Nationaliste Social et Ethniciste

Nationaliste Social et Ethniciste

Réflexions sur le livre de Ch. Caldwell et l'immigration en France (1)

J’entame ici une série d’articles consacrés à l’immigration. Je pensais faire d’abord un simple compte-rendu de l’ouvrage écrit par Christopher Caldwell et intitulé Une Révolution sous nos yeux. Comment l’islam va transformer la France et l’Europe pour sa traduction en français paru aux éditions du Toucan. Mais la lecture fort instructive de cet ouvrage amenant beaucoup de réflexions, et comme je souhaite concentrer les miennes sur la France (Caldwell étudiant lui tous les pays d’Europe occidentale et septentrionale), je modifie un peu mon projet, le commentaire de l’œuvre alternera donc avec des développements de mon cru.

Ce qui a attiré mon regard sur cet ouvrage, c’est le fait que la démographe Michèle Tribalat l’ait préfacé, et sur un ton élogieux. Cette scientifique spécialiste de l’immigration tente depuis plusieurs années de réintroduire cette question dans le débat public, en expliquant notamment que les postulats de la rhétorique immigrationniste sont, sinon faux, du moins à nuancer, et en tout état de cause sujets à débat. Débat dans lequel le citoyen a toute sa place, parce qu’au final il s’agit bien de décider ce que sera le visage de la France future. Et on ne voit pas bien pourquoi une poignée de procureurs pseudo-humanistes et de gardiens de la Morale droit-de-l’hommiste confisqueraient le débat. Or c’est ce qui se passe depuis des années dans notre pays, où le dogme de l’immigration salvatrice est inattaquable sous peine d’être excommunié comme suppôt de Le Pen, autant dire de Lucifer en personne. J’avais acheté le livre de Michèle Tribalat, Les Yeux grands fermés : l’immigration en France, mais j’ai dû renoncer à le terminer. Très intéressant, mais souvent très technique, et pour être franc difficilement accessible à quelqu’un qui n’est pas familier de la démographie scientifique. J’ai donc feuilleté l’ouvrage de Caldwell avant de l’acheter pour vérifier s’il était facile à lire. Caldwell est journaliste et comme souvent chez les Anglo-saxons, son texte se lit bien. Les Français ont parfois le défaut de donner dans l’intellectualisme pompeux qui amène son cortège de néologismes et de formulations absconses. Il suffit de lire certains textes officiels de l’Education Nationale…

 

Présentation de l’auteur

Christopher Caldwell est né en 1962 en Nouvelle-Angleterre. Selon ses propres termes, il appartient « à une génération où 80 % des bons éléments apprenaient le français au lycée », ce qui en dit long sur le rayonnement que notre pays avait conservé dans les années 70. Diplômé de Harvard, il s’oriente vers le journalisme, et se spécialise bientôt dans les affaires européennes. A l’heure actuelle, Caldwell est éditorialiste au Financial Times et rédacteur au New York Times Magazine et au Weekly Standard. Il est important de dire un mot de ces titres, pour bien comprendre à qui nous avons affaire. Le Financial Times est le quotidien anglais de référence en matière économique. Il est imprimé un peu partout dans le monde (y compris à Paris). Il dispose d’une version américaine et récemment (en 2000) une version en allemand a été lancée, ce qui en dit long sur la langue parlée par l’Europe « qui gagne ». Le Weekly Standard est un hebdomadaire qui passe pour être proche des néoconservateurs et des républicains en général, bref un des relais de la droite américaine. C’est pourquoi Caldwell est parfois qualifié de « néoconservateur ». Le Weekly a soutenu en son temps la guerre en Irak, allant jusqu’à défendre contre l’évidence l’existence d’une alliance entre Saddam Hussein et Al-Qaida. Le New York Times Magazine est le supplément hebdomadaire du New York Times, prestigieux quotidien américain plutôt prisé par les démocrates et les républicains modérés, autrement dit le centre-droit et le centre-gauche de l’échiquier politique américain (mais « centre-gauche » est peut-être un peu excessif pour des démocrates qui considèrent les sociaux-démocrates européens comme des communistes…). Disons un journal centriste. Présenter Caldwell comme un « néocons’ » est donc abusif, mais pas très surprenant : en France, « néoconservateur » est en passe de devenir un synonyme de « fasciste », avec en plus l’idée d’être à la solde de l’Oncle Sam. Eu égard à ce qu’écrit Caldwell, il n’est pas étonnant qu’il soit taxé de « néoconservatisme », une méthode éprouvée pour disqualifier des propos déplaisants en évitant d’aborder les questions de fond. Mais il est tout aussi certain que l’auteur est plus républicain que démocrate, et donc plutôt à droite.

 

Je n’aime pas tellement les Américains (oui, je sais, on me dira que je suis xénophobe parce que je n’aime personne…). Ils incarnent pour moi la mondialisation, le capitalisme libéral, l’arrogance, le cosmopolitisme, un puritanisme grandiloquent et ridicule associé à la cupidité la plus vile. C’est un peuple qui manque de profondeur historique, et à qui la mémoire fait parfois défaut, nous rappelant à tout propos notre dette contractée lors de la dernière guerre mais oubliant qu’il y a longtemps, cette poignée de colons ne serait pas allée bien loin sans la France qui daigna les sauver des sauvages mercenaires hessois et hanovriens (Georges III étant prince-électeur du Hanovre). D’un autre côté… Les Etats-Unis sont une fille des nations d’Europe. Leur culture, bien que résultant de mélanges complexes, reste à dominante européenne. Les Américains se souviennent de leurs racines anglaises, irlandaises, italiennes, russes, polonaises, tchèques, allemandes, et même françaises pour quelques natifs de Louisiane. Les Etats-Unis sont bien la première puissance de l’Occident, et la France comme ses voisins appartient à cette communauté occidentale, qui partage un certain nombre de valeurs (ce qui est insuffisant à mes yeux pour constituer un état unique, ce en quoi le nationaliste que je suis diffère des européistes et des partisans d’une union transatlantique). Je reconnais d’autre part certaines qualités aux Américains : le patriotisme, une foi impressionnante dans le destin national, une fierté certaine, une ardeur belliqueuse qui ignore souvent la peur, la prudence et la raison, mais aussi une lucidité qui nous fait souvent défaut et un attachement réel à la liberté, y compris d’expression. Je n’aimerais pas être américain, mais je reconnais que les Etats-Unis sont une grande nation. Lucide, je crois que Caldwell l’est dans son livre, en tout cas beaucoup plus que nos « élites », terrifiées à l’idée d’aborder ce tabou de l’immigration, son coût et ses conséquences.

 

Un phénomène d’une ampleur inégalée

La thèse du livre peut se résumer en peu de mots. Caldwell pose la question suivante : l’Europe peut-elle rester ce qu’elle fut avec l’immigration extra-européenne qu’elle connaît depuis la deuxième moitié du XX° siècle ? Autrement dit, l’immigration extra-européenne va-t-elle bouleverser les identités des vieilles nations européennes ? L’auteur répond d’emblée : non, l’Europe ne restera pas ce qu’elle fut et oui, les identités nationales vont être transformées par les flux migratoires. Ce que Caldwell reproche aux élites européennes, c’est de refuser d’aborder cette question en faisant semblant de croire qu’ « il n’y a aucun problème avec l’immigration » pour reprendre les termes d’un certain Olivier Besancenot. Caldwell a déjà un mérite : dissocier immigration européenne et immigration extra-européenne. En France, des chercheurs comme Gérard Noiriel, un des papes de l’histoire de l’immigration, se refusent catégoriquement à opérer cette distinction : ils veulent nous faire croire que l’immigration maghrébine et subsaharienne ne diffère en rien de l’immigration italienne, belge, polonaise, portugaise… que notre pays a connue depuis la fin du XIX° siècle. Leur argumentation s’appuie sur des exemples de xénophobie, de racisme de la société française à l’égard des migrants à cette époque. Et on vous citera à coup sûr la fameuse tuerie d’Aigues-Mortes de 1893, preuve irréfutable que rien n’a changé, les ritals étaient les beurs de jadis. Il est toujours dangereux de généraliser. Ainsi à Aigues-Mortes, les Italiens ont effectivement pris des emplois à des Français qui n’ont pu être embauchés, ou pour être précis, la Compagnie des Salins du Midi, a choisi d’engager des Italiens, selon toute vraisemblance moins bien payés. Les Français ont mal vécu cette concurrence déloyale. Le drame est que les Italiens tués n’étaient coupables de rien, puisque la Compagnie était allée les chercher dans le nord de l’Italie, ces pauvres gens n’étaient pas venus « manger le pain des Français » selon la formule consacrée. La tuerie d’Aigues-Mortes est un drame et une page d’histoire peu reluisante dans nos rapports avec l’Italie, notre « sœur » latine, le pays d’Europe qui nous est le plus proche culturellement (et dont la culture nous a le plus fascinés et influencés).

 

Pour autant, prétendre qu’Aigues-Mortes et quelques autres événements de ce type (à Lyon par exemple) suffit à dire que l’immigration italienne a posé les mêmes problèmes que l’immigration maghrébine et subsaharienne, et nous faire croire que ces problèmes seront résolus de la même manière, relève à mon sens de la mauvaise foi ou de la naïveté. Soyons clairs : Italiens, Belges, Polonais, Portugais, Espagnols sont des étrangers, mais ils appartiennent à la même aire culturelle que la France, l’aire occidentale, de tradition chrétienne et latine. La plupart de ces peuples sont nos voisins, et leurs langues mêmes sont apparentées à la nôtre. Le fait est qu’ils se sont fondus en deux générations dans notre nation. Est-ce à dire que les Maghrébins et les Subsahariens ne peuvent pas devenir français ? Non, mais ce n’est pas être raciste que de dire que le fossé culturel étant plus profond, ce sera plus difficile. Caldwell souligne aussi, à juste titre, que ce n’est pas gagné d’avance. Les immigrationnistes, la plupart des spécialistes de l’immigration, nos élites politiques font mine de croire que l’intégration, l’assimilation sont des mouvements naturels et inéluctables. Or, on commence à s’apercevoir que c’est faux. Qui plus est, lorsque l’identité nationale est dénigrée par ceux-là mêmes qui devraient la défendre, lorsque la repentance empoisonne systématiquement le débat, l’intégration devient d’un coup moins attrayante. Pourquoi les immigrés seraient-ils tentés par une identité qui fait horreur à tant de natifs ? Si la France, c’est le colonialisme, l’esclavage, le racisme, la xénophobie, la haine, l’intolérance, le pétainisme (voilà ce qu’on répète à l’envie dans certains milieux influents), qu’est-ce qui peut pousser un jeune Arabe à adopter cette identité ? Rien. Le récent rapport de Gilles Kepel a souligné qu’on assiste dans les banlieues françaises à une réislamisation par rapport aux générations précédentes. Sur place, et du fait de jeunes nés en France et qui ont (ou auront) la nationalité française. Oui, au pays des Lumières et de la laïcité triomphante, des jeunes choisissent une pratique religieuse ostentatoire, optant parfois pour le salafisme et le niqab. Je ne peux m’empêcher d’y voir à la fois un rejet et un échec de la République.

 

Caldwell commet cependant une imprudence. Il a l’honnêteté de dire au début de l’ouvrage qu’il procédera à des généralisations, parce que sans elles, il est bien difficile de mener une réflexion globale. Il pense, comme moi, que lorsqu’on met bout-à-bout des faits ponctuels, des détails, une infinité de petits événements qui, pris séparément, paraissent anodins, on finit par obtenir une tendance générale. C’est l’idée que je défends quand je parle de guerre larvée des populations issues de l’immigration contre la République. Mais Caldwell assimile trop facilement immigration extra-européenne et immigration musulmane. Or il parle des Caribéens et des Indiens (hindous) de Grande-Bretagne, on pourrait citer aussi les Chinois et les Asiatiques en général. On peut aussi rappeler que tous les Subsahariens, loin s’en faut, ne sont pas musulmans. Je suis d’accord pour dire que l’islam est l’un des problèmes majeurs induits par l’immigration, mais ce n’est pas le seul. Je pense que le problème fondamental reste l’immigration en tant que telle, et non l’immigration musulmane.

 

Passons aux chiffres. Les chiffres sont utiles, mais il faut s’en méfier, on les manipule aisément d’une part, et d’autre part il faudrait que les scientifiques comprennent que tout n’est pas mesurable : une façon de vivre qui s’efface, une habitude vestimentaire qui disparaît, une tradition culinaire qui se meurt, cela ne se mesure pas toujours. Les transformations « culturelles » sont plus difficiles à saisir. Que dit Caldwell ? Qu’il est inutile de se voiler la face : l’immigration extra-européenne de la deuxième moitié du XX° siècle est à la fois massive et sans précédent. Dire le contraire est mensonger. Pourtant, on trouve partout en Europe, et particulièrement en France, des spécialistes qui vous expliquent doctement que nos pays sont « depuis toujours des terres d’immigration ». C’est faux. Dans un article (1), j’ai tâché de montrer que les « grandes migrations » du V° siècle de notre ère, le plus grand mouvement de population en Europe occidentale depuis la naissance du Christ jusqu’au XX° siècle, sont sans commune mesure avec ce que nous vivons depuis une soixantaine d’années. D’abord, les migrants, germaniques pour la plupart, étaient des Européens, des voisins mêmes (Francs, Alamans), souvent partiellement romanisés pour beaucoup, christianisés pour certains (Goths, Burgondes). Ils étaient de surcroît assez peu nombreux. Depuis, hormis quelques bandes de Sarrasins et de Normands, rien ou pas grand-chose pour prendre l’exemple de la France. Alors bien sûr, on peut toujours trouver des immigrés : les banquiers lombards du Moyen Âge, les artistes italiens de la Renaissance, les artisans et ingénieurs néerlandais sous Louis XIV,… Mais cette immigration, en terme d’effectifs, ne représente quasiment rien. Cette immigration fut souvent individuelle et ponctuelle. Rien à voir avec les flux migratoires induits par la mondialisation ! Comme le dit Caldwell, quelques centaines ou milliers d’immigrés ne suffisent pas à faire un « pays d’immigration ». Or certains, aujourd’hui, nous expliquent que la présence de populations noires en France est une vieille tradition, et pour cela, un historien rédige une thèse sur les 2 000 « nègres » présents sur le sol français au XVIII° siècle. Ce point de vue est biaisé : ces noirs ne sont pas venus de leur propre chef, leur présence est une conséquence du commerce triangulaire. Ces noirs sont domestiques dans des familles riches, ils ne forment pas une « population noire » avec ses structures familiales, son héritage culturel et ses quartiers communautaires. Et ils sont quelques centaines dans une France de 25 millions d’âmes. Aujourd’hui, les Subsahariens sont des dizaines de milliers, présents dans toutes les grandes villes du pays, et dans de nombreuses villes moyennes, et « connectés » à leurs pays d’origine. La différence est de taille. Mais l’idéologie immigrationniste amène certains historiens à comparer l’incomparable et à essayer de bâtir une « tradition d’accueil » parfaitement fictive, en établissant des liens entre des événements qui n’ont aucun rapport. La « présence noire » au XVIII° siècle n’a rien à voir avec la « présence noire » au début du XXI° siècle.

 

Des spécialistes manipulent les chiffres pour rassurer la population native et soutenir la rhétorique immigrationniste. Un exemple : vous entendrez souvent que « le nombre d’étrangers et d’immigrés en France est stable depuis des décennies ». Donc rien ne bouge, dormez braves gens, ne croyez pas ceux qui vous parlent d’ « invasion », ce sont de méchants xénophobes. Sauf qu’un certain nombre d’immigrés étrangers deviennent français par mariage ou naturalisation, et leurs enfants sont français, ou ont la double nationalité. Ces gens changent de statut, mais ils sont toujours là. Et si la proportion d’étrangers et d’immigrés restent stables, c’est qu’un flux migratoire persistant remplace par de nouveaux arrivants ceux qui entrent dans la case « Français de nationalité »… Si la situation était vraiment stable, il ne devrait plus y avoir d’immigrés au bout d’une génération et il ne resterait qu’une poignée d’étrangers. Autre manipulation : le fameux solde migratoire. Vous entendrez régulièrement les immigrationnistes clamer : « le solde migratoire en France est presque nul ! Donc l’apport migratoire est en réalité très faible ! Le FN ment aux Français ». Mais le solde migratoire ne veut pas dire grand-chose si l’on ne répond pas aux questions suivantes : qui part ? qui arrive ? Parce qu’un solde migratoire nul peut recouvrir différentes réalités. Il peut n’y avoir ni entrée, ni sortie. Il peut y avoir autant d’immigrés qui entrent que d’immigrés qui repartent. Mais si 50 000 Africains entrent tandis que 50 000 natifs partent, ce n’est pas comme s’il ne se passait rien ! 50 000 natifs sont de fait « remplacés » par autant d’étrangers extra-européens, et ce remplacement, s’il se répète au cours des années, finit par modifier en profondeur la population du pays, ainsi que ses repères culturels. Mesurer le nombre ou la proportion d’immigrés et/ou d’étrangers est en réalité un piège. Par exemple, en 1975, la population immigrée avait une composition très différente de celle d’aujourd’hui : les Portugais étaient très nombreux, ainsi que les Espagnols. Actuellement, ils sont beaucoup moins nombreux, et ne représentent qu’une infime partie des entrées sur notre territoire. Si on doit utiliser les chiffres, qu’on le fasse avec un minimum d’honnêteté. Observons ainsi le tableau suivant :

 

Nationalité

1970

2010

Evolution

Algériens et leurs descendants

800 000

1,5 à 1,9 million

+ 86 %

à + 137,5 %

Marocains et leurs descendants

85 000

800 000 à 1 million

+ 841 %

à + 1 076 %

Tunisiens et leurs descendants

65 000

600 000

+ 823 %

Total Maghrébins et descendants

950 000

2,9 à 3,5 millions

+ 205 %

à + 268 %

En part de la po-pulation française

1,9 %

4,5 % à 5,4 %

  _

Maliens

12 000

 

35 000

+ 192 %

Sénégalais

29 000

 

41 000

+ 41 %

Ivoiriens

6 000

 

19 000

+ 217 %

Les chiffres de la colonne de gauche ne sont pas forcément ceux de l’année 1970, il peut s’agir de ceux de 1968 (arrondi au nombre rond supérieur) ou de 1972 (arrondi au nombre rond inférieur dans ce cas). Ils proviennent du Quid 2002 et on peut penser qu’ils sont relativement fiables, puisqu’à cette époque très peu de Maghrébins et de Subsahariens étaient naturalisés, et encore moins étaient nés en France. Le regroupement familial n’existait pas encore.

En revanche, les chiffres de la colonne « 2010 », outre qu’il peut s’agir de chiffres de 2005 selon ce que j’ai trouvé, sont beaucoup plus difficiles à établir, puisqu’on compte cette fois les descendants de nationalité française. Plusieurs remarques concernant ces derniers : a) rien ne dit que tous leurs ascendants sont de la même nationalité, même si l’endogamie est forte, ne serait-ce que pour des raisons religieuses ; b) certaines personnes peuvent être comptabilisées plusieurs fois (exemple : un Français ayant un parent marocain et l’autre algérien est à la fois descendant d’Algérien et de Marocain) ; c) selon les sources, les chiffres varient énormément ; prenons l’exemple des Marocains : ils sont officiellement autour de 460 000 en 2005, mais on ne compte là que ceux qui n’ont pas la nationalité française ; d’un autre côté, j’ai trouvé des estimations montant à 1,2 voire 1,8 million de Marocains et gens d’origine marocaine en France. J’ai retenu les chiffres me paraissant correspondre au « juste milieu », mais tout dépend du mode de comptage. Pour les Subsahariens, dont l’immigration est plus récente, les éventuels descendants de nationalité française ne sont pas comptabilisés.

Dernière chose : les effectifs pour l’Algérie ne prennent pas en compte les descendants de Harkis (estimés à 400 000).

En tout état de cause, les chiffres proposés ne prétendent pas à la précision absolue, il s’agit d’ordres de grandeur raisonnables, et probablement pas très éloignés de la réalité.

 

Que constate-t-on grossièrement en regardant ce tableau ? Que la théorie de la « stabilité de l’immigration » prend du plomb dans l’aile ! En terme de pourcentage, la croissance des populations d’origine maghrébine et subsaharienne est impressionnante, mais juste une question : avez-vous jamais entendu un spécialiste de l’immigration poser ces chiffres ? Bien sûr que non, parce que ce serait signer l’arrêt de mort de la rhétorique immigrationniste. Les Algériens et leurs descendants sont à peu près deux fois plus nombreux que les Algériens de 1970. Les Tunisiens et les Marocains sont presque dix fois plus nombreux qu’en 1970, si l’on compte leurs descendants. De manière générale, on peut raisonnablement soutenir que la population d’origine maghrébine a au moins triplé en quarante ans. Durant la même période, la population française totale est passée grosso modo de 50 millions à 65 millions, soit une augmentation de moins de 30 %. Conclusion : l’augmentation de la population d’origine maghrébine sur la même période est à peu près sept à neuf fois plus importante. Tout cela pour dire une chose fondamentale : malgré les discours rassurants et les manipulations chiffrées, l’immigration de masse est une réalité depuis plusieurs décennies. Et nous faire croire que c’est une « vieille tradition », c’est tout simplement ridicule. Comme si les quelques prisonniers barbaresques capturés en Méditerranée et vivant jadis à Marseille avaient quoique ce soit de commun avec les centaines de milliers de Maghrébins arrivés depuis la fin de la guerre.

 

(1) //blog-nationaliste.blog4ever.com/blog/lire-article-286920-1286185-les_grandes_migrations_du_v__siecle.html



11/02/2012
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