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité. Il a un rôle majeur dans une société libre, démocratique et respectueuse de la personne humaine. » Seulement, vous comprenez, un parti ne peut pas organiser un tel débat (alors même que ce dernier est souhaité par le chef de l’Etat en personne), et puis nous sommes en période pré-électoral, « la période actuelle manque de lisibilité » (?) alors il ne faut pas ajouter « de la confusion dans la période trouble que nous traversons ». Cette rhétorique relève de la langue de bois à l’état brut. Que signifie le manque de « lisibilité » de la période actuelle ? Rien. Et de quelle confusion s’agit-il ? Disons-le nettement : à l’origine, le débat devait porter sur l’islam en France. Par conséquent, la « confusion » serait de ne pas prendre les musulmans pour la communauté sympathique, tolérante et bien intégrée qu’ils forment. N’est-ce pas mieux en le disant ? Pourquoi tant d’hypocrisie ? Autant jouer franc jeu : les chefs religieux craignent une poussée de l’islamophobie. Or, l’islam est la plus dynamique des religions du pays, celle qui ramène la foi sur le devant de la scène. Ce serait dommage de casser une telle tendance…

 

Il est assez amusant de lire un fervent plaidoyer en faveur de la laïcité sous la plume de religieux. Jugez plutôt : nos bons samaritains affirment leur « reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société. La laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble. Veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis. » On côtoie les sommets du lyrisme. Mais quelle histoire apprend-on dans les séminaires ? Son Eminence André Vingt-Trois ignore-t-il que l’Eglise catholique, au début du siècle dernier, ne tenait pas un discours similaire sur la laïcité ? Lors des inventaires, les forces de l’ordre durent parfois défoncer les portes des églises ! Qu’un siècle après, l’Eglise se fasse le chantre de la laïcité à laquelle elle s’est tant opposée, voilà qui est pour le moins surprenant.

Satisfaits de la laïcité « à la française », nos théologiens distingués ? C’est à voir. Car on repère ici ou là une critique à peine voilée : en effet, le monde a changé et « ces évolutions appellent parfois des adaptations, voire des améliorations du cadre juridique et réglementaire de l’expression et de la vie des cultes en France. » Quelles évolutions ? Le développement d’une nouvelle religion plutôt revendicative ? Plus loin on lit : « les modalités d’application [de la loi de 1905] de ces principes restent toujours perfectibles. » La laïcité, c’est donc très bien, mais si on pouvait procéder à quelques aménagements… Lesquels ? Mystère, mais les auteurs usent de l’argument d’autorité en citant les nombreux rapports et colloques sur le sujet.

 

Tous ces propos mielleux et hypocrites ne doivent pas faire illusion. Les Français se souviendront peut-être que c’est le propre des religieux de tenir des propos apparemment raisonnables, afin de faire avancer leur projet prosélyte de domination. Ainsi, nos éminents cléricaux n’ont pas peur du ridicule lorsqu’ils déclarent : « Nous sommes déterminés à réfléchir et à œuvrer ensemble sur la durée, en relation avec les autorités et les forces vives de notre pays, afin que le facteur religieux y soit un élément de paix et de progrès. » Le facteur religieux, élément de paix et de progrès ? Est-ce une blague ? Rappelons que les religions font partie des principaux obstacles au progrès. Récemment, un médecin de l’hôpital témoignait que, face à une femme enceinte de confession musulmane et en danger, il a dû téléphoner à la Mosquée de Paris pour qu’on lui faxe les sourates permettant de pratiquer un avortement « préventif » pour sauver cette femme. C’est cela le progrès ? On peut évoquer le rejet des théories évolutionnistes de Darwin. Le créationnisme, c’est le progrès ? Et d’une manière générale, soumettre toute la vie humaine aux prescriptions de textes vieux de plusieurs siècles, est-ce vraiment un progrès ? Les religions, en particulier monothéistes, sont tout, sauf des « éléments de paix ». La religion divise les hommes, entre les « vrais croyants » et les infidèles. Les premiers ne sont pas loin de penser que les seconds n’ont pas toute leur humanité, la foi leur faisant défaut. Si l’infidèle a une autre religion, il est dans l’erreur, mais un terrain d’entente est (parfois) possible. S’il s’agit en revanche d’un « tiède », ou pire, d’un athée, là le croyant cache à peine son mépris. D’ailleurs, la figure de l’Occidental décadent et dégénéré à force de consumérisme est un lieu commun, avec des nuances, dans les différentes religions. Aujourd’hui, en France, il y a une vraie pluralité religieuse. Ce n’est pas une chance, c’est une source de divisions et de tensions. Double division : entre les croyants et les non-croyants d’une part, et entre les croyants des différentes religions d’autre part.

 

On peut également lire que « La laïcité n’est pas séparable des valeurs fondamentales que nous partageons, en particulier de la dignité et du respect de la personne humaine et de sa liberté inaliénable. » Ah bon ? MM. Moussaoui et Kbibech, respectivement président et secrétaire général du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), ayant signé le texte, on aurait aimé qu’ils nous rappellent la « liberté inaliénable » du musulman d’apostasier. Comment peut-on en arriver à ce degré de malhonnêteté intellectuelle ? Comment les représentants chrétiens peuvent-ils se ranger ainsi derrière la bannière de l’islam ? Pour les catholiques, on peut risquer une hypothèse. Le clergé a peur d’alimenter le choc des civilisations ou d’être taxé de racisme. Les catholiques sont divisés en deux tendances : l’une, minoritaire, celle des traditionalistes, rejette la modernité, la laïcité, la liberté de conscience et rêve d’imposer au pays un wahhabisme version chrétienne ; l’autre, majoritaire, entonne le refrain de l’œcuménisme et espère profiter de la montée de l’islam pour grappiller ici ou là quelques avantages dans son sillage. Au lieu de résister à l’islam au nom d’une composante historique et culturelle de l’identité française, le clergé catholique préfère s’allier aux musulmans pour entamer l’édifice laïc. C’est le problème de ces monothéismes à prétention universelle : ils sont apatrides. Certains catholiques sont individuellement patriotes, bien sûr, mais leurs évêques le sont bien peu dans l’ensemble.

 

Un débat est-il nécessaire ?

Oui, sans doute. En fait, le débat fait déjà rage depuis de nombreuses années. Et on ne l’empêchera pas. Seulement, nous savons qui est Nicolas Sarkozy. Nous connaissons son concept contestable de « laïcité positive ». Dans ces conditions, on peut craindre que le débat ne débouche sur des propositions inquiétantes, avec à la clé de l’argent public pour financer la construction des mosquées ou la formation des imams. Mesures à étendre ensuite au nom de l’égalité. Quelques déclarations lancées par des députés UMP vont d’ailleurs dans ce sens.

 

Mais alors, me direz-vous, et vous n’aurez pas tort, pourquoi les représentants des cultes s’offusquent-ils ? Après tout, ce débat devrait logiquement entraîner des aménagements favorables à la pratique religieuse. Le hic, c’est que le débat risque aussi de mettre en lumière les « libertés » prises avec le principe de laïcité depuis de nombreuses années. La vérité est que la laïcité n’est plus strictement appliquée en France. Il y a eu d’autres lois au cours du XX° siècle qui ont ouvert des brèches. Et les élus locaux financent en réalité les cultes, et pas seulement l’islam. L’église orthodoxe de Strasbourg, mais aussi des églises catholiques ou des pagodes ont reçu des aides : un terrain cédé à un prix scandaleusement bas (c’est arrivé à Tours pour une mosquée), ou bien donné en bail emphytéotique pour une somme dérisoire ; un financement déguisé via une subvention à la dimension culturelle du projet (on peut toujours installer une bibliothèque ou un « centre culturel » attenant à l’église, à la mosquée ou à la pagode…). D’ailleurs les religions se préoccupent, et c’est normal, de l’endoctrinement des enfants. Les catholiques ont de mauvais résultats et doivent envier ceux des musulmans qui produisent barbus fanatiques et enfoulardées hystériques avec une belle régularité. On peut comprendre que les serviteurs de la divinité n’aient point trop envie que les Français, majoritairement laïcs pour l’instant, découvrent que leur argent finance depuis longtemps les cultes, dont certains se pratiquent paisiblement certes, quand d’autres relaient des discours antirépublicains, agressifs et antioccidentaux.

 

Finalement, les religions préfèrent que, pour le moment, tout cela se fasse dans la discrétion. Leurs représentants semblent séduits par le principe d’ « accommodements raisonnables » que les musulmans utilisent depuis quelques années, avec le succès qu’on connaît : des quartiers français commencent à ressembler à Bagdad ou à Riyad. Le beau vivre-ensemble que voilà…  

 

Abattage rituel et intégristes de la cause animale

Un exemple parmi d’autres de ces accommodements raisonnables avec la communauté sympathique, tolérante et bien intégrée : la viande hallal. Comme nous le savons tous, beaucoup de musulmans, y compris des gens qui pratiquent peu, ont besoin d’une nourriture « pure », car la boustifaille des mécréants de Français, outre qu’elle est toujours suspectée d’être porcine, n’est pas digne de confiance. On ne va pas manger la même chose que ces Occidentaux dégénérés, tout de même ! Pour que la viande soit hallal (licite), il faut que l’animal soit égorgé, conscient, par un religieux qui récite des paroles sacrées. Donc l’animal agonise quelques minutes. Le hallal se développe à grande vitesse en France, preuve que l’identitarisme islamique anti-français n’est pas le phénomène marginal que certains nous dépeignent. Vendredi 1er avril, le 20h de France 2 (ou le 19h30 de France 3, je ne sais plus) consacre un reportage à l’abattage. Sous couvert d’anonymat, afin d’éviter d’être traîné devant les tribunaux par le MRAP ou de recevoir des menaces de mort des « vrais croyants », un homme témoigne de la généralisation progressive de l’abattage hallal. En effet, l’homme révèle que dans bien des cantines, y compris scolaires, même s’il n’y a que 10 % de musulmans pratiquants, on passe au tout-hallal (2). Par conséquent, tous les abattoirs ou presque créent une chaîne d’abattage hallal. Seulement, la soif de profit pousse aux économies, et plutôt que d’entretenir deux chaînes, on en supprime une. Et devinez ce qui arriva ? Ce fut la chaîne non-hallal qui ferma !

 

La Fondation Brigitte Bardot a tiré la sonnette d’alarme. Je ne suis pas du tout un défenseur des animaux, et je me méfie des intégristes qui en viennent à considérer les animaux comme des humains. Et qui ne tardent pas à aimer plus les animaux que leurs semblables. Si je suis opposé à l’abattage rituel, ce n’est pas en tant que défenseur des droits des bêtes. En revanche, je suis attaché à la loi républicaine et aux réglementations officielles. Or que dit la réglementation ? Que l’animal doit être étourdi avant d’être tué. La souffrance animale n’est pas une de mes préoccupations. Mais après tout, puisqu’il est possible d’épargner à une bête d’agoniser, pourquoi ne pas le faire ? Cela a le mérite de calmer certains défenseurs des animaux sans nuire à l’approvisionnement de la filière viande. On peut donc constater que, pour complaire à une communauté religieuse, la réglementation est violée. Cela s’appelle une loi particulière pour un groupe particulier. Cela s’appelle un privilège communautaire, rien de moins. Et un privilège exorbitant au regard du nombre officiel de musulmans (5 à 6 millions).

 

Pour autant je ne qualifierai pas l’abattage rituel de « barbare », même si, pour avoir vu les images, je puis concevoir que cela choque. Je pense que cet abattage rituel devrait être réservé aux fêtes religieuses, et le reste du temps, la réglementation devrait être respectée. Ce n’est plus le cas. Pour autant, il faut se méfier comme de la peste de ceux que j’appelle les « intégristes de la cause animale ». Ils forment une secte tout aussi néfaste que les musulmans. Les plus abjects de ces intégristes se nomment « végétaliens ». Ils ne consomment aucun produit issu des animaux (beurre, œufs,…) contrairement aux végétariens « traditionnels ». Le végétalisme tue, comme vient de le montrer le procès de ces deux irresponsables qui ont laissé mourir leur enfant. Par refus de la médecine, car « les plantes, ça soigne tout », et à cause d’un lait maternel trop pauvre par absence de nutriments, ceux fournis par une alimentation carnée. L’être humain est omnivore. On a vu ce qu’a donné la bonne idée de nourrir les bovins avec de la viande. Si une partie des végétaliens vivent discrètement leur choix, d’autres se muent en prosélytes agressifs. Ils manifestent, ils dénoncent. Quoi donc ? Mais le génocide des animaux, bien sûr, la Shoah des bovins et l’holocauste des ovins ! Les mangeurs de viande sont des crypto-hitlériens, n’ayons pas peur des mots. J’entendais la dernière fois un père de famille végétalien nous expliquer qu’il avait « pris conscience » du fait que c’était « un cadavre animal dans son assiette ». Et c’est horrible ! OK, mais alors, il faut exterminer tous les carnassiers de la Terre, lions, panthères, loups, ours, lynx, hyènes, renards… Enfin, rappelons aux végétaliens qu’il y a dans leur assiette… des cadavres de végétaux ! Et nos amis les plantes ?

 

Conclusion

La laïcité a en réalité deux aspects : un côté apaisé et tolérant lorsque les religions font profil bas, et un côté répressif et anticlérical lorsqu’elles font mine de se montrer conquérante dans l’espace public. Nous sommes dans cette dernière situation depuis l’implantation d’une forte communauté islamique en France. Et face à cette menace, qui ne relève nullement du fantasme, que font les autres religions ? Elles emboîtent le pas aux musulmans pour démanteler la laïcité républicaine. Dans cette situation périlleuse de coalition des croyants, les citoyens qui ne veulent pas du retour de Dieu dans l’espace public doivent se mobiliser pour rendre la laïcité plus combattive. Non point pour éradiquer les religions, mais pour les confiner dans la sphère privée. La lutte contre les croyants, notamment musulmans, ne fait que commencer.

Que devrions-nous réclamer ? Le strict respect de la loi de 1905 : l’Etat entretient les lieux de culte construits avant 1905, éventuellement certains édifices particuliers (comme la Mosquée de Paris, construite en hommage aux musulmans morts pour la France), mais l’usage des deniers publics s’arrête là. Le concordat d’Alsace-Moselle doit être abrogé, et la loi commune s’appliquer. Et pour tous les lieux de culte ordinaires, bâtis après 1905 ou en projet, il appartient aux seules associations cultuelles de les financer et de les entretenir, sans aide publique ni argent provenant d’un état étranger. Voilà ce que devrait être une saine laïcité.

 

(1)

//la-croix.com/Tribune-de-la-conference-des-responsables-de-culte-en-France/documents/2460158/47602

 

(2) J’ai évoqué un cas dont j’ai eu personnellement connaissance :

//blog-nationaliste.blog4ever.com/blog/lire-article-286920-1806028-un_college_tranquille.html



02/04/2011
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