Nationaliste Social et Ethniciste

Nationaliste Social et Ethniciste

Il faut liquider l'identité nationale de la France!

On pourrait résumer ainsi l'agitation qui s'est emparée des pseudo-élites depuis quelques temps. M. Besson a posé la question qui fâche les humanistes bien-pensants, les adeptes larmoyants des Droits de l'homme et du relativisme culturel. Tous les républicains de l'abstraction (pour qui la France se résume à trois ou quatre valeurs), qui croyaient depuis quelques années avoir réussi à confisquer la République, s'alarment : ce peuple rebelle à leur idéologie, insupportable par son attachement indéfectible à la Patrie (et pas seulement à la République), ce peuple qui leur a dit « non » sans ambages lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen, ce peuple enfin qui les effraie tant, s'exprime à nouveau. Et là, effondrés, que découvrent nos humanistes de service ? Ce peuple exprime des réserves sur l'immigration. Il est choqué que des supporters algériens se permettent, à Toulouse, de décrocher le drapeau national pour le remplacer par celui de l'Algérie. La glorieuse Algérie ! Celle du très démocrate Abdelaziz Bouteflika, grand pourfendeur de la France et modèle de tolérance. L'Algérie qui emprisonne des chrétiens parce qu'ils ont des bibles dans leur coffre de voiture. L'Algérie xénophobe qui ne tolère pas les Chinois sur son sol. Apparemment, le multiculturalisme, c'est bon pour les Français mais pas pour les Algériens !

 

Bref, nos nobles docteurs ès morale-et-bonne-pensée s'affolent. Le débat est en train de montrer que de très nombreux Français ne veulent pas de la République abstraite, vidée de toute substance historique, qu'on veut leur imposer. Ils sentent que la courageuse dérobade de Vincent Peillon, loin de leur faire une bonne publicité, dessert leur discours, fondé sur le bourrage de crâne : à force de répéter que la France est métissée et multiculturelle, ils s'imaginent qu'elle le sera. Aussi, la contre-attaque s'organise. Ce jeudi 21 janvier, France Info s'est fait l'écho des grandes manœuvres en cours.

 

Stigmatiser les Français natifs

Jeudi matin, 6h15, le réveil sonne. Le prof, paresseux par nature (un lecteur du Figaro expliquerait cela mieux que moi), s'extrait non sans peine de son lit douillet. Humeur maussade. Tiens, c'est grève aujourd'hui. Bon, il y a les programmes à boucler et puis franchement, une petite manif comme ça, tous les trois mois, à quoi cela sert-il ? Luc Châtel et François Fillon doivent ricaner. J'ai fait les grèves l'année dernière et les postes ont été supprimés. Il faudra bien que les syndicats trouvent d'autres moyens de se faire entendre. Parenthèse fermée. Arrivée dans la cuisine en pilotage automatique, et allumage de la radio (sur le même mode). Je passe sur les problèmes à Haïti et l'emprise grandissante des Américains, dans un but humanitaire cela va sans dire. C'est l'heure de l'interview (pas d'équivalent français ?) du jour. Aujourd'hui, c'est un écrivain dont j'ignorais l'existence, comme c'est le cas de la plupart des écrivains (et je dors bien !) : Jean-Claude Carrière, auteur d'un Dictionnaire amoureux du Mexique que je crois avoir aperçu dans une librairie. Il évoque d'abord le Mexique, qu'il connaît bien. Il explique, si j'ai bien compris, que le Mexique a une identité multiple et que les Mexicains ont trois « masques » dont ils usent selon les circonstances : un « masque » précolombien (les Toltèques, Aztèques, Mixtèques et Zapotèques) ; un « masque » chrétien (héritage de la colonisation espagnole) ; et un « masque » révolutionnaire puisque le Mexique est un effet une terre assez portée sur la révolution. Le fin connaisseur ajoute que les Mexicains se considèrent comme un peuple métissé. Et de fait, ils le sont, ethniquement et plus encore culturellement. Jusque-là, tout va bien et on aurait souhaité en rester là.

 

Mais voilà, la discussion dérive sur la question brûlante du jour : qu'est-ce qu'être français ? L'écrivain laisse alors la place à l'idéologue. M. Carrière déclare d'abord qu'il faut revenir au sens premier des mots « comme dit Confucius » (je n'ai toujours pas compris ce que Confucius venait faire ici). Puis, notre intellectuel déclare doctement : « l'identité nationale, c'est quoi ? On nous demande en fait d'être fier d'être français, c'est-à-dire fier d'être français de souche, blanc, depuis des générations ». Je ne puis garantir totalement la restitution, mais l'essentiel est là, et ce sont ces mots-là qui ont été employés autant que je me souvienne. Et M. Carrière de conclure : « il faut arrêter ça [le débat, je suppose] tout de suite ». Entendre ces paroles, si tôt, alors qu'on est à peine réveillé, c'est dur. Le coup de massue fut tel que la suite de l'entretien m'échappait en grande partie. Il me semble avoir entendu quelque chose du genre « être métissé (ou multiculturel) permet une meilleur ouverture d'esprit ». Cela doit être très vrai car je serai toujours allergique à ce type d'individu, donneur de leçon drapé dans l'arrogance et la suffisance que procure, sans doute, le sentiment d'être « multiculturel ». Je ne suis pas choqué par l'opinion exprimée par ce monsieur Carrière. Il n'est pas le premier, ni le dernier, à professer de telles idées. Non, ce qui me gêne, c'est l'absence totale d'arguments. On a là une certitude, presque un dogme, qui est énoncée, sans doute ni débat possible. Cette façon de faire est des plus agaçantes. Le discours tenu sur ce blog est évidemment contestable, et les arguments qui le fondent sont loin d'être sans faille. Mais au moins, autant que faire ce peut, je m'efforce d'argumenter, de citer mes sources aussi souvent que possible, de prendre en compte d'éventuelles critiques. Rien de tout cela chez M. Carrière, comme chez la plupart de ses semblables.

 

Car, enfin, une question se pose : qui a dit que « fier d'être français » signifiait « fier d'être français de souche, blanc, depuis des générations » ? Certainement pas Max Gallo dans son ouvrage intitulé justement Fier d'être Français ! Mais surtout, ce n'est absolument pas le discours tenu par Eric Besson sur France 2, bien au contraire ! J'ai développé ce point dans l'article précédent. Nous avons donc affaire à un intellectuel prétentieux, qui n'a même pas pris soin d'écouter la prestation du ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, et qui arrive pour raconter n'importe quoi. Et on nous présente ces gens-là comme des « spécialistes ». C'est inquiétant. Mais d'autres questions se posent : doit-on avoir honte d'être « français de souche », j'aime mieux dire français natifs ? Si oui, pourquoi ? Le hasard a fait que la France s'est trouvée occupée par des populations de type européen (il faut rappeler encore une fois qu'il n'y a pas de « race blanche »), de même que la Chine par des populations de type asiatique ou le Congo par des populations de type subsaharien. Et alors ? Il se trouve que ces populations de type européen ont constitué une nation et se sont forgées une identité propre. Où est le problème ? En quoi est-ce choquant ? « Français depuis des générations », cela n'est certainement pas un critère pertinent. Olivier Besancenot est peut-être « français depuis des générations » (si j'en juge par son patronyme) mais cela ne l'empêche pas d'exécrer la terre de ses pères. A contrario, des gens comme Max Gallo (d'origine italienne) sont, à bien des égards, « plus français » que M. Besancenot. On ne voit pas bien pourquoi il faudrait absolument que le vieux fond de la population française change. Pourquoi le métissage est-il si nécessaire ? D'autre part, n'est-il pas paradoxal de condamner l'identité nationale quand on fait en même temps la promotion de l'identité européenne ? Or, qu'est-ce qui fait un Européen ? La culture ? Ah oui, entre un Portugais et un Finlandais, les affinités culturelles sautent aux yeux, de même qu'entre un Irlandais et un Bulgare. Tout ou presque diffère : religion, langue, histoire, traditions. Alors, que reste-t-il ? L'appartenance ethnique…

 

L' « Appel pour une République multiculturelle et postraciale » (1)

Midi et demi, retour à la maison. Allumage de la radio, sur France Info, toujours. Et le festival continue. L'invité est un certain François Durpaire, à l'origine de cet « Appel pour une République multiculturelle et postraciale ». Je suis à peine étonné d'apprendre que l'inénarrable Lilian Thuram est signataire du texte. Lilian Thuram, le footballeur qui pense. Pardon, qui pense qu'il suffit de porter des lunettes pour être intelligent. Lilian Thuram, nouveau porte-parole de la négritude, parfois invité sur les plateaux télé pour parler de l'Afrique et de ses problèmes (il est Guadeloupéen !). Lilian Thuram, le porte-voix des Antillais confrontés à la pauvreté. Depuis des années, j'entends des gens s'indigner qu'autant d'ouvriers votent pour le milliardaire Le Pen. Trouvent-ils normal que le milliardaire Thuram se fasse porte-parole des pauvres Guadeloupéens ? Je me souviens du jour où j'entendis, ébahi, Lilian Thuram expliquer comment il avait torturé son propre fils de questions jusqu'à lui faire avouer que « oui, ce serait mieux si tu étais blanc, papa » ! Avec Lilian Thuram, c'est du sérieux. Le vilain préjugé, on va le chercher loin. Après ça, si son gamin n'a pas de « questionnement identitaire », comme on dit… Et c'est toujours la même méthode. M. Thuram demande un sondage. Première question : combien existe-t-il de races ? 55 % des sondés répondent : plusieurs. Vous voyez, les préjugés sont là, immuables, dans leur raideur fascisante. Personnellement, il m'aurait semblé plus judicieux de poser comme première question : pour vous, existe-t-il des races humaines ? Et dans un deuxième temps, si oui, combien. Mais il est plus que probable que Lilian Thuram et son institut de sondage voulaient le résultat qu'ils ont obtenu. Ils ont donc réfléchi au type de question qui légitimerait a posteriori leur inquiétude. D'ailleurs, si le sondage n'avait rien donné, je pense que M. Thuram aurait été bien embêté.

 

« République multiculturelle et postraciale » : à la lecture de cet énoncé, pompeux au point d'en être ridicule, je m'interroge. Bon, « République multiculturelle », je vois à peu près ce que cela veut dire : plus de « minorités visibles » à la télévision, dans les grandes écoles et au Parlement, plus de mosquées, plus de niqabs, de gandourahs, de restaurants communautaires, etc… Un beau projet communautariste en perspective, un retour au bon vieux tribalisme. On notera d'ailleurs une confusion lorsque Pascal Blanchard, historien et autre signataire, déclare : « le métro le matin, c'est un métro multiculturel ». C'est surtout un métro pluri-ethnique. Or, un peuple peut avoir plusieurs composantes ethniques et être uni par une seule culture. Par exemple, l'empire romain, dans sa partie occidentale, fut toujours pluri-ethnique mais une même culture latine a fini par unir Italiens, Gaulois, Celtibères, Lusitaniens, Africains. Et tous se déclaraient romains ! De plus, il s'agit certainement du métro parisien, et il serait bon de se rappeler, messieurs, que Paris n'est pas toute la France. Pour « République postraciale », en revanche, il faudra m'expliquer. « Comme disait Confucius », revenons au sens premier des mots : « raciale », adjectif dérivé de « race » et « post », préfixe signifiant « après ». Donc la « République postraciale », c'est logiquement la République qui vient après la « République raciale ». Mais c'est quoi la « République raciale » ? On ne sait pas. Jamais aucun historien n'a défini ce système. A moins que… « République raciale » ne veuille en fait dire « République raciste » ! Pourtant non, puisqu'on peut lire : « selon eux [les signataires de l'appel], la France n'est pas raciste mais encline à perpétuer des préjugés raciaux ». Je suis habitué aux circonvolutions du langage, plaie de notre société moderne gangrenée par la malhonnêteté et l'hypocrisie, et qui n'ose plus appeler un chat un chat. Mais là, c'est un exemple d'anthologie ! Honnêtement, « préjugé racial », ce ne serait pas un tout petit peu synonyme de « racisme » ? Hein, franchement ? Encore des gens qui prennent le citoyen lambda pour un imbécile ! Donc les signataires nous expliquent que la République est raciste mais ils n'ont même pas le courage de le dire. Bel état d'esprit ! Je note aussi que (comme d'habitude) il est question des « préjugés raciaux » des blancs sur les noirs, donc du racisme à l'égard des « pauvres » descendants d'esclaves et de colonisés, maghrébins et subsahariens, mais qu'en aucun cas n'est évoqué le racisme dirigé contre les Français natifs (ou issus de l'immigration européenne), racisme qui lui est le fait de nos chères « minorités visibles ». Mais pour Lilian Thuram et compagnie, le problème ne peut pas être là. Les coupables sont tout trouvés. Ces messieurs ne s'interrogent pas un seul instant sur la responsabilité de certaines populations d'origine maghrébine et subsaharienne dans la construction des préjugés qui les présentent sous un jour défavorable.

 

En tout cas, les signataires annoncent la couleur : « un « rapport de force » est nécessaire pour reconfigurer la République ». On progresse. On connaissait la France, simple abstraction nommée « République », on découvre à présent la France, simple logiciel qu'on va « reconfigurer ». Encore du bourrage de crâne en perspective… Il est plus ou moins question, à terme, d'avoir un « Obama français ». Des idolâtres du melting-pot soi-disant harmonieux made in USA. Mais une question me taraude : pour qui ces honnêtes gens roulent-ils ? Le PS, exsangue et décrédibilisé, envoie-t-il la société civile au front ?

 

Conclusion

Que penser de ce remue-ménage ? En fait, ce n'est pas complètement négatif. Tous ces propos, démentis par l'opinion de nombreux citoyens, toutes ces tentatives, vouées à l'échec, montrent une chose : les partisans du multiculturalisme, du métissage et de la République abstraite s'inquiètent. La résistance opiniâtre qu'ils rencontrent les déstabilise quelque peu et les contraint à redoubler d'effort. En pure perte. Nous ne céderons rien. Nous ne capitulerons pas. L'unité de la République et de la nation est une valeur sur laquelle on ne transige pas. Nous disons à tous ces gens : nous n'avons que faire de votre argumentaire racialiste emprunté aux Indigènes de la République. Car c'est vous, en réalité, qui réintroduisez la notion de « race » dans le débat politique, afin de jeter l'opprobre sur les républicains attachés à la patrie et à la nation, et qui émettent de justes réserves sur l'immigration actuelle. Mais la supercherie ne passera pas. Je ne connais pas de « race ». Seulement des peuples et des nations façonnées par l'histoire.

 

 (1) : //www.afrik.com/article18547.html



21/01/2010
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