Nationaliste Social et Ethniciste

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Mobilisation contre la ratification de la Charte européenne des langues régionales

Il est un domaine, un seul, où François Hollande tient ses promesses, c’est lorsqu’il s’agit de distribuer des avantages, j’ose même dire des privilèges, à toutes sortes de lobbies communautaires. Les homosexuels ont eu le mariage, les féministes enragées une énième loi sur « l’égalité homme-femme » qui prétend imposer celle-ci à coup de parités obligatoires (ce qui est contraire au principe même d’égalité, mais passons). Les régionalistes auront la ratification de la Charte européenne des langues régionales. Du moins, la gauche tente de lancer le processus de ratification, qui est complexe puisque une modification de la Constitution est nécessaire et requiert donc la majorité des 3/5ème lors d’un Congrès réunissant députés et sénateurs. Je vais être clair : pour moi, l’application de la Charte européennes des langues régionales, c’est la mort de la France à moyen ou long terme. Lorsque les autorités d’un pays cessent de promouvoir la culture et la langue communes pour encourager les cultures et langues minoritaires, cela revient à favoriser les forces centrifuges qui cherchent à diviser la nation. La France a toujours connu des forces centrifuges, et elle en connaîtra toujours. Jusqu’à présent, l’Etat s’est efforcé de les affaiblir en diffusant le français, une histoire commune, une vision du monde commune. La République sait qu’il y a, qu’il y aura toujours des particularismes et des identités régionales. Contrairement à ce qu’on entend souvent, elle ne cherche pas à les détruire mais à les intégrer dans une identité plus large, l’identité nationale. Et cela suppose d’empêcher la persistance, non point des différences culturelles, mais des pratiques qui créent des exclusions. Or la langue, comme les interdits alimentaires ou certaines tenues vestimentaires, est un discriminant remarquablement efficace, qui permet très facilement de distinguer les « nôtres » des « autres ».

 

Chose promise, chose due. Dans un article où j’exposais voilà quelques temps tout le mal que je pensais de la Charte des langues régionales [1], je m’étais engagé à proposer sur ce blog un modèle de lettre à envoyer à son député ou à son sénateur. J’invite tous les citoyens patriotes, attachés à l’unité de la nation et à l’indivisibilité de la République à se mobiliser, et à écrire à leurs élus afin de manifester leur désapprobation. Ne croyez pas que ce soit inutile. Ecrivez à votre député, même s’il est socialiste, non, surtout s’il est socialiste. Il n’y a rien à attendre des Verts. L’UMP est partagée. Un courrier peut faire réfléchir un élu hésitant et – qui sait – le faire basculer du bon côté. Naturellement, je ne propose ici qu’un canevas, qui se contente de présenter les principaux arguments à développer. A chacun de l’adapter suivant son style, sa sensibilité, sa culture et son expérience… et en tenant compte de son interlocuteur.

 

 

Madame/Monsieur le député,

 

        Je me permets de vous alerter sur le processus de ratification de la Charte européenne des langues régionales que l’Assemblée nationale vient de lancer, conformément à une promesse de campagne du Président de la République. Je vous demande, Madame/Monsieur le Député, de ne pas soutenir la ratification de ce texte qui aurait des conséquences que je crois désastreuses à long terme pour la République. L’unité de la France est un héritage précieux que des générations d’hommes d’Etat, rois, ministres, empereurs, républicains de tout bord, ont patiemment entretenu avant de nous le léguer.

 

            Je voudrais d’abord vous rappeler l’origine de cette Charte : elle a été inspirée par l’UFCE (Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes), organisation qui s’est donnée pour mission de défendre les « minorités » linguistiques partout en Europe. Ce terme même de « minorité » est en contradiction avec le droit français, puisque la République « une et indivisible » ne reconnaît pas de communautés, quelles qu’elles soient. Or la Charte va introduire pour la première fois depuis la Révolution une distinction entre les citoyens français : il y aura désormais les locuteurs des langues régionales dites « minoritaires »… et les autres. Il y a là je crois une grave atteinte au principe républicain d’égalité. Non seulement la Charte risque de fragmenter un peu plus notre pays, mais elle pourrait également susciter des jalousies. En effet, la Charte ne concerne normalement que les langues minoritaires autochtones et exclut les langues des migrants. Pourtant, les Français d’origine maghrébine sont plus nombreux que les Alsaciens « de souche ». Pourquoi ne seraient-ils pas fondés à réclamer les mêmes avantages ? Non content d’introduire une inquiétante distinction entre « minorités » linguistiques et majorité, la Charte opère une distinction entre les minorités linguistiques. Il y a celles qui méritent d’être protégées, à savoir les minorités « de souche » et les autres… qui risquent fort de nourrir un certain ressentiment. On voit bien à quel jeu dangereux la Charte ouvre la voie. Est-il raisonnables d’exacerber ainsi les tensions, de pousser chaque communauté à cultiver son particularisme ? Ne faudrait-il pas plutôt privilégier l’enseignement du français, la langue commune, la langue de la République ?

           

            On peut entendre et lire que la Charte ne menace en aucun cas l’unité de la nation française. Et pour appuyer cet argument, ceux qui le défendent citent à l’envie l’article 8 sur l’enseignement qui précise que l’étude des langues régionales se fera « sans préjudice de la langue officielle de l’Etat », ou encore l’article 9, relatif à la justice, qui spécifie que le recours à une langue régionale dans le domaine judiciaire s’opère « à la condition que l’utilisation […] ne soit pas considérée par le juge comme faisant obstacle à la bonne administration de la justice ». Si certains sont rassurés en lisant cela, ce n’est certainement pas mon cas. D’abord, comment définir précisément ce qu’est une « bonne administration de la justice » ? Si les deux parties parlent corse, et sont d’accord pour que le jugement soit rendu en corse, pourquoi la justice refuserait-elle ? Parce que le juge ne maîtrise pas le corse lui-même ? On verra alors fleurir des pétitions exigeant que les fonctionnaires d’Etat en poste dans telle région aient obligation de connaître la langue locale. Certes, l’article 2 stipule qu’un pays ratifiant la Charte s’engage seulement « à appliquer un minimum de trente-cinq paragraphes ou alinéas choisis parmi les dispositions de la partie III », c’est-à-dire les articles 8 à 14. Certains en concluent un peu rapidement que la Charte laisse une large marge de manœuvre au pays signataire. Sauf que les articles obéissent à une certaine cohérence, et que par conséquent l’application d’une mesure appelle logiquement l’application d’une autre, et ainsi de suite, selon la méthode des petits pas. On fait d’abord grossir le nombre de locuteurs en encourageant l’enseignement, puis une fois le nombre de locuteurs suffisamment important, on fait pression pour obtenir de nouvelles concessions pour l’usage de la langue minoritaire, dans le domaine de la justice ou de l’administration par exemple. Il faut, je crois, considérer la Charte pour ce qu’elle est : un tout. Ses effets ne se feront sans doute sentir que très progressivement, et de manière presque imperceptible au début, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive un beau jour qu’on a renforcé les divisions entre communautés linguistiques au nom de la « richesse culturelle ». D’ailleurs, une question mérite d’être posée : à quoi bon promouvoir une langue régionale ou minoritaire, avec de l’argent public, si on n’accorde pas à ladite langue un statut qui justifie qu’on dépense argent et énergie pour l’enseigner ?

 

            Le passage le plus important de la Charte se trouve très certainement dans le Préambule, lequel stipule en effet que l’Etat contractant considère que « le droit de pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée et publique constitue un droit imprescriptible ». Tout est dit. Si pratiquer une langue régionale dans « la vie publique » est un « droit imprescriptible », alors il faut en conclure que, sans le dire, la Charte encourage de facto la co-officialisation des langues régionales et nationale. Par ailleurs, ce court passage du Préambule ne fonde-t-il pas juridiquement un citoyen à se tourner vers les tribunaux si, à un moment donné, on lui refuse l’usage de sa langue régionale ou minoritaire « dans la vie publique » ? Je pense donc que ceux qui nous bercent de propos rassurants n’ont pas lu la Charte, font preuve d’une certaine naïveté ou manquent d’honnêteté intellectuelle.

 

            Je voudrais également attirer votre attention, Madame/Monsieur le Député, sur les plus ardents défenseurs de la Charte. Comme par hasard, on trouve là les militants régionalistes les plus endurcis, fervents partisans du repli et de l’exclusion, ceux qui nous expliquent sans rire que la France a « colonisé » le Midi ou la Bretagne, exploité honteusement ses habitants et commit un (voire plusieurs !) « génocide culturel » (si, si, l’expression est utilisée). Pourquoi faire un cadeau à ces gens-là, qui n’ont somme toute rien de bien républicains ? Je fais remarquer que parmi ces militants régionalistes, autonomistes ou indépendantistes, on trouve bon nombre de « bonnets rouges ». Les propos que certains d’entre eux tiennent sur la France me paraissent assez inquiétants. Et demain, grâce au Président et au Parlement français, ces gens pourraient apprendre le breton et exiger les textes officiels et les jugements en breton, tout cela aux frais de la République, celle-là même qu’ils fustigent et accusent de tous les maux ? La France est un pays libre : les défenseurs des langues régionales sont donc libres de créer des associations, des publications, des sites internet, des radios, etc, pour faire vivre leurs langues minoritaires, mais à leurs frais. C’est très bien ainsi. Il est plus difficilement admissible que l’argent public soit dépensé pour promouvoir les langues régionales, alors que tant de jeunes Français ont bien du mal à maîtriser la langue de la République, et qu’en cette période de crise, on réclame à tous des efforts. Cet argent pourrait sans doute être mieux dépensé ailleurs.

 

            Le dernier point que je voudrais aborder, Madame/Monsieur le Député, concerne la nature même des langues régionales telles qu’elles sont promues, aujourd’hui, par leurs défenseurs. Il s’agit souvent en réalité de reconstructions linguistiques, de tentatives de synthèse et de codification de différents dialectes, proches mais historiquement distincts. Des défenseurs de l’occitan tentent ainsi d’ « unifier » artificiellement les langues d’oc, alors que le gascon était distinct de l’auvergnat, pour donner un exemple. La Charte pourrait fort bien devenir un instrument, non pas pour défendre les langues régionales, mais pour promouvoir des langues artificiellement reconstruites dans un but politique, celui de raviver (ou de créer de toute pièce) des identités régionalistes, qu’il faut clairement distinguer de l’identité régionale, attachement légitime et sain au caractère spécifique de sa région natale. La France est grande et la République solide, lorsqu’elle respecte ce principe : consciente de sa diversité, mais sans reconnaître les particularismes, afin de préserver l’unité nationale.

 

            Comme vous le savez, Madame/Monsieur le Député, le Conseil constitutionnel s’est opposé à la ratification en 1999, en déclarant que « La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires comporte des clauses contraires à la Constitution ». Il a invoqué dans sa décision l’atteinte portée à « l’unicité du peuple français ». En dépit des restrictions et des « interprétations » conformes aux principes républicains qu’on nous promet, je pense sincèrement que la Charte ne peut, à terme, que porter atteinte à l’unité de la nation et à l’indivisibilité de la République. C’est pourquoi, Madame/Monsieur le Député, comptant sur les belles convictions républicaines que nous partageons, je vous demande de ne pas approuver la ratification de cette Charte.

 

            Je vous prie d’agréer, Madame/Monsieur le Député, l’expression de ma considération la plus distinguée.

 

[1] Pour rappel :

//blog-nationaliste.blog4ever.com/charte-europeenne-des-langues-regionales-vers-la-ratification

 

Et les articles critiquant le discours régionaliste :

 

//blog-nationaliste.blog4ever.com/l-occitanie-et-la-nation-occitane-n-existent-pas

 

//blog-nationaliste.blog4ever.com/europe-des-regions-les-dessous-d-un-projet-anti-francais

 

//blog-nationaliste.blog4ever.com/independance-de-la-catalogne-c-est-non

 

//blog-nationaliste.blog4ever.com/flandre-ecosse-fievre-separatiste-et-desunion-europeenne



01/02/2014
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