Nationaliste Social et Ethniciste

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Mali: la France fait (enfin) son devoir

Je ne reviendrai pas sur la mobilisation des opposants au « mariage pour tous », puisque cette manifestation réunissant des personnalités de l’UMP et du FN a des relents nauséabonds aux dires de plusieurs dirigeants socialistes, notamment Harlem Désir. Attention, braves gens, nous voilà revenus en février 1934 ! Skinheads et cathos traditionalistes attaquent le Palais-Bourbon après-demain ! C’est amusant d’entendre un ancien chef de SOS-Racisme dénoncer « l’intolérance » des autres… comme si l’antiracisme était autre chose qu’une idéologie sectaire et inquisitrice, qui n’a cessé de rogner la liberté d’expression, pilier de la démocratie, depuis les années 80. Mais bon, on voit plus facilement les travers des autres que les siens, n’est-ce pas. C’est une étrange conception de la démocratie qui s’est développée à gauche, une conception très orthodoxe : vous êtes un ami de la démocratie tant que vous professez les bonnes idées, c’est-à-dire celles de la gauche bien-pensante. Cela s’appelle la tolérance…

 

Mais dans cet article, je ne m’acharnerai pas sur la gauche, une fois n’est pas coutume. Non, je veux au contraire saluer la décision de François Hollande d’engager nos troupes au Mali contre les islamistes d’Ansar Dine, du MUJAO (Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest) et d’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb Islamique). Et je dirai même : il n’est pas trop tôt, même s’il est évident que ce genre d’opération ne s’improvise pas. Je ne doute pas que nos services de renseignement préparent le terrain depuis des semaines, des mois sans doute. Il a fallu accomplir un colossal travail de repérage pour identifier les camps, les réserves, les bastions des groupes islamistes. Je voyais à la télévision nos soldats d’élite arrivés à Bamako. Naturellement, je salue leur courage. Mais je voudrais aussi avoir une pensée pour les hommes de l’ombre, ceux qui, inlassablement, quêtent les informations pour permettre à nos forces armées, le moment venu, de frapper fort et juste. La guerre moderne est une guerre du renseignement, surtout quand on affronte des formations irrégulières comme le sont les milices islamistes du Nord-Mali. A ces hommes de l’ombre, qui font une besogne dangereuse et ô combien primordiale, je veux dire ma gratitude de citoyen français pour leur action décisive dans la défense des intérêts de la France.

 

Source: site d'Orange

 

Je n’approuve pas cette intervention militaire parce que je serais par nature belliqueux ou belliciste. En tant qu’historien, je sais ce qu’est la guerre. Je sais aussi qu’il est facile d’applaudir lorsqu’on est à 5 000 km des bombes. Je ne suis pas du tout un « amoureux de la guerre ». En revanche, il est clair que le pacifisme un peu naïf d’une certaine gauche m’est totalement étranger. Je n’ai jamais compris le discours qui consiste à proclamer : « La guerre, c’est mal, c’est pas beau ». La guerre n’a rien de réjouissant, et on ne se lance pas dans des opérations militaires à la légère. Mais, au risque de choquer, je pense que la guerre est parfois nécessaire. Je n’aime pas l’esprit de Munich qui règne trop souvent dans notre pays, et je fais mienne cette phrase d’un politique éclairé déclarant, après les fameux accords : « vous avez accepté le déshonneur pour éviter la guerre, mais vous aurez la guerre et le déshonneur ! ». L’armée française est une armée professionnelle (ce qui n’a pas que des avantages soit dit en passant), par conséquent, tous nos hommes (et quelques femmes) sont volontaires, ils ont signé un contrat en bonne et due forme, et en connaissance des risques. Il n’y a pas lieu de se répandre en protestations lorsqu’un de nos soldats meurt. Il savait qu’il choisissait une voie dangereuse. Et j’ai dans mon entourage des gens qui ont choisi le métier des armes. Rendre hommage aux hommes tombés pour la France, oui. Faire un procès à l’armée pour mise en danger des soldats (ne rigolez pas, ça s’est déjà vu), non. Pour cette raison, j’approuve également l’opération menée en Somalie pour tenter de libérer un de nos otages. Certes, cette expédition a échoué, mais je pense qu’il était normal de la tenter. La DGSE n’a pas fait d’erreur : l’otage se trouvait bien à l’endroit convenu. Mais le sort des armes est capricieux, et malgré une préparation remarquable, le destin n’a pas été favorable à notre commando.

 

Pourquoi faut-il intervenir au Mali ?

Je me suis opposé à l’intervention en Libye et je reste résolument hostile à toute ingérence dans le conflit syrien. Dans ces conditions, on pourrait me taxer d’incohérence. Mais la situation au Mali est différente. La France a répondu à un appel émanant, non pas de pseudo-rebelles soutenus par l’Arabie Saoudite et le Qatar, mais de l’Etat malien. Certes, cet Etat paraît bien fragile, et le récent coup d’Etat militaire, plus ou moins avorté, n’a pas arrangé les choses. J’avais commenté l’événement (1). Toutefois, lorsque la situation devient instable et que l’Etat est faible, j’estime qu’il vaut toujours mieux être du côté de l’Etat que du chaos. C’est aussi pour cela que je préfère le régime de Bachar al-Assad aux rebelles syriens. Au Mali, il y a d’un côté un Etat plus ou moins démocratique, professant un islam modéré, qui peine à se faire obéir. De l’autre côté, des milices islamistes font régner un ordre cruel à coup d’amputations tout en détruisant le riche héritage culturel malien, le sort des mausolées de Tombouctou étant éloquent à plus d’un titre. J’avais également évoqué ces actes de vandalisme confinant à la barbarie (2). L’islamisme est une des pires dictatures, il prive les peuples de leur liberté, et il les prive de leur passé. Bref, entre un Etat certes imparfait et critiquable, et la charia appliquée par des sauvages, je préfère l’Etat avec ses défauts.

 

Le Mali est un allié de la France. Cet allié nous a demandé de l’aide pour préserver son intégrité territoriale. Il ne s’agit pas d’aider des sécessionnistes kosovars ou de détruire l’appareil étatique, comme cela a été fait en Irak ou comme certains rêvent de le faire en Syrie. Non, il s’agit d’aider un Etat à maintenir sa souveraineté, c’est différent. Par ailleurs, la donne a changé au Mali : le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA, organisation sécessionniste touareg) a été complètement évincé par les milices islamistes. Ses débris sont prêts à négocier avec Bamako tout en proposant leurs services à la France. Si les Touaregs ont subi des préjudices en tant que citoyens maliens, la France ne peut qu’encourager le Mali à leur rendre justice. Et s’il faut passer par un statut d’autonomie, eh bien, qu’on le fasse, bien que je n’aime pas cette idée. Mais il faut rappeler que les Touaregs ne forment pas la totalité de la population du Nord-Mali. Les sédentaires de Tombouctou, Gao, Kidal ne sont pas majoritairement touaregs. On ne voit pas bien pourquoi ces populations seraient livrées à des nomades dont elles ont subi les déprédations durant des siècles. Le Touareg traîne avec lui une image romantique de Seigneur du Désert, sobre et ombrageux. La réalité est un peu moins reluisante. Les Touaregs ont été des pillards et des négriers, des siècles durant. Etrangement, on ne leur réclame nulle repentance, à eux. En tout état de cause, la France répond à l’appel d’un Etat légitime.

 

Mais ce n’est pas la seule raison valable pour intervenir au Mali. Je lisais à la suite d’un article d’actualité un commentaire significatif rédigé par un Français bien-intentionné et ennemi déclaré du capitalisme occidental. Il disait en substance que « la France intervenait juste parce qu’Areva avait des intérêts dans la région, notamment l’exploitation de gisements d’uranium, et c’était scandaleux ». Mais ça n’a rien de scandaleux, justement ! Comment ce Français bien-pensant croit-il que son ordinateur fonctionne ? Avec quelle électricité fait-il marcher son four, son lave-linge, son réfrigérateur ? Combien voulez-vous parier que ce monsieur est le premier à râler quand il y a une coupure du réseau EDF ? Le problème de beaucoup d’habitants des pays occidentaux (y compris ceux qui votent pour les écolos, les altermondialistes, ou les anticapitalistes), c’est qu’ils veulent jouir de tout leur petit confort, mais ils refusent d’en payer le prix. Ils veulent de l’électricité bon marché pour se chauffer ou se regarder un DVD quand ils le souhaitent… tout en appartenant au groupe Facebook qui dénonce les intérêts d’Areva, le nucléaire, la politique d’EDF. Dans la vie, il faut être cohérent. Si l’on veut conserver notre mode de vie, nous avons besoin d’uranium pour faire tourner nos centrales nucléaires. Ce qui, bien évidemment, n’empêche pas de chercher et de développer d’autres sources d’énergie, comme le solaire et l’éolien. Mais évitons le moralisme à deux sous sur les intérêts du trust Areva. Les intérêts d’Areva sont les intérêts de la France, même si ce n’est pas agréable à entendre.

 

Il est de bon ton de dénoncer les relents de la « Françafrique ». J’entendais Noël Mamère, député-maire de Bègles-en-Bougre (à ne pas confondre avec Bourg-en-Bresse), tenir ce discours. Mais que propose M. Mamère ? De négocier avec les gentils islamistes d’Ansar Dine ? Je m’amuse de voir certains écolos hurler au loup et prêts à partir en guerre quand on parle d’euthanasier des éléphants, mais disposés à palabrer avec la canaille islamiste qui ampute à tour de bras, si je puis dire. Là encore, il faut être cohérent. Si on armait les fanatiques de Notre-Dame-des-landes, certains tireraient sur la police. Mais aller au Sahel combattre d’authentiques assassins et terroristes, vous n’y pensez pas, mon cher. La France aurait pu rester les bras croisés. Après tout, il faut le dire, la situation intérieure du pays n’est pas brillante. J’entends ceux qui disent que ces opérations extérieures coûtent cher, alors que notre dette publique est problématique. Ils n’ont pas tort. Mais il faut bien comprendre une chose : si notre pays veut peser dans le monde, il nous faut consentir à certaines dépenses et à certains sacrifices. J’ai toujours défendu l’idée que la France doit entretenir une armée suffisamment forte. Il faut savoir montrer ses muscles pour ne pas avoir à frapper trop souvent… mais parfois on est contraint de frapper, sous peine de ne plus être pris au sérieux. Une partie des islamistes du Nord-Mali sont soutenus, armés, financés et entraînés par les soins de nos bons alliés qataris et saoudiens, des modèles de démocratie comme chacun sait. Je pose la question : les adversaires de l’intervention veulent-ils que le Sahel passe sous la coupe des salafistes et de leurs bailleurs de fond moyen-orientaux ? Veulent-ils que le Nord-Mali devienne le Piémont d’un califat sahélien intégriste ? Non, personne ne veut cela, parce que ce n’est ni l’intérêt de la France, ni l’intérêt des pays africains de la région, qui ont déjà bien des difficultés à surmonter.

 

Et puis les immigrationnistes de tout bord (et les écolos sont passionnément immigrationnistes) doivent aussi assumer les résultats des flux migratoires « salvateurs » qu’ils ont appelés de leurs vœux. Pour le meilleur et surtout (à mon avis) pour le pire, beaucoup d’immigrés en France sont originaires d’Afrique, et notamment du Mali et des pays voisins, qui faisaient partie de l’empire colonial français. Si le Mali devait passer sous la sinistre férule de milices islamistes, avec risque de contagion aux pays de la région (le Tchad n’est guère stable, le Nigéria est aux prises avec un groupe islamiste particulièrement retors et meurtrier), les conséquences seraient incalculables, ici-même, en France. D’abord, des milliers d’Africains du Sahel fuiraient sans doute le régime moyenâgeux des talibans locaux. Et certains ne manqueraient pas de se diriger vers la France. De plus, une implantation durable de l’islamisme au Sahel signifierait tôt ou tard un regain d’islamisme en France, dans nos banlieues peuplées d’Africains. Car l’islamisme, c’est comme la camelote chinoise, ça a vocation à s’exporter, malheureusement… Je crois donc nécessaire d’agir pour endiguer les intégristes musulmans au Sahel. C’est le moins que l’on puisse faire, après les avoir soutenus de facto en Libye, et laisser faire en Tunisie, Egypte, Syrie.

 

Source: site d'Orange

 

Beaucoup disent qu’il eût été préférable de laisser intervenir une force africaine, avec éventuellement le soutien logistique de la France. Je suis d’accord. Seulement… il me paraît de plus en plus clair que personne n’avait envie de faire le premier pas. Et, s’ils ne le disent pas, on peut pourtant se demander si, au fond d’eux, beaucoup de chefs d’Etat africains n’attendaient pas tout simplement que la France intervienne… La « Françafrique », c’est un peu plus compliqué que ne le conçoivent les anti-impérialistes qui y voient un banal néocolonialisme. En fait, il semble bien que la Françafrique repose sur le consentement de nombreux Africains, qui acceptent que la France demeure une puissance tutélaire. Cela m’étonne moi-même, mais le fait est qu’à Bangui, en Centrafrique, des habitants ont manifesté leur mécontentement parce que la France les avait abandonnés en refusant d’intervenir. J’en déduis qu’une partie des Africains estime, à tort ou à raison, que la France a un quasi-devoir d’ingérence dans leurs propres pays. On n’est pas dans un pur rapport de domination. Je me méfie des reportages de la télévision, mais il semble bien que l’intervention française ait été accueillie avec un certain soulagement par de nombreux Maliens. Il est évidemment souhaitable que ce lien cesse, et que les états africains deviennent assez forts et développés pour se passer de la « protection » française qui, qu’on le veuille ou non, conserve quand même un arrière-goût colonial.

 

François Hollande a reprécisé les objectifs de la France dans cette affaire : arrêter l’agression terroriste, sécuriser Bamako et permettre au Mali de préserver son intégrité territoriale. Je souscris pleinement à ces buts de guerre, car il faut bien les nommer ainsi. Le deuxième me laisse un peu perplexe car il me semblait que les islamistes étaient encore loin de la capitale malienne. Espérons que ce combat contre les terroristes au Mali ouvrira les yeux de nos dirigeants sur les menées d’autres groupes intégristes, en activité en Syrie ceux-là… Où les rebelles du début sont en train de subir le même sort que le MNLA. A méditer.

 

Une opération à haut risque

Il ne faut pas pour autant méconnaître les risques inhérents à ce type d’opération. Je ne suis pas dupe des communiqués de presse triomphalistes qui nous annoncent la débandade et la fuite des colonnes islamistes sous les bombardements français. Nous avons affaire à une guérilla, non à une armée régulière. Je ne doute pas que nos bombardements ciblés et soigneusement préparés ont désorganisé et affaibli l’ennemi. Mais ne soyons pas naïfs : dans le désert, les bandes armées se regrouperont et se réorganiseront. Ils peuvent recevoir du soutien de Libye, peut-être même des pays du Golfe. Le djihad ne manquera pas d’attirer les islamistes désœuvrés, nombreux dans le monde arabo-musulman. Le combat risque de durer. Noël Mamère soulignait un risque d’enlisement. De ce point de vue-là, je lui donne raison. Mais c’est un risque, je crois, qu’il fallait prendre.

 

Il faut espérer, et je pense que c’est le pari du Président de la République, que l’intervention de la France aura un effet d’entraînement et poussera les pays africains voisins à fournir des troupes pour aider l’armée malienne. Si la France devait rester seule à combattre au Nord-Mali, cela deviendrait vite inconfortable. Nous ne pouvons pas déployer des dizaines de milliers d’hommes au Mali. Le corps expéditionnaire français devrait s’élever progressivement à 2 500 hommes, ce qui est beaucoup. 750 soldats français sont déjà sur place. Les bombardements coûtent cher, et une bavure est toujours à redouter. On ne saurait non plus écarter un revirement de l’opinion malienne. Mais j’avoue craindre aussi que François Hollande s’arrête au milieu du guet, n’exploite pas notre avantage militaire, si d’aventure nos troupes confirment leur supériorité. Maintenant que nous avons engagé le combat, il faut je crois le mener à terme et éradiquer la vermine islamiste du Nord-Mali. Sans pitié ni compromission.

 

Il demeure un risque qu’on ne peut passer sous silence : les conséquences de ses opérations sur nos compatriotes otages d’Aqmi au Sahel. Par représailles, les islamistes leur infligeront-ils une mort ignominieuse ? Ce n’est malheureusement pas impossible. Et cette perspective est angoissante pour les familles, qui ne doivent pas voir d’un bon œil cette offensive, ce qui se comprend. Si j’avais un proche otage, réagirais-je différemment ? Pourtant, il est de plus en plus évident qu’Aqmi n’a aucune intention de libérer les otages, que les islamistes formulent des demandes extravagantes, puis accusent la France de faire échouer les négociations. Cela fait trop longtemps que les intégristes se croient en sécurité grâce à leurs otages et qu’ils nous tiennent un langage arrogant. François Hollande a pris une décision difficile, et il a probablement pesé et soupesé le pour et le contre. Il a finalement tranché, et je persiste à croire qu’il a choisi la bonne option. A présent, il faut souhaiter que le succès de nos troupes soit rapide et éclatant.

 

(1) http://blog-nationaliste.blog4ever.com/blog/lire-article-286920-9030299-mm__sarkozy___juppe_vont_ils_detruire_le_mali__apr.html

 

(2) http://blog-nationaliste.blog4ever.com/blog/lire-article-286920-9408221-tombouctou__triste_tombeau_des_tropiques.html



15/01/2013
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