Nationaliste Social et Ethniciste

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Une unité allemande sur le sol français

Que penser de cette annonce du président Sarkozy de permettre à l'armée allemande d'implanter une (modeste) unité dans la banlieue de Strasbourg?

 

Je ne donnerai pas dans la germanophobie primaire: les "boches" ne sont pas de retour. Je ne tiens pas les Allemands d'aujourd'hui pour responsables des crimes de leurs pères. Et la Bundeswehr n'est pas la Wehrmacht, nous sommes d'accord.

 

Pourtant, je suis indigné de cette annonce. Indigné d'abord par les termes emphatiques du président déclarant que la France est "heureuse" et "honorée" de recevoir cette unité allemande. Mais il parle en son propre nom, je suis aussi Français que lui (si ce n'est plus), et je ne me sens pas du tout "honoré" et "heureux". Ce qui me choque d'autre part, c'est le lieu choisi: une commune de la banlieue de Strasbourg, et plus précisément la caserne d'une unité française... qui va être supprimée! Il y a là un symbole que je n'apprécie guère. On aurait pu installer cette unité en Lorraine ou en Bourgogne puisque, c'est vrai, des unités françaises stationnent sur le territoire allemand. Mais non. Berlin a insisté et obtenu que sa brigade soit installée en terre alsacienne, à Strasbourg, à deux pas du Parlement européen, dans une caserne abandonnée par l'armée française. J'y vois là un abandon symbolique de souveraineté. Or le symbole est important en politique. Par ailleurs, ne peut-on voir dans cet acte la volonté allemande d'arrimer un peu plus l'Alsace à la République fédérale? Cette dernière attire déjà de nombreux travailleurs transfrontaliers alsaciens. Par le biais d'associations culturelles ou d'amitié "transrhénane", l'Allemagne soutient discrètement l'identité alsacienne "germanique" et européenne. Et avec quel succès! J'ai entendu sur France 3 ce midi un Alsacien, pourtant fils de Malgré nous, dire "Nous ne sommes plus Français, nous sommes Européens". C'est dire si la propagande européiste, inculquée dès la primaire et le collège (je suis bien placé pour le savoir), est efficace. Ce monsieur sait-il que la France a perdu 1 200 000 soldats il y a moins d'un siècle pour récupérer l'Alsace? Voilà qu'aujourd'hui certains Alsaciens font preuve d'ingratitude. Et les Allemands sourient en silence de cette montée du régionalisme qu'ils encouragent partout en Europe par le biais de l'Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes (UFCE) qui défend les droits culturels de toutes les minorités... officiellement, il est vrai, sans désir de les "monter" contre l'Etat qui les héberge.

 

Cette annonce appelle également une réflexion plus générale sur la politique de défense du président Sarkozy. La France va vraisemblablement réintégrer le commandement de l'Otan. Pascal Boniface, spécialiste de géopolitique à l'IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques), a expliqué à France Info que Nicolas Sarkozy fait un "pari": celui d'obtenir plus d'influence en rentrant dans le rang, suivant la maxime "il faut parfois faire mine d'obéir pour mieux diriger". L'idée n'est pas stupide. Seulement, cette influence sera proportionnelle à la puissance militaire. Or que vont voir les spécialistes américains lorsqu'ils vont se pencher sur les capacités militaires de notre pays? Eh bien, ils vont découvrir une armée affaiblie, dont les effectifs ont été réduits et les moyens rognés dans le cadre du "Livre blanc de la Défense". Depuis des années, des rapports soulignent des problèmes d'équipement: matériel hors d'usage, manque de pièces de rechange, non renouvellement du matériel... Une armée moderne coûte cher et aujourd'hui le gouvernement n'a plus la volonté de faire ces dépenses qui sont des sacrifices nécessaires. Alors on se réfugie derrière l'Otan et la défense européenne. Par conséquent, la France entre dans l'Otan dans un état de faiblesse militaire qui ne lui permettra certainement pas de peser autant que l'espère le président. Et les Etats-Unis ont déjà averti qu'ils allaient demander des efforts à leurs alliés pour poursuivre leur épuisante guérilla dans les montagnes d'Afghanistan...

 

Dans ce contexte d'affaiblissement militaire et de retour dans l'orbite américain, l'arrivée de soldats allemands n'est pas une bonne nouvelle. Outre le pied-de-nez maladroit fait à l'histoire et à la mémoire de la France, ces Allemands investissant une caserne désertée par l'armée française apparaissent bien comme le signe que la nation française se refuse de plus en plus les moyens d'assurer sa propre défense, et donc au final son indépendance et sa liberté.



08/02/2009
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